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Société

Mariage homosexuel : plus de 1500 élus taclent Hollande

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Samedi 13 Octobre 2012

Montfermeil, Orange, Béziers, Compiègne... Plus de 1 500 maires et élus de France s'opposent ouvertement au mariage homosexuel et à l'adoption d'enfants par les couples de même sexe. A défaut d'empêcher l'adoption du projet de loi, ils appellent à y inclure une clause de conscience pour s'affranchir de l'obligation de célébrer les unions gays et lesbiennes. Dans le cas contraire, beaucoup sont prêts à défier la volonté ferme du gouvernement socialiste.



Plus de 1 500 maires et élus de France s'opposent ouvertement au mariage homosexuel et à l'adoption par les couples de même sexe.
Plus de 1 500 maires et élus de France s'opposent ouvertement au mariage homosexuel et à l'adoption par les couples de même sexe.
Le débat autour du mariage homosexuel et l'homoparentalité, qui n'avait été que peu souligné pendant la campagne présidentielle alors que François Hollande avait clairement annoncé la proposition dans son programme, soulève désormais les passions.

A moins de trois semaines de la présentation du projet de loi en Conseil des ministres, plus de 1 500 maires et élus, essentiellement de droite, ont signé une pétition pour réclamer l'abandon de la loi et, à défaut, l'inscription d'un « droit de retrait » autorisant les élus à ne pas célébrer ces mariages. Ce nombre, recueilli en date du vendredi 12 octobre au soir, ne cesse d'augmenter jour après jour depuis le lancement de la pétition fin septembre par le député-maire d'Orange (Vaucluse), Jacques Bompard.

Une clause de conscience désirée

« Comme beaucoup de Français, je regrette que ce projet ne fasse pas l’objet d’un référendum alors même qu’il vise à bouleverser ce qui forme la base de toute société humaine : la famille », indique M. Bompard, un ancien du FN.

Ils envisagent ainsi, si le projet de loi est définitivement adopté, de ne pas célébrer les mariages entre personnes de même sexe, laissant pour beaucoup leurs adjoints qui le souhaitent le faire à leur place. « Si cette loi devait passer, nous demandons qu'il y ait une clause de conscience pour les élus, comme cela existe pour les médecins pour l'IVG. Cette loi touche à l'intime de la conscience de chacun », a déclaré le maire de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), Xavier Lemoine, membre du Parti Chrétien-démocrate de Christine Boutin.

Cette dernière a déclaré, début octobre, que « si on accepte le mariage homosexuel, on sera amené dans les années à venir à accepter la polygamie en France », sans toutefois lier mariage homosexuel, pédophilie et inceste. Ce que n'a pas pris soin de faire le maire UMP du 8e arrondissement de Paris, François Lebel.

« Comment s'opposer demain à la polygamie en France, principe qui n'est tabou que dans la civilisation occidentale ? Pourquoi l'âge légal des mariés serait-il maintenu ? Et pourquoi interdire plus avant les mariages consanguins, la pédophilie, l'inceste qui sont encore monnaie courante dans le monde ? », a-t-il écrit dans un édito pour son journal municipal.

Les convictions religieuses en compte

« Je ne célébrerai pas ces mariages car c’est totalement contraire à mes convictions les plus profondes », a fait savoir le sénateur-maire UMP de Compiègne (Oise), Philippe Marini, affirmant que « dans (ses) convictions figurent des arguments religieux ». « Il est hors de question que je célèbre un mariage homosexuel. Le mariage est l’union d’un homme et d’une femme, avec pour but de fonder une famille, de procréer. Point final », indique le sénateur-maire UMP de Béziers (Hérault), Raymond Couderc, qui défend les propos de M. Lebel. « Ils veulent singer le mariage entre un homme et une femme qui est le seul mariage qui vaille. »

De son côté, le Collectif des maires pour l'enfance a mis en place une consultation nationale auprès des maires afin de connaître s'ils sont « pour ou contre le mariage homosexuel, et s'ils sont demandeurs d'une clause de conscience qui leur permette de ne pas célébrer ces mariages ».

Des maires qui désobéissent en masse à une loi, ce serait une première. Face à cette fronde qui s'organise, le gouvernement reste ferme dans sa volonté de mener le projet jusqu'au bout. Selon un dernier sondage Ifop pour Le Figaro, 61 % des Français sont pour le mariage gay mais 52 % disent non à l'adoption par des couples de même sexe. Le bras de fer est lancé.






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