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Economie

La crise économique exacerbe les comportements racistes

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Samedi 24 Mars 2012

           

Le racisme et la xénophobie se sont fortement développés en Europe dans un contexte de crise économique et social, qui s’est traduit par une hausse généralisée du chômage affectant surtout les minorités ethniques discriminées. Pourtant, la lutte contre le racisme n’est pas une priorité des pouvoirs publics, qui prétextent la crise pour réduire leur soutien financier aux programmes de lutte contre les discriminations. Telles sont les conclusions tirées par le réseau européen contre le racisme (ENAR) dans son rapport annuel paru le 21 mars.



La crise économique exacerbe les comportements racistes
A quand l’égalité de traitement entre les citoyens ? Le racisme est un fléau de notre temps et la crise économique exacerbe ce phénomène en Europe. A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale*, mercredi 21 mars, le Réseau européen contre le racisme (ENAR) a publié son rapport annuel [à télécharger plus bas] sur le racisme en Europe.

S’appuyant sur 27 rapports alternatifs nationaux, l’organisation, qui regroupe plus de 700 ONG dans les 27 pays de l’Union européenne (UE), explique la montée des discriminations et des comportements racistes à l’égard des migrants et des minorités ethniques par la crise économique qui sévit sur le Vieux Continent. Responsable de la hausse du chômage et de la précarité, la crise « suscite la peur parmi le grand public, incitant ainsi aux comportements racistes, alors que, simultanément, elle entraîne des coupes budgétaires dans les activités de lutte contre le racisme dans de nombreux pays », fait savoir l’ENAR.

Dans son rapport, une place toute particulière est accordée à l’impact du racisme et de la discrimination sur la vie des personnes d’ascendance africaine, un groupe « bien trop souvent "oublié" » et « dont les droits humains doivent être davantage promus et protégés ».

Les musulman-e-s et les gens du voyage, vulnérables en Europe

L’ENAR met en lumière les préjudices subis dans le domaine de l’emploi, de l’éducation, du logement, de la santé et dans l’offre des biens et la prestation des services, en matière de justice pénale, ainsi que dans les médias. Si l’éducation joue un rôle primordial en matière d’intégration et d’inclusion sociale, de nombreux rapports nationaux notent « une ségrégation de facto dans le système éducatif où les minorités ethniques sont davantage représentées au sein d’établissements scolaires ayant un niveau d’enseignement inférieur ».

Les musulmans font partie des communautés les plus vulnérables au racisme et à la discrimination en Europe. L’islamophobie est en nette augmentation dans de nombreux pays européens, « alimentée par le discours populiste de certains politiciens et par les médias ». « Les comportements criminels en lien avec le terrorisme et l’extrémisme sont souvent associés aux musulmans », affirme-t-on, avant de mettre l’accent sur la vulnérabilité spécifique vécue par les musulmanes qui portent le hijab.

En guise d’illustration, la coordination française de l'ENAR souligne dans son rapport national [à télécharger plus bas] - lancée en plein dans l'affaire Mohamed Merah - l’interdiction du port du voile intégral (niqab), effective également en Belgique, mais aussi la montée des atteintes aux droits dont sont victimes les femmes portant le simple foulard, à l’image du fait divers survenu à Lyon, lorsqu’une élue de la ville a contraint une mariée à retirer son voile lors de son mariage. « Le voile revêt désormais une symbolique forte au sein de la société française et incarne les crispations contemporaines à l’égard de l’immigration et de l’intégration », explique-t-on.

L’ENAR identifie également les gens du voyage et les Roms comme des communautés très vulnérables, « perçues comme étant les plus exclues de la société », ayant, en 2010 et en 2011, souffert « d’un climat politique particulièrement stigmatisant ». « Non seulement les minorités ethniques sont confrontées à la discrimination, mais on leur reproche aussi souvent de "ne pas en faire assez". On estime que ce sont elles qui sont responsables de l’absence d’intégration, même dans un contexte où la violence et les menaces à leur encontre sont généralisées », selon l’ENAR.

La crise économique exacerbe les comportements racistes

De gros efforts attendus des autorités

« La société française apparaît comme de plus en plus fragmentée, avec une inquiétante dérive d’ethnicisation de l’action publique », relève le rapport. Outre la remise en cause de la volonté d’assimilation de ces populations, celles-ci demeurent également fortement associées à l’insécurité. Le lien entre immigration et insécurité est régulièrement fait, notamment en France par Claude Guéant en France, qui avait annoncé son intention, en décembre 2011, de s'attaquer à « la délinquance étrangère ».

Le succès des partis et des mouvements d’extrême droite comme le PVV aux Pays-Bas, le Front national en France ou de l’English Defense League (EDL) en Grande-Bretagne, accentuent ce phénomène de rejet. Souvent anti-Roms et anti-islam, ils se lancent dans des initiatives controversées comme la création d’un site de délation aux Pays-Bas. « Sous couvert de défense de la laïcité, des mouvements organisent une lutte contre l’islam en France » tels les apéros « saucisson pinard » et les « Assises internationales sur l’islamisation de nos pays » fin 2010 en France, précise le rapport français.

Veiller au respect effectif des lois

Les pays européens disposent pourtant d’un arsenal législatif et juridique très développé, mais ils se révèlent insuffisants pour combattre les discriminations, en raison notamment d’un défaut de volonté politique réelle. Peu de procès sont engagés « car les dispositions juridiques ne sont pas appliquées dans les faits ». « Les politiques doivent faire passer le message qu’un accès égal à l’emploi, au logement et à l’éducation est essentiel à la construction d’une société prospère et cohésive, et d’autant plus dans un contexte de crise économique », a rappelé Chibo Onyeji, président d’ENAR, dans un communiqué.

« Le changement, c’est maintenant ! », peut scander l’ENAR. Toutefois, les changements dépendent des efforts consentis collectivement et individuellement par l’ensemble de la société. « Tout un chacun, que ce soit l’Union européenne ou les particuliers, a un rôle a jouer en vue de réaliser l’objectif d’une Europe où le racisme et la discrimination raciale recevront effectivement le "carton rouge" », conclut l’ENAR.


Note
* La Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale a été promulguée en 1960 par les Nations unies à la suite du terrible drame de Sharpeville, en Afrique du Sud, lorsque la police avait tué 69 personnes qui manifestaient contre l'apartheid.





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