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Société

Le nécessaire dialogue avec les musulmans, boucs émissaires en Europe

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Mardi 5 Novembre 2013

La Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) a rendu son rapport annuel le 25 octobre. Alors que les sentiments anti-immigrés et anti-musulmans grandissent en Europe, le constat est loin d’être reluisant. Un renouveau du dialogue avec les minorités est nécessaire en Europe selon l'ECRI.



Il ne fait pas bon d’être musulman en Europe. En ces temps de crise, la communauté musulmane est une cible facile comme le constate une nouvelle fois la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) qui a rendu, vendredi 25 octobre, son rapport annuel sur l’année 2012.

L’ECRI y remarque que « les partis xénophobes font de plus en plus d’adeptes et ont des députés dans plusieurs pays européens, et constate une intensification manifeste des discours de haine motivés par le racisme sur l’internet ».

Le bilan général qui ressort de ce rapport est inquiétant pour la communauté musulmane au même titre que les immigrés et les Roms.

Les musulmans, une « menace » pour l’identité nationale

« L’instabilité financière majeure favorise la recherche de boucs émissaires et les idéologies extrémistes. Les discours nationalistes, les rancœurs et les préjugés se font jour ; des griefs sont exprimés contre les immigrés et les Roms en particulier », note le rapport de l’ECRI en introduction. « Les musulmans sont souvent présentés comme une menace pour l’identité nationale », est-il ajouté.

« L’ECRI est profondément préoccupée par l’extrémisme de droite, y compris par les mouvements anti-musulmans autoproclamés », écrit également l’ECRI. « La peur de l’islam continue d’être alimentée et manipulée ; la sonnette d’alarme a été tirée de peur par exemple que l’augmentation du nombre de musulmans entraîne une reconnaissance de la charia », dénonce la commission.

La sonnette d’alarme déjà tirée en 2010

Dans son dernier rapport sur la France publié en 2010, l’ECRI avait déjà dénoncé « avec inquiétude » les attaques perpétrées contre les musulmans, les mosquées et les tombes musulmanes dans l’Hexagone. L’instance européenne demandait alors aux autorités françaises de lutter contre le racisme visant la communauté musulmane et de « mener une campagne d’information et de sensibilisation auprès des agents des services publics et de la population majoritaire afin de prévenir tout cas de demande illégale et discriminatoire » faites aux musulmanes voilées.

En mars 2013, dans les conclusions de l’ECRI sur la mise en œuvre des recommandations qu’elle a émis à la France, il n’est pas fait mention des suites de celles de 2010. Mais trois ans après, au regard de l'explosion des actes islamophobes notamment dirigés contre les femmes voilées, il est évident que ces recommandations sont loin d’avoir été appliquées.

Appel au dialogue interreligieux

Pour favoriser le changement, l’ECRI recommande de nouveau aux Etats européens « de mener un dialogue régulier et constructif avec les représentants des communautés musulmanes et encourage le débat dans les médias sur la responsabilité qui est la leur d’éviter de perpétuer des préjugés ». « Le dialogue interreligieux, en particulier entre représentants de la religion majoritaire et groupes religieux plus petits, est aussi préconisé » par la commission.

« Les pays européens doivent assumer leur identité multiculturelle et reconnaître le rôle majeur que joue l’immigration dans l’économie », martèle l’organisation qui multiplie les recommandations pour contrer le racisme. Ses avis demeurant non contraignants, l’ECRI a encore du mal à se faire entendre.

Téléchargez le rapport de l'ECRI ci-dessous :

rapport_annuel_2012_ecri.pdf Rapport annuel 2012 ECRI.pdf  (606.34 Ko)







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