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Monde

Canada : le Muslim Canadian Congress veut l’interdiction de la burqa

Le gouvernement canadien ne veut pas imiter la France

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Vendredi 5 Février 2010

Le débat sur la burqa s’exporte hors des frontières. En France, les musulmans, bien que majoritairement réfractaires au port du voile intégral, s’opposent à une loi d’interdiction de ce vêtement, craignant une nouvelle stigmatisation de la communauté. Au Canada, en revanche, le contraire semble se produire.



Canada : le Muslim Canadian Congress veut l’interdiction de la burqa
Le Muslim Canadian Congress (MCC), la seule organisation musulmane à demander l’application de la laïcité au Canada, demande au gouvernement conservateur de Stephen Harper de suivre l'exemple de la France qui songe à interdire le port du niqab et de la burqa dans les services publics.

« Les islamistes qui plaident pour le port de la burqa dans l’espace public ont pour seul objectif d'exercer un contrôle sur la vie des femmes, réduisant leurs chances d’apporter une contribution significative à la société », estime Sohail Raza, président du MCC. Quant à Salma Siddiqui, vice-président de l’organisation, la burqa est volontiers décrite comme « un objet d'asservissement » des femmes.

Une liberté personnelle mise en cause

Cependant, le gouvernement ne souhaite point s’engouffrer dans le débat. Hors de question pour lui de modifier la loi pour interdire le port du voile intégral. Jason Kenney, le ministre fédéral de la Citoyenneté et de l'Immigration, estime que le port de la burqa relève de la liberté personnelle et qu'il ne revient pas au gouvernement de légiférer sur les vêtements que portent les Canadiens.

Même son de cloche pour le ministre de la Justice, qui s’est déclaré cette semaine « contre l'idée que l'Etat doive réglementer les vêtements des citoyens canadiens, qui sont des gens libres ».

La députée et porte-parole libérale en matière d'Ethique du gouvernement et de la réforme démocratique, Marlene Jennings, rappelle que la Charte canadienne des droits et libertés protège la liberté religieuse et que, dans le passé, la Cour suprême du Canada a fréquemment rendu des jugements interdisant la limitation d'une telle liberté, rapportent les médias canadiens. Un avis qui rejoint la position du Canadian Islamic Congress, la plus importante organisation musulmane indépendante du pays.

Une interdiction controversée en Égypte

Que nenni pour le MCC, qui rejette cet argument. Le voile intégral n’est pas une prescription religieuse, mais il est « une tradition culturelle qui n’a aucun lien avec la religion ni le Coran », selon un communiqué de l’organisation, faisant référence à la fatwa du cheikh Mohamed Tantawi, responsable de la mosquée Al-Azhar au Caire, qui a prohibé ce vêtement dans l’enceinte des écoles qui dépendent de lui en octobre dernier.

Peu après cette décision, le ministère égyptien de l’Enseignement supérieur a suivi l’avis du cheikh, en interdisant le port du niqab pendant les examens universitaires pour éviter d’éventuelles tricheries. La Haute Cour de justice du pays a cependant annulé l’interdiction du gouvernement et du cheikh fin janvier.

Sera-ce son dernier mot ? Pas sûr, car les multiples appels sont possibles dans ce type de dossier en Égypte. À ce jour, seules la Turquie et la Tunisie ont interdit le voile – intégral ou partiel – dans les écoles, les universités et les services publics.


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