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Société

Contre l'état d'urgence, un rassemblement national organisé le 30 janvier

Rédigé par Samba Doucouré | Vendredi 29 Janvier 2016



Contre l'état d'urgence, un rassemblement national organisé le 30 janvier
Le Premier ministre Manuel Valls avait récemment déclaré au micro de la BBC que l’état d’urgence durerait « le temps nécessaire, (…) jusqu’à ce que nous nous soyons débarrassés de l’État islamique ». Autant dire pendant une durée pour le moins très indéterminée. La révision constitutionnelle, présentée le 27 janvier devant la Commission des lois puis débattue à l'Assemblée nationale le 5 février, va dans ce sens dans la mesure où son adoption devrait faciliter à l’avenir la mise en place de l’état d’urgence pour ses opposants qui refusent « l’état d’exception comme mode de gouvernement ».

À l’initiative des collectifs « Nous ne céderons pas » et « Stop à l’état d’urgence » qui rassemblent plusieurs dizaines d'organisations, des manifestations sont prévues samedi 30 janvier dans toute la France, quelques jours avant la présentation, lors du prochain Conseil des ministres mercredi 3 février, d'un projet de loi prolongeant de trois mois encore l’état d’urgence, qui devait prendre fin le 26 février. A Paris, le point de départ est prévu à la Place de la République dès 14h30.

Les associations qui se mobilisent dénoncent les dérives qui ont suivi la promulgation de l’état d’urgence après les attentats du 13 novembre 2015.

« Perquisitions à toute heure, assignations à résidence, interdictions de rassemblement et de manifestation font reculer les libertés en France. Loin de lutter contre le risque terroriste, ces mesures fragilisent la justice et la séparation des pouvoirs, et instaurent un climat de peur permanent », peut-on lire dans leur communiqué.

Les collectifs signataires redoutent également la mise à l’écart de la Justice au profit de l’instauration d’un État policier et dénonce l’« écartement du juge judiciaire, (le) renforcement des pouvoirs du préfet et de la police, (les) atteintes aux droits fondamentaux », ajoutant que l’état d’urgence « donne également à la police l'accès à plusieurs techniques intrusives du Renseignement, accélérant la dérive observée depuis plusieurs années vers une surveillance de plus en plus accrue des citoyens ».

Un appel pour préserver l'Etat de droit

Le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) a délivré sur son site internet tout un argumentaire contre l’état d’urgence et la déchéance de nationalité. Cette volonté de rendre permanentes des mesures d’exception soulève bien des questions. « Si le tout sécuritaire a échoué depuis maintenant trente ans face au terrorisme, pourquoi le graver dans le marbre de la Constitution ? L’idée entretenue serait que les juges font obstacle à la sécurité. Cette idée est complètement fausse », explique l'association.

Le site Sortir de l’état d’urgence, qui regroupe toutes les associations engagées, a mis en place pour l’occasion un dispositif qui permet d’appeler gratuitement les députés et les convaincre de voter contre la constitutionnalisation de l'état d'urgence.

Cependant, un récent sondage Yougov pour le Huffington Post et i-Télé, 69 % des Français sont favorables à la prolongation de l’état d’urgence, jugeant que la mise en place de cette mesure en France est « efficace pour lutter contre la menace terroriste » (58 %) ; 62 % sont pour l’inscription de l’état d’urgence dans la Constitution. Le combat s’annonce difficile face à un gouvernement qui assume son virage vers le tout-sécuritaire.






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