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Politique

Guéant, une fabrique à polémiques de l'UMP au service du FN

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Lundi 30 Avril 2012

Le virage à droite de Nicolas Sarkozy et de son parti a été entamé bien avant les présidentielles à travers les actions menées au ministère de l’Intérieur, dirigé un temps par Brice Hortefeux avant l’arrivée en février 2011 de Claude Guéant. Le moins que l’on puisse dire est que l’ancien secrétaire général de l’Elysée a réussi, en un an, à marquer le quinquennat sarkozyste, en suscitant les indignations des uns mais également un soutien franc et massif du côté de l'UMP et une satisfaction du FN. Retour sur ses frasques.



Guéant, une fabrique à polémiques de l'UMP au service du FN
L’heure du bilan a sonné pour Sarkozy. Claude Guéant, qui a été l’un de ses plus fidèles représentants, se fait plutôt discret ces derniers temps. Pourtant, la « lepénisation » de l'UMP, on la doit aussi au ministre de l’Intérieur.

Cet artisan de « l'extrême droitisation de la droite » selon les termes de Jean-Luc Mélenchon a déclenché polémiques sur polémiques tout au long de son mandat de ministre et a gravé son nom dans les annales de l'histoire politique du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Ses propos lui ont même valu le titre de colonialiste à vie lors du Salon anticolonial en février dernier. En voici une compilation des sorties guéantiennes les plus remarquées, au service des thèses d'extrême droite.

Les immigrés et les musulmans en première ligne

A peine arrivé au ministère, C. Guéant a déclaré en mars 2011 que « les Français à force d'immigration incontrôlée ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, ou bien ils ont le sentiment de voir des pratiques qui s'imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale. » Cette sortie lui a valu, dès le départ, la reconnaissance du Front national, qui lui a proposé de rejoindre le parti.

En avril 2011, quelques jours avant le débat sur la laïcité (ou plutôt sur l'islam), il déclare que c’est le nombre de musulmans qui pose problème à la France : « En 1905, il y a avait très peu de musulmans en France, aujourd'hui il y en a entre 5 et 10 millions. Cet accroissement du nombre de fidèles et un certain nombre de comportements posent problème », en faisant référence notamment aux prières de rue évoquées par le FN, omettant le fait que le problème numéro 1 de cette pratique - peu répandue - est l’insuffisance de lieux de culte dignes en France.

En mai 2011, son discours sur l’échec scolaire des enfants d'immigrés n’est pas passé inaperçu. « Contrairement à ce qu'on dit, l'intégration ne va pas si bien que ça : le quart des étrangers qui ne sont pas d'origine européenne sont au chômage, les deux tiers des échecs scolaires, c'est l'échec d'enfants d'immigrés », avait-il déclaré, en voulant commentant un rapport de l’INSEE. L’Institut avait ensuite contredit officiellement les chiffres du ministre : l’échec scolaire des enfants d’immigrés ne représente pas les deux tiers des échecs généraux mais seulement 16 %.

Les communautés ethniques dans le viseur

Après une trêve estivale, c’est la communauté comorienne de Marseille d’être prise pour cible en septembre 2011 : « Il y a à Marseille une immigration comorienne importante qui est la cause de beaucoup de violences. Je ne peux pas la quantifier ».

Le mea-culpa du ministre n’avait pas alors calmé les esprits d’autant que le lien entre immigration et délinquance a souvent été fait de sa part. En mars 2012, il en vient à déclarer, après la publication d’une étude commandée par ses soins dans laquelle sont mis en cause les étrangers, particulièrement Roumains, dans l’insécurité : « Chacun comprend que si on reçoit moins d'immigrés, les choses se passeront mieux. (…) Il y a 5,8 % d'étrangers en France alors que 13 % des condamnations concernent les étrangers: il y a du bon sens à remettre dans la gestion des affaires publiques ».

Plus que des mots, des actes. Les étudiants étrangers vont devoir payer très cher leur présence en France. Le gouvernement a décidé de rehausser la taxe sur leur renouvellement du titre de séjour de plus... de 600 %. Cette mesure adoptée en décembre 2011 s’ajoute à d’autres décrets, dont la très controversée circulaire du 31 mai 2011 du ministère de l’Intérieur, qui a considérablement durcit les conditions de changement du statut d'étudiant étranger.

L’islam, une obsession à peine voilée

Le ministre disait, le 3 janvier 2012, vouloir apaiser le débat sur l'islam en France et avait « demandé » que ce thème ne soit pas « un sujet d'empoignades » lors de la campagne électorale. « Si ce devait être le cas, cela ne viendra certainement pas de notre formation politique », avait-il déclaré. Mais les résolutions de début d’année ne sont jamais faites pour être tenues, dit-on... Un mois après, le 4 février, ses propos sur les civilisations selon lesquelles toutes « ne se valent pas » ont déclenché une nouvelle fois de vives émotions.

Pour garder un rythme quasi-mensuel des polémiques, celui qui déclarait que l’islam « n’est pas du tout une obsession » récidive publiquement en mars en affirmant que le droit de vote aux étrangers peut conduire à ce que ces derniers « rendent obligatoire la nourriture halal ». Des déclarations lancées après que le FN ait lancé la polémique du halal.

La proposition de Marine Le Pen de lui offrir une carte « d’adhérent de prestige » à son parti tient toujours aux dernières nouvelles. D’ici là, la pêche aux voix des électeurs du FN, perméables aux arguments de la majorité présidentielle ces derniers jours, continue avec ou sans Guéant jusqu'au 6 mai.



Hanan Ben Rhouma


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