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Société

Débat de la honte : Saphirnews et ses partenaires expriment leur colère

Rédigé par Pauline Compan | Lundi 4 Avril 2011

« Non au débat de la honte ! » C’est le cri du cœur lancé par les quatre organisations à l’origine d’un rassemblement citoyen contre le débat sur l’islam organisé par l’UMP le 5 avril prochain. Saphirnews, Respect Mag, les associations Les Indivisibles et les Hybrides de la République se sont associés pour dénoncer la tenue de ce débat. Une initiative qui fait suite à la pétition en ligne « Respect Mag » - « Nouvel Obs » : « Non au débat-procès de l’islam », qui réunit déjà plus de 7 000 signataires.



A gauche : Marc Cheb Sun De Respect  Mag,Anouar Hassoune des Hybrides de la République, Mohammed Colin de SaphirNews.com. Avec l'écharpe tricolore : Hamou Bouakkaz, à sa gauche Bariza Khiari
A gauche : Marc Cheb Sun De Respect Mag,Anouar Hassoune des Hybrides de la République, Mohammed Colin de SaphirNews.com. Avec l'écharpe tricolore : Hamou Bouakkaz, à sa gauche Bariza Khiari
Il est 14 h 30, place de la République, à Paris. Les flashs des journalistes sont armés et les caméras prêtes à shooter, le coup d’envoi du rassemblement contre le débat de l’UMP peut commencer. Armé d’un mégaphone, le président des Indivisibles Gilles Sokoudjou appelle toutes les personnes présentes à se rassembler derrière une longue banderole. Une fois dépliée, celle-ci affiche le ton de la manifestation : « Non au débat de la honte, rassemblement contre le "débat" sur la laïcité et l’islam ».


Une manifestation soutenue

« Ce débat est un procès contre l’islam et non un débat sur la laïcité dont il contredit même le principe. » C’est avec cette phrase que Marc Cheb Sun, directeur du magazine Respect Mag, a débuté son intervention. Debout, aux côtés de M. Cheb Sun, le directeur de la rédaction de Saphirnews.com et de Salamnews Mohammed Colin a dénoncé les attaques répétées sur la communauté musulmane depuis plus de vingt ans. Nedjma Boutélis, présidente des Hybrides de la République s’est, quant à elle, élevée contre le débat de la « hchouma » et a appelé les politiques à l‘ « action », pas seulement en présence de caméras, mais au quotidien, au sein de leur parti ou de leur juridiction.

Pour Gilles Sokoudjou, président des Indivisibles, ce débat « oppose islam et laïcité comme si les deux notions n’étaient pas compatibles ». Présent sur le terrain, cet acteur associatif tient à mettre en avant les difficultés que rencontrent les musulmans au quotidien : « Il ne se passe pas une semaine sans que l’on vous renvoie à votre religion. » Focaliser l’attention sur l’islam entraîne ainsi un effet pervers : à force d’en parler, les musulmans sont écœurés et ne veulent plus s’exprimer au risque de laisser le débat à des intentions malhonnêtes.

Si ce rassemblement était avant tout symbolique (il représentait la voix de plus de 7 000 personnes signataires de la pétition en ligne de Respect Mag et du Nouvel Obs), il a accueilli des soutiens de la part de politique. Hamou Bouakkaz, adjoint au maire de la ville de Paris en charge de la démocratie locale et la vie associative a rappelé son opposition à ce débat à l’heure où les grands pontes de son parti (Martine Aubry et Laurent Fabius retirent leurs signatures de l’appel « Non au débat-procès de l’islam » pour ne plus voir leurs noms apparaître aux côtés de celui de Tariq Ramadan. Une autre élue PS, la sénatrice Bariza Khiari, était également présente.

I'm muslim don't panik
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Des citoyens exaspérés

Si elle était peu nombreuse, la foule était en tout cas à l’image de la France d’aujourd’hui : plurielle. Des personnes de toutes origines, de tout âge et de toutes confessions étaient venues manifester leur ras-le-bol face à des hommes politiques ouvertement racistes. Le secrétaire général de l’association Banlieue Plus, Benouda Hakim, était dans les rangs. « L’islam est la religion de la paix et de la tolérance, mais elle souffre d’un manque de reconnaissance et se retrouve associée au terrorisme et à la burqa. »

Pour Jenifer et Mourad, jeune couple présent sur la manifestation, ce débat est évidement insupportable. Mais ils regrettent le manque d’unité de la communauté musulmane. « On a appris qu’il y avait une autre marche contre le débat qui partait de la Grande Mosquée de Paris. Ces divisions ne facilitent pas la crédibilité de la communauté », expliquent-ils.

Un doublon dans les manifestations de ce samedi que beaucoup de personnes ont relevé. « Je ne suis pas d’accord avec le constat de la division de la communauté », affirme, pour sa part, Gilles Sokoudjou, « nous sommes satisfaits qu’il y est DES rassemblements partout en France et à Paris, cela prouve que les premiers concernés s’emparent de ces questions ». La réunion, place de la République, était aussi une manière de représenter toutes les personnes qui s’indignent de la tenue d’un tel débat.






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