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Société

Argenteuil : non au silence politique, nouvelle mobilisation contre l’islamophobie

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Dimanche 23 Juin 2013

Jusqu'à un millier de personnes se sont rassemblées, samedi 22 juin, à Argenteuil pour protester contre les multiples agressions envers des musulmanes qui se sont produites ces dernières semaines dans la commune du Val-d’Oise (95). Retour sur une mobilisation citoyenne en vue d’exiger l’égalité de traitement pour les musulmans, en colère contre le silence général de la classe politique sur l’islamophobie.



Un nouveau rassemblement contre l'islamophobie a été organisé, samedi 23 juin, à Argenteuil, en banlieue parisienne.
Un nouveau rassemblement contre l'islamophobie a été organisé, samedi 23 juin, à Argenteuil, en banlieue parisienne.
Depuis plusieurs jours, les communiqués de nombreuses associations ont plu en soutien aux dernières victimes de l’islamophobie, Rabia et Leïla, agressées respectivement le 20 mai et le 13 juin à Argenteuil, en banlieue parisienne. Une semaine après un rassemblement mouvementé dans cette ville, elles ont appelé ensemble à manifester à nouveau, samedi 22 juin, pour relayer une colère perceptible parmi les musulmans en France.

La mobilisation n’a cependant pas été aussi massive qu'attendue. Quelque 600 personnes (400 selon la police, un millier selon les organisateurs) ont répondu à l’appel à rassemblement, « pacifique mais ferme » pour dénoncer « le fascisme islamophobe », selon Kamel Razkhallah, porte-parole du Collectif des habitants d’Argenteuil et de Bezons.

La manifestation s’est déroulée dans le calme devant la sous-préfecture d’Argenteuil, où une tribune a été installée pour les intervenants. Le constat des musulmans est amer : alors que les actes islamophobes – illustrés par une nouvelle agression près d’Orléans de trois femmes le 14 juin – prolifèrent en France, ce fait contraste avec le silence assourdissant de la classe politique ainsi que des médias mainstream. « Des pyromanes de la politique qui ont décidé de faire le jeu des fascistes », surenchérit M. Razkhallah, qui vise par ailleurs dans son discours explicitement les ministres de l’Intérieur, Manuel Valls, et des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem.

Rabia (à g.) et Kahina.
Rabia (à g.) et Kahina.

Argenteuil, « le laboratoire de l’islamophobie »

« Il en va du bon vivre ensemble », déclare-t-il. Son discours a été ponctué par les témoignages émouvants de deux femmes voilées victimes de l’islamophobie. Prenant son courage à deux mains, Rabia a raconté brièvement mais avec beaucoup d’émotion son calvaire. « Je suis Française, je suis musulmane, on a le droit à notre dignité », déclare-t-elle sous les applaudissements du public.

A ses côtés, Kahina lui vient en soutien. Agressée en 2009, elle raconte, avec encore « l’impression de revivre la scène » comment elle a été attaquée, insultée et humiliée par trois hommes « de type européen » à Argenteuil : « Un acte clairement islamophobe car rien ne m’a été volé. » Mais l’affaire a été classée sans suite. Pour cette mère de trois enfants, l’épreuve l’a « renforcée dans sa foi et son choix » de porter le voile.

L’unité des musulmans, un impératif

Leïla, enceinte de quatre mois lors de son agression ayant depuis perdu son enfant peu de temps après, n’a en revanche pas fait le déplacement au rassemblement. En parallèle, des habitants d’Argenteuil ont également fait part de bavures policières répétées, actes qui ne font que renforcer la défiance envers la police vers qui les victimes doivent se tourner pour signaler tout acte répréhensible.

Me Hosni Maati, avocat de Rabia et de Leïla, en appelle aux associations musulmanes à travailler « le plus possible la main dans la main » pour barrer la route au racisme. « La division (…) ne pourra faire le jeu que de ceux qui cherchent, à travers la provocation de la communauté musulmane, des réactions qui seraient prévisibles et préjudiciables », déclare-t-il. « La colère est légitime mais la réaction doit être digne », ajoute l’avocat.

De nouvelles actions sont prévues pour espérer mobiliser l'opinion publique face au fléau de l'islamophobie, assure Kamel Razkhallah. Il requerra alors la mobilisation du plus grand nombre de citoyens.






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