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Economie

L’Europe perdante sans les talents des minorités ethniques

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mercredi 10 Avril 2013



L’Europe perdante sans les talents des minorités ethniques
« Talents cachés, talents gâchés ? Négliger la contribution positive des migrants et des minorités ethniques a un coût. » Le réseau européen contre le racisme (ENAR), dans son dernier rapport publié mardi 9 avril, déplore l’attitude de la classe politique à l’égard des migrants, dont les apports à la vie économique, sociale, politique et culturelle en Europe sont sous-valorisés.

« En ne reconnaissant et ne valorisant pas cette contribution – ou pire, en dressant des obstacles à la participation des migrants à la société – nombre de ces talents finissent par être gâchés. Avec pour résultat un impact néfaste sur la résistance de l’Europe à la crise économique, sur sa créativité, et sur le bien-être des résidents européens », a déclaré l’ENAR dans un communiqué, assurant que l’Europe est « perdante » dans ce choix.

Des chiffres brandies contre les préjugés

Le rapport évoque ainsi une étude parue en 2010 selon laquelle les migrants génèrent 12,4 milliards d’euros chaque année pour l’Etat français. Ils sont « des contributeurs directs aux programmes de protection sociale des États membres » par le paiement des impôts « en tant que travailleurs et consommateurs », contrairement aux idées préconçues.

« Les migrants jouent également un rôle crucial dans le secteur des soins/de garde (…) et dans le maintien des systèmes de santé dans l’ensemble de l’Europe », indique l’ENAR, citant le cas du Royaume-Uni où 19 % des professionnels des soins et 35 % des infirmiers offrant des soins de longue durée sont des travailleurs issus de l'immigration.

« Les migrants comblent les lacunes essentielles du marché du travail » en prenant des postes « que les natifs refusent souvent » : en France, 42 % des personnes travaillant pour des entreprises de nettoyage sont des immigrés et plus de 60 % des ateliers de réparation automobile à Paris sont gérés par des mécaniciens ou des entrepreneurs issus de l'immigration, lit-on. « Les politiques restrictives en matière d'immigration, d'éducation et d'emploi ont un coût économique direct et social (...). Ils nuisent considérablement aux perspectives d’une sortie rapide de la crise économique actuelle. »

Un rôle crucial pour l'avenir du continent

« Face à une population vieillissante et des taux de natalité en baisse, nous avons besoin des migrants pour nous assurer du bien-être futur des Européens. En outre, même en pleine crise économique, un employeur sur quatre en Europe a du mal à remplir des postes à cause d’un manque d’individus qualifiés », poursuit l'ENAR.

Avec le développement de la crise économique, ces derniers sont victimes d’une xénophobie qui se répand en Europe. A travers ce rapport, l'organisation, basée à Bruxelles, émet son intention de « changer les discours souvent négatifs autour de la migration ».

De nombreuses contributions de migrants et les pertes engendrées en les négligeant ne peuvent être chiffrés mais « contribuent à notre bien-être » sur le continent telles les apports sur les plans culinaire, linguistique et sportive, souligne l'ENAR. « Créer plus d’opportunités pour les migrants bénéficierait à tous et contribuerait à remettre les économies européennes sur pied. Les leaders européens doivent prendre des mesures ambitieuses pour éradiquer les barrières structurelles et les politiques sans logique économique ou qui ne garantissent pas la protection des droits de l’homme, et qui limitent la possibilité pour les migrants de participer pleinement dans la société », recommande le réseau.

Cette nouvelle recommandation qui leur est adressée se couple à la nécessité des dirigeants de promouvoir une politique de lutte contre les discriminations et pour l'égalité des chances pour construire et renforcer la cohésion sociale et le vivre ensemble.






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