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Points de vue

Il est urgent de diffuser une culture positive de l’inclusion économique

Rédigé par Saïd Hammouche et collectif de signataires | Mercredi 19 Avril 2017

À l'approche du premier tour de l'élection présidentielle, Saïd Hammouche, fondateur de Mozaïk RH, cabinet de recrutement et de conseil spécialisé dans la promotion de l’égalité des chances et de la diversité, s'adresse aux 11 candidats à travers une lettre ouverte dans laquelle il martèle la nécessité et l'urgence de diffuser une culture positive de l’inclusion économique des quartiers défavorisés.



Il est urgent de diffuser une culture positive de l’inclusion économique
Mesdames, Messieurs les candidats à l’élection présidentielle, l’emploi des jeunes talents des territoires moins favorisés est-il réellement un enjeu pour votre quinquennat ?

La France regorge de talents. Se priver d'une partie d'entre eux, sous prétexte qu'ils sont issus de territoires défavorisés, prive le pays d'un réservoir humain, d'un potentiel économique et donc d'un accélérateur de croissance.

Savez-vous qu’à diplôme égal, les jeunes diplômés des territoires moins privilégiés ont 2,7 fois moins de chance d'accéder à un entretien d’embauche ?
Savez-vous qu’en 2016, 1 827 300 projets de recrutement ont été déclarés en France ? Combien d’entre eux n’ont pas abouti ? Chaque année, 320 000 emplois restent non pourvus,en particulier dans les petites entreprises (source MEDEF).

France Stratégie évalue à 150 milliards d'euros la perte sèche, pour l'économie française,des discriminations à l’embauche : sur-chômage, formations sans débouchés, gâchis de qualifications et de potentiels individuels… C’est là, sans aucun doute, que se situe une source de dynamisme économique et de compétitivité dont a impérativement besoin notre économie.

Il est urgent de diffuser une culture positive de l’inclusion économique
Votre ambition est de présider aux destinées de la France. D’en redresser l’économie, de favoriser le retour à l’emploi et la cohésion sociale. Nous vous invitons à considérer les bénéfices que notre pays pourrait tirer d’une politique sérieuse de l’inclusion économique des jeunes issus des territoires moins privilégiés.

Certes, de plus en plus d’entreprises s'engagent en faveur de la diversité. Elles ont compris que diversifier les talents, c'est améliorer sa compétitivité, sa capacité d'innovation. Mais il reste encore beaucoup à faire pour connecter le monde économique à ces candidats, pour faire tomber les stéréotypes, pour convaincre les dirigeants et les recruteurs que la diversité est une richesse pour l’entreprise.

Certes, et à juste titre, la loi interdit les pratiques discriminatoires. Mais le clonage reste encore trop souvent le réflexe. L’enjeu est de contribuer à multiplier les canaux de sourcing des recruteurs.

Des Assises de l'inclusion économique pour un programme d'actions concrètes

Nous croyons fermement en l’action de l’Etat pour façonner et diffuser une culture positive de l’inclusion économique : par l’émulation, par la diffusion des bonnes pratiques, par la valorisation des stratégies RH inclusives et par l’exemple, en ouvrant largement à ces talents les portes des cabinets ministériels, de la haute fonction publique et des entreprises publiques.

C’est une véritable politique de l’inclusion économique qu’il faut mettre en œuvre, dès maintenant, sans attendre la fin du quinquennat. Et ce nouvel enjeu requiert une mobilisation de tous les acteurs économiques et politiques pour permettre l'inclusion de jeunes talents aujourd'hui marginalisés.

Seriez-vous prêts à organiser, avec les acteurs concernés, des Assises de l'inclusion économique pour faire avancer ce projet ? Et notamment définir des indicateurs fiables et arrêter un programme d’actions concrètes.

Comment prévoyez-vous de mettre en œuvre la délégation de service inscrite dans la loi Égalité et Citoyenneté ? Promulguée en janvier, cette loi prévoit d’accorder une délégation de service public aux acteurs d'intermédiation entre les entreprises et les candidats de la diversité. Il reste à la mettre en application : qui en sera responsable et quel sera le calendrier ?

Soyez-en certains, nous sommes prêts à mobiliser nos énergies pour répondre à toute initiative que vous prendrez en ce sens. Les idées ne manquent pas. Le retour sur investissement sera gigantesque !

Signataires

Saïd Hammouche, président de la Fondation Mozaïk, avec les membres du Comité d’orientation de la Fondation Mozaïk : Kyril Courboin, président de JP Morgan France ; Firoz Ladak, directeur général des Fondations Edmond de Rothschild ; Bernard Le Masson, président de la Fondation Accenture et directeur monde d’Accenture Consulting pour le secteur Santé et Service Public ; Fanny Picard, associée fondatrice d’Alter Equity ; Thomas Reynaud, directeur général Délégué d’Iliad.

Et aussi : François Auque, président du Comité d’Investissement Airbus Ventures ; Dominique D’Hinnin, administrateur d’Eutelsat ; Antoine Frérot, PDG de Véolia Environnement ; François Jegard, président du cabinet Jegard; Abdeslam Koulouh, fondateur et dirigeant d’AK Group ; Michel Landel, CEO de Sodexo ; Maurice Levy, PDG de Publicis Groupe ; David Levy, président de Jade-i ; Laurence Mehaignerie, présidente de Citizen Capital ; Gérard Mestrallet, président du Conseil d’administration du Groupe Engie, président de la Fondation Face ; Christian Nibourel, président d'Accenture France et Benelux ; Jean-Luc Petithuguenin, PDG de Paprec ; Ariane de Rothschild, CEO du Groupe Edmond de Rothschild ; Guillaume Sarkozy, dirigeant d'entreprise ; Louis Schweitzer, président d’Initiative France ; André Tordjman, président-fondateur de Little Extra ; Philippe Blondiaux, directeur financier ; Pierre Deheunynck, directeur général adjoint, en charge des RH, Groupe Engie ; Jean Marie Lambert, DRH de Véolia ; Alexandre Poncet, directeur de la communication Coca-Cola European Partners.






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