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Finance éthique

Finance islamique : 2015, l’effervescence africaine

Rédigé par | Lundi 20 Avril 2015



Finance islamique : 2015, l’effervescence africaine
Le rapport Finance islamique : opportunités, défis et options stratégiques, rendu public le 6 avril dernier, a montré à quel point les instances internationales de l'économie néolibérale, le Fonds monétaire international (FMI) au premier chef, s'intéressaient de près à la finance islamique.

Bien que la présence de la finance islamique ne soit pas encore tout à fait significative en Afrique subsaharienne, plusieurs éléments annonciateurs de ce début d’année 2015 permettent d’envisager l'apparition prochaine d’instruments financiers qui pourraient soutenir les PME et les activités de micro-crédit sur le continent africain.

Le 17 mars dernier, l’agence Reuters rapportait que la Côte d’Ivoire et le Nigeria avaient lancé des négociations avec la Société islamique de développement du secteur privé (SID) qui est une filiale de la Banque islamique de développement (BID) dans le but de favoriser l’émission de sukuks (emprunts islamiques).

La Tunisie a, elle aussi, annoncé son intention d’émission d’un sukuk de 264 millions de dollars (245 millions d’euros) au troisième trimestre 2015. Quant à l’Égypte, elle souhaite en faire autant dans un futur assez proche.

La SID a également annoncé que le Niger souhaite, lui aussi, émettre des sukuks pour une valeur de 150 milliards de francs CFA (près de 230 millions d’euros). Le Niger se positionne à la suite du Sénégal et de l’Afrique du Sud qui ont initié l’émission de sukuks souverains en 2014.

Le Sénégal souhaite renouveler l’expérience, après avoir mobilisé via son sukuk souverain, en 2014, 100 milliards de CFA et après avoir été primé meilleur projet africain 2015 pour la finance islamique. Le président sénégalais Macky Sall a indiqué s’être rapproché de la Banque islamique de développement (BID), afin de réaliser un deuxième sukuk permettant de mobiliser les ressources nécessaires au financement du plan « Sénégal émergent », qui prévoit des projets stratégiques comme la ligne de train express régional entre Dakar et le nouvel aéroport de Diass.

Les banques islamiques du Golfe sur les starting-blocks

La finance islamique est très dynamique en Afrique, d’après M. Thursby, directeur général du groupe de la National Bank of Abu Dhabi, première banque mondiale en matière de gestion des émissions de sukuks, le marché international de sukuks va devenir une source de plus en plus courante pour le financement des économies islamiques et non islamiques. Il estime que l’industrie de la finance islamique devrait doubler au cours des cinq prochaines années.

Au Maroc, un dahir royal a été publié au Bulletin officiel, le 16 février dernier, en vue de compléter la loi sur les banques participatives. Le texte porte sur la création d’un sharia board central, commission composée de neuf jurisconsultes placés sous la tutelle directe du Conseil supérieur des oulémas, qui sera chargé de superviser et de contrôler la conformité des opérations des banques participatives aux règles de la finance islamique.

Les banques islamiques du Golfe se présentent aux portes du royaume chérifien dans le but d’obtenir un agrément afin d’y implanter leurs filiales. A ce jour ont déposé une demande d’agrément auprès de la Banque centrale marocaine (Bank Al Maghrib) : la Banque d’investissement koweïtienne, la Faisal Islamic Bank ; la Banque islamique internationale du Qatar ; ou encore la Kuwait Investment House Holding. Par ailleurs, des banques marocaines telles que la Banque centrale populaire (BCP), Attijariwafa ou encore la Banque marocaine de commerce extérieur (BMCE) avaient déjà annoncé la création de filiales islamiques.

Rappelons que le Soudan avait été le premier pays africain, en 2007, à procéder à une émission de sukuk pour un montant de 130 millions de dollars (121 millions d’euros). Depuis la finance islamique a fait des émules. Sur le plan international, les actifs financiers islamiques ont doublé en 5 ans, passant de 800 milliards de dollars en 2010 (744 milliards d’euros) à 1 800 milliards de dollars en 2013 (1 674 milliards d’euros). Cependant, moins de 5 % des actifs de la finance participative se trouvent en Afrique, alors que l’on compte 400 millions de musulmans africains sur les quelque 1,6 milliard de musulmans dénombrés dans le monde.

Avec l’arrivée de nouveaux acteurs, on peut espérer un appel d’air en termes de création d’emplois, de financement de l’économie et d’augmentation du taux de bancarisation de la population du continent africain.



Ezzedine Ghlamallah
Directeur de SAAFI, cabinet de conseil, spécialiste de la distribution et de la conception de... En savoir plus sur cet auteur


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