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Monde

62 ans après, la Nakba a sa place à Paris (vidéo)

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Dimanche 16 Mai 2010

Les Palestiniens ont commémoré, en ce jour du 15 mai 2010, le 62e anniversaire de la Nakba, la catastrophe que fut la création d'Israël en 1948. Quelque 800 000 Palestiniens avaient alors été expulsés de leurs terres. Plus de 500 villages avaient été détruits et plusieurs milliers de personnes tuées, le tout sous la direction de David Ben Gourion, premier Premier ministre de l'État hébreu et fondateur de l'actuelle armée israélienne.



L'esplanade Ben Gourion à Paris a été - temporairement - rebaptisé Place de la Nakba à l'occasion de la 62e commémoration de la Nakba.
L'esplanade Ben Gourion à Paris a été - temporairement - rebaptisé Place de la Nakba à l'occasion de la 62e commémoration de la Nakba.
« Les vieux mourront et les jeunes oublieront », avait déclaré Ben Gourion en 1948. C'est pour lutter contre l'oubli que plusieurs manifestations de commémoration de la Nakba se sont tenues ce samedi 15 mai. Plus de 4 000 Palestiniens ont défilé à Gaza à l'appel de plusieurs partis politiques, dont le Hamas et le Fatah, unis pour l'occasion. Près de 300 personnes ont aussi manifesté à Jérusalem-Est, aujourd'hui annexée par Israël. Au Liban, un keffieh long de 5 552 mètres - le plus grand au monde - a été créé par une centaine de militants, décrochant ainsi le record Guinness.

A Paris, quelques dizaines de personnes se sont rassemblées à l'esplanade Ben-Gourion, inaugurée le 15 avril dernier par le maire de Paris. L'esplanade a été rebaptisée, pour quelques heures, « Place de la Nakba ». En témoigne cette vidéo.


Les Nations unies estiment aujourd'hui à 4,7 millions le nombre de réfugiés palestiniens et de leurs descendants vivant dans les Territoires occupés palestiniens, au Liban, en Jordanie et en Syrie. Cependant, le droit au retour qui doit normalement leur être accordé au regard du droit international leur est refusé. Bien que renouvelée chaque année depuis 1948, la résolution 194 de l'Assemblée générale de l'ONU n'est toujours pas appliquée par Israël, qui craint de perdre le caractère juif de son État en raison de l'importante démographie palestinienne.

Entre-temps, les colonies, dans la partie orientale de Jérusalem et en Cisjordanie, ne cessent de se développer, grignotant chaque jour un peu plus les 22 % de la Palestine historique. Face au durcissement de la politique israélienne, la situation est plus que jamais tendue au Proche-Orient.







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