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Politique

Intox : Macron ne souhaite pas rétablir la charia à Mayotte

Rédigé par | Samedi 1 Avril 2017 à 11:30

           


© Imaz Press Réunion
© Imaz Press Réunion
Emmanuel Macron veut rétablir la charia à Mayotte et, avec elle, la « polygamie, répudiation des femmes, délit de blasphème » selon la formule consacrée de sites d'extrême droite français comme Résistance républicaine. Une mesure qu’il envisage en rétablissant le pouvoir aux juges musulmans, appelés cadis dans la région. Non, évidemment que l'information, relayée massivement via les réseaux sociaux, est fausse. Le leader du mouvement En Marche !, candidat à la présidentielle, n'a jamais eu un tel projet.

L’intox est née des propos de Mohamadi Bacar Mcolo qui s'est présenté, lors d'une interview en mars sur Mayotte 1ère Hebdo, comme le « directeur de campagne » du comité local du mouvement d’Emmanuel Macron (Halo na Macron). Il a alors déclaré qu'Emmanuel Macron était favorable au rétablissement des pouvoir des cadis en tant que « pilier de la cohésion sociale à Mayotte ». Il n'évoque cependant à aucun moment le rétablissement d'une quelconque charia.

« Il n’y a jamais eu de la part d’Emmanuel Macron, ni des membres de sa campagne, une volonté d’accréditer des prises de positions allant dans le sens de ce que laisse entendre la fachosphère », a indiqué l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron, contactée par LCI.

Un rôle de médiateur social reconnu aux cadis

« Il y a des réalités locales dans certains territoires que nous ne pouvons pas nier, les cadis de Mayotte en font partie. Néanmoins, l’engagement d’Emmanuel Macron, c’est que les lois de la République s’appliquent à toutes et tous, que les infractions aux lois de la République soient sanctionnées, et que la laïcité s’impose à tous », explique-t-on dans l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron, qui s'est rendu le 26 mars dans ce département d'outre-mer.

« Nous ne voulons pas donner un pouvoir aux religieux mais plutôt les associer à notre projet de société, solliciter leur soutien afin d'assurer la cohésion sociale de la population mahoraise. Il s'agit d'un rôle de médiateur social, de conseil et d'accompagnement de l'action publique. Cela n'a rien à voir avec la charia ou la répudiation », a appuyé Hakim Nourdine, porte-parole d’En marche ! à Mayotte. Le rôle de médiateur des cadis est en effet reconnu par le conseil départemental de Mayotte, 19 juges de paix musulmans ayant intégré le service de médiation sociale en 2016.



Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur


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