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Religions

L'homophobie dénoncée par quatre hommes de religion

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Vendredi 26 Mars 2010

L’homosexualité et la transsexualité dans les religions sont bel et bien des questions sensibles et font l’objet de beaucoup de controverses. Pour celles et ceux qui sont gays et lesbiennes, c’est un vrai parcours du combattant que de s’intégrer pleinement dans la société ou encore dans la communauté religieuse de leur choix. La recrudescence des violences homophobes en est le résultat. Loin d'approuver les pratiques homosexuelles, plusieurs hommes de religion, dont Tareq Oubrou, imam de Bordeaux, ont tout de même signé le 17 mars, un appel contre l’homophobie et la transphobie au nom des règles universelles des droits de l’homme.



Tareq Oubrou (1), Rivon Krygier (2), Jean-Claude Guillebaud (3) et Olivier Abel (4)... qu'ils soient musulman, juif, catholique ou protestant, ils disent non à l'homophobie.
Tareq Oubrou (1), Rivon Krygier (2), Jean-Claude Guillebaud (3) et Olivier Abel (4)... qu'ils soient musulman, juif, catholique ou protestant, ils disent non à l'homophobie.

Être juif, chrétien ou musulman et homosexuel, est – pour le moins que l’on puisse dire – difficile. Les trois religions monothéistes proscrivent formellement l’homosexualité aussi bien que la transsexualité. L’immense majorité des religieux, y compris bouddhistes et hindouistes, condamnent sans appel ces pratiques.

Ce n’est pas la création de l’association Homosexuels musulmans de France (HM2F), créée voilà deux mois, qui changera les dogmes et les principes religieux. Celle-ci, qui réunit près de 40 membres à ce jour, veut permettre aux gays et aux lesbiennes de confession musulmane de concilier leur homosexualité et leur foi, à l’image de David & Jonathan, un mouvement homosexuel chrétien crée en 1972, et Beit Haverim, groupe juif des homosexuels de France fondé en 1977.

« On ne choisit pas d'être homo, en revanche on choisit d'avoir des croyances religieuses. On n'en est pas moins des êtres humains », a déclaré à ce titre Ludovic Zahed, le fondateur de HM2F au magazine spécialisé des gays et lesbiennes Têtu.

Il ne revient qu’à Dieu de juger. Cet adage si cher aux musulmans est bien connu. Cependant, ne pas accepter l’homosexualité ne signifie nullement nier son existence et surtout approuver, voire autoriser l’homophobie religieuse. Le respect de la dignité de l’Homme, quels que soient sa religion, ses origines, son sexe et son orientation sexuelle, est commun à toutes les religions, y compris l’islam.

Un appel des religieux contre l’homophobie

C’est en sens qu’un appel contre l’homophobie et la transphobie, signé par quatre intellectuels de diverses confessions, a été lancé le 17 mars. L’ont signé le philosophe protestant Olivier Abel, l’essayiste chrétien Jean-Claude Guillebaud, le théologien musulman Tareq Oubrou et le rabbin Rivon Krygier, qui se disent « inquiets des discriminations, des violences et des humiliations dont les homosexuels et transsexuels continuent à être l'objet ».

À deux mois de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie, qui se tiendra le 17 mai prochain et dont le thème portera cette année sur les religions, cet appel a pour objectif de condamner l’homophobie comme expression d’une violence à l’encontre d’une minorité sexuelle. « Nous avons le sentiment que dans chaque famille religieuse se trouvent le meilleur et le pire, c'est-à-dire des expressions qui appellent au refus de ces violences et de ces humiliations, et d'autres au contraire qui y incitent », précise l’appel.

L’homosexualité existe mais est réprouvé

Ce dernier ne vise aucunement à « lutter pour un droit » bien que « l'homosexualité et la transsexualité sont des faits qui, sous des figures et des noms divers, ont toujours existé et existeront toujours ».

Les intellectuels ne demandent pas non plus « pour les homosexuels et transsexuels le droit de se marier ou d'avoir des enfants » comme c’est le cas en Belgique, en Espagne, aux Pays-Bas, en Suède, dans certains États des États-Unis et du Canada.

Toutefois, « nous croyons que nos Églises et nos confessions religieuses ont une parole publique commune à tenir » sur l’homophobie, peut-on lire. « C'est au plus haut niveau interreligieux que nous devons prendre la parole, rappeler les règles universelles des droits de l'homme, et ne pas laisser croire que nos Églises et confessions religieuses sont complices de ce nouveau discours violent qui se répand ».

Rappeler ce principe est fort. Reste à savoir maintenant comment cet appel sera pris auprès des croyants, pour qui la sexualité reste encore un des sujets tabous.


Lire l’intégralité de l’appel contre l'homophobie et la transphobie, par Olivier Abel, Jean-Claude Guillebaud, Tareq Oubrou et Rivon Krygier







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