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Religions

La mosquée d’Epinay-sur-Seine, encore fermée, sous tente

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Mardi 26 Février 2013



Les fidèles d'Epinay-sur-Seine prient dans la tente et à l'extérieur dans le froid lors de la prière du vendredi 22 février.
Les fidèles d'Epinay-sur-Seine prient dans la tente et à l'extérieur dans le froid lors de la prière du vendredi 22 février.
La mosquée d’Epinay-sur-Seine a de nouveau fermé ses portes. Ce n’est pas une surprise car sans électricité depuis novembre 2012, les conditions de sécurités n’étant plus assurées dans le lieu de culte.

La mosquée n'est plus accessible au public depuis mercredi 3 février suite à l’avis défavorable de la commission de sécurité de la préfecture de Bobigny rendu le 21 janvier 2013.

Pour l’Union des associations musulmanes d’Epinay-sur-Seine (UAME), la faute revient au maire. « Après avoir voulu imposer sans succès un imam de la Mosquée de Paris rejeté par la majorité des fidèles et pousser à la création de l’OGME (Organisme de Gestion de la Mosquée d’Épinay) qu’il a confié à un ami personnel, le maire a ensuite ordonné à EDF dans une lettre en date du 12 décembre 2012 de ne pas rétablir le courant électrique dans la mosquée. Non content de son action, il a également fait couper l’alimentation en eau des salles d’ablutions », peut-on lire dans leur communiqué.

Depuis deux ans, l’UAME n’a de cesse de dénoncer l’ingérence du maire Hervé Chevreau (divers droite), qui a conclu en 2010 une convention accordant à l’OGME, organisme lié à la Grande Mosquée de Paris (GMP), la gestion de la mosquée d’Epinay.

Cette troisième fermeture de la seule mosquée de la ville est loin d’apaiser les tensions qui règnent depuis la signature de cette convention. « Les nombreux Spinassiens qui soutiennent l’UAME continueront, à l’avenir, à résister dans la dignité pour défendre leur droit à une application non discriminatoire de la liberté de culte et du principe de laïcité », poursuit l'association.

« Nous lui (le maire, ndlr) disons haut et fort qu’il ne doit plus nous prendre pour ses CHÈVRES ! », conclut l’association dans son communiqué. « Le sentiment que nous avons, c’est qu’il nous méprise », nous explique Nabil Abdellaoui, président de l’UAME.

Si « le maire met en demeure, dans un arrêté du 7 février 2013, Messieurs Dalil Boubakeur (recteur de la GMP, ndlr) et Hamid Boushaki (président de l’association Intégration Musulmane Spinacienne, IMS, en charge de la partie culturelle du lieu de culte, ndlr) d'exécuter les travaux de mise en conformité dans un délai de 15 jours », c’est qu’il « joue un double jeu » juge M. Abdellaoui.

Aujourd’hui, son association, qui collecte les dons des fidèles, se dit toujours prête à prendre à « sa charge le nouveau contrat d’électricité qu’il faudrait souscrire suite à l’insolvabilité des gestionnaires choisis par le Maire d’Épinay-sur-Seine ». « La justice a débouté l’OGME et la Mosquée de Paris qui demandaient l’interdiction pour l’UAME de collecter les dons des fidèles au sein de la Mosquée », nous précise-t-on.

Une mosquée sous tente

Du côté de l’OGME, on ne l’entend pas de cette oreille. « Nous avons le droit de gérer la mosquée et la convention de 2010 prévoit que les charges de la mosquée soient payées par les collectes de dons », explique Aissa Nakes, le trésorier de l’OGME. Depuis la coupure EDF pour des factures d’électricité impayées s’élevant à 60 000 €, sa position n’a pas changé : l’UAME doit reverser les dons collectés à l’OGME, seul gestionnaire légitime du lieu de culte selon lui.

« Nous travaillons sur l’ouverture la plus rapide possible de la mosquée », nous dit-il, par ailleurs, sans plus de précisions.

En attendant, les fidèles d’Epinay-sur-Seine sont invités à prier dans une tente installée par l’UAME en plein coeur d'un quartier de la ville. La tente, « nouvelle mosquée » , de 200m² peut accueillir de 150 à 200 personnes, « soit un tiers du lieu de culte » fermé, indique Nabil Abdellaoui. « La préfecture nous a donné une autorisation temporaire jusqu’au lundi 25 mars. Nous allons transmettre un courrier au Préfet. On veut faire les choses dans les règles », précisait-t-il vendredi 22 février avant la grande prière.

« Les associations ont lutté pour sortir l’islam des caves, aujourd’hui, on retourne à l’islam sous les tentes », déplore M. Nakes de l’OGME. « Il y a une masse silencieuse qui n’est pas d’accord avec l’UAME. Ils ont juste le souci de venir faire la prière dans un lien serein », ajoute-t-il.

Malheureusement, la sérénité n’est pas encore d’actualité autour de la mosquée de la ville.






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