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Société

Aïd el-Kébir 2012 : à la recherche des abattoirs, couacs des préfectures

Aïd al-Adha 2012

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mardi 23 Octobre 2012

A trois jours de l'Aïd al-Adha, il n'est pas facile pour les musulmans de connaître quels sont les abattoirs agréés dans leur Région. Alors que le ministère de l'Agriculture a publié cette semaine une liste, Saphirnews constate qu'elle est bien incomplète. La communication des préfectures relative à l'Aïd el-Kébir se révèle plus floue cette année que l'an passé.



Aïd el-Kébir 2012 : à la recherche des abattoirs, couacs des préfectures
La liste officielle des abattoirs agréés par le ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire pour la durée de l’Aïd al-Adha a tardé à venir, mais elle a enfin été publiée ce lundi 22 octobre dans le Journal officiel.

Dans son « avis relatif à la liste des abattoirs agréés pour la durée de la fête de l’Aïd al-Adha du mois d’octobre 2012 » [à télécharger plus bas], le ministère liste 42 établissements temporaires ou fixes, dans lesquels les musulmans pourront faire sacrifier leur mouton selon le rite islamique. Sont précisés les noms des responsables sur site, leur adresse et leur numéro d’agrément.

42, c’est bien entendu trop peu à l’échelle de la France. A regarder l’avis officiel de très près, le moins que l’on puisse dire, c’est que le ministère ne s’est pas pris la tête pour délivrer une liste complète.

Les préfectures et les CRCM en faille de communication

En effet, de nombreux abattoirs agréés dans plusieurs Régions de France n’ont pas été mentionnés dans la liste comme ceux du Nord, de Picardie, de l’Aquitaine ou encore même de l’Île-de-France.

Mais est-ce totalement la faute du ministère de l’Agriculture ? Car, dans le même temps, de nombreuses préfectures n’ont toujours pas fait de communication officielle autour de l’Aïd al-Adha, cette année, sur leur site et n’ont vraisemblablement pas fait remonter leur propre liste à la Direction générale de l’alimentation (DGAL), qui devait les recevoir au plus tard le 5 octobre, selon la circulaire interministérielle publiée fin août.

L’an dernier, la DGAL nous expliquait qu’elle se chargeait seulement de centraliser les informations qui leur parvenaient des préfets. « Ce sont aux préfectures départementales et aux responsables musulmans locaux qu’il faut demander des explications. Ce sont eux qui sont à l’œuvre pour mettre en place des structures » lors de célébrations religieuses, avait-elle fait savoir pour expliquer le nombre encore insuffisant d’abattoirs.

Les Conseils régionaux du culte musulman (CRCM), qui ne font pas tous un travail régulier d’information à destination des musulmans, ne sont pas exempts de reproches. Du fait de la défection de grandes fédérations musulmanes au Conseil français du culte musulman (CFCM), plusieurs des antennes régionales ne sont plus que difficilement joignables.

L’Etat au taquet pour punir les contrevenants...

Au fil de nos recherches, Saphirnews a compté au moins 70 sites qui seront ouverts pendant les trois jours de l’Aïd al-Adha à compter du vendredi 26 octobre 2012.

Une nouvelle fois, c’est la Région Paca (Provence-Alpes-Côte-d’Azur), avec 12 dans les Bouches-du-Rhône, 9 dans le Var et 4 dans le Vaucluse, qui vire en tête de peloton.
La Région Rhône-Alpes compte aussi une dizaine d’abattoirs agréés. La Picardie en compte 6 ; le Nord, 6 ; les Pays de la Loire, 5.

Les préfectures rappellent chaque année que les abattages clandestins sont interdits. Les contrevenants pris sur le fait peuvent écoper d’une amende allant jusqu’à 15 000 euros et six mois d’emprisonnement. « Le jour même, la sévérité la plus grande devra être exercée à l’encontre des contrevenants », a prévenu la circulaire interministérielle.

... mais des régions sans abattoirs

Pourtant, certaines régions n’agréent que trop peu d’abattoirs et, quand c’est le cas, ils ne sont pas répartis équitablement dans les départements, qui en comptent parfois zéro.

C’est le cas dans le Nord-Pas-de-Calais, où l’on compte 5 sites dans le Nord et 1 dans le Pas-de-Calais, contre 8 l’an dernier dans la Région.
En Île-de-France, on dénombre moins de 9 abattoirs (chiffre 2011), 4 sont situés en Seine-et-Marne mais les musulmans des Yvelines, qui avaient à leur disposition un abattoir temporaire à Elancourt en 2011, devront désormais aller hors de l'Île-de-France pour sacrifier leur mouton. En Seine-Saint-Denis, le seul abattoir temporaire à la Courneuve fonctionnera toujours.

D’autres Régions semblent carrément dépourvues d’abattoirs pour que le sacrifice rituel des animaux puisse être accompli. Ce serait le cas de la Haute-Normandie, de la Champagne-Ardenne ou de la Franche-Comté, au vu de l'absence d'information constatée dans le site Web de leurs préfectures et de la liste du ministère.

La demande sera une nouvelle fois plus forte que l’offre et les abattoirs agréés cette année ne seront pas à même de la satisfaire en raison de leur faible capacité d’abattage par jour. « Les capacités des abattoirs étant limitées, le CFCM réitère sa recommandation d’étaler l’abattage sur les trois jours de l’Aïd al-Adha », a récemment indiqué l’instance.

A défaut, le sacrifice par procuration est également permis.

Les services de l’Etat, en concertation avec les associations musulmanes locales, ne se mobilisent pas encore assez pour permettre l’accomplissement en France du sacrifice de l’Aïd el-Kébir. A la communauté alors dans son ensemble de les pousser à faire respecter sa liberté de culte à l’avenir.






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