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Culture & Médias

Face aux pressions, le journal Zaman France met fin à ses activités

Rédigé par Saphirnews | Mercredi 31 Août 2016



La franchise française du journal turc Zaman cesse ses activités. La rédaction de l’hebdomadaire et du site internet consacrés à l’actualité turque annonce la fin de l’aventure dans un communiqué publié lundi 29 août. Le journal est victime de la purge opérée en Turquie par le régime de Recep Tayyip Erdogan après le coup d’Etat avorté du 15 juillet. Mis sous tutelle par l’Etat depuis mars dernier, le journal Zaman en Turquie a cessé de paraître dès le lendemain du putsch.

« Les accusations dangereuses, irresponsables et totalement infondées de terrorisme colportées par le gouvernement turc (…) ont malheureusement trouvé des relais en France qui s'emploient activement à agiter le chiffon rouge de la haine », dénonce la rédaction qui rappelle que « la position éditoriale de condamnation sans ambiguïté du coup d'Etat par Zaman France a toujours été extrêmement claire ». Zaman paye sa proximité avec l’imam Fethullah Gülen, opposant politique exilé aux Etats-Unis et accusé par le pouvoir turc d’avoir fomenté le putsch. La branche française a subi par ricochet les conséquences de la situation en Turquie.

La sécurité des journalistes turcs n'était plus assurée

Les journalistes de Zaman France disent avoir fait l’objet de plusieurs centaines de menaces de mort depuis le 15 juillet. Les adresses et coordonnées des salariés ont été partagés sur les réseaux sociaux. La chasse aux sorcières a touché les membres de la rédaction mais également le lectorat du journal. « En 2014, Erdogan lui-même avait mené campagne contre le journal, appelant la population à se désabonner de Zaman. Nous sommes passés de 14 000 abonnés à 5 000 », explique à Politis, Emre Demir, le rédacteur en chef et fondateur de la filiale française en 2008.

« Nous avons d'abord décidé de mettre fin à la version papier après le 15 juillet. Mais la situation s'est dégradée assez vite » jusqu’à prendre la décision de mettre fin à l’aventure, fait part Emre Demir à Saphirnews. « Le simple fait d’imprimer notre journal et de l’envoyer à nos abonnés constituerait pour eux un risque sécuritaire réel, sans même évoquer les représailles juridiques qu’ils subiraient par les services d’Etat turcs, qui pourraient les accuser d’association ou de complicité avec une organisation terroriste », témoigne la rédaction.

Outre Zaman, pas moins de 130 titres de presse accusés de complicité avec les putschistes ont été fermés par les autorités turques depuis fin juillet, réduisant drastiquement l'espace de pluralisme médiatique en Turquie.






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