<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>Ma foi, le droit et moi</title>
 <subtitle><![CDATA[]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/</id>
 <updated>2026-08-15T05:41:19+02:00</updated>
  <logo>https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/var/style/logo.jpg?v=1289226819</logo>
  <entry>
   <title>Quelle laïcité ? Maman, je ne peux plus être parent d’élève</title>
   <updated>2011-03-08T15:31:00+01:00</updated>
   <id>https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/Quelle-laicite-Maman-je-ne-peux-plus-etre-parent-d-eleve_a10.html</id>
   <category term="Mes gosses" />
   <photo:imgsrc>https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/photo/art/imagette/2757493-3902840.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-03-08T15:06:00+01:00</published>
   <author><name>Dounia Bouzar</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/photo/art/default/2757493-3902840.jpg?v=1299594524" alt="Quelle laïcité ? Maman, je ne peux plus être parent d’élève" title="Quelle laïcité ? Maman, je ne peux plus être parent d’élève" />
     </div>
     <div>
      <b>Votre enfant est scolarisé en CM1 à l’école publique de votre quartier. L’institutrice a demandé si des parents d’élèves étaient disponibles pour accompagner la classe à une sortie et vous vous êtes inscrite. Lorsque vous arrivez, la directrice, au nom de la laïcité, vous demande d’ôter votre foulard afin de respecter la liberté de conscience des élèves. </b>       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>QUE DIT LA LOI ? </b>       <br />
              <br />
       Si la loi de 1905 établit la neutralité idéologique et religieuse de l’État et de ceux qui le représentent (fonctionnaires et assimilés), c’est justement pour permettre à la société d’être plurielle, et assurer aux usagers l’impartialité du service public…        <br />
              <br />
       Associée à la liberté de pensée et de conscience, la liberté de religion est abordée dans le droit international à la fois en termes de protection de la conviction intime du croyant, incluant la liberté de changer de religion ou d’avoir la religion de son choix, et en termes de garantie de l’exercice concret de cette liberté : liberté de manifester sa religion individuellement ou collectivement, en public ou en privé, notamment par le culte ou l’accomplissement des rites (art. 9 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales).        <br />
              <br />
       Le droit international estime que ce sont les manifestations de cette liberté qui peuvent cependant être limitées et contrôlées par l’État, à condition que ces restrictions soient strictement circonscrites afin de ne pas vider le droit énoncé de son contenu : elles doivent être <span style="font-style:italic">« prévues par la loi »</span> et <span style="font-style:italic">« nécessaires »</span> à la protection d’un certain nombre d’intérêts publics, notamment le maintien de l’ordre et les droits et libertés d’autrui.        <br />
              <br />
       C’est la procédure qu’a suivie la France en votant la loi du 15 mars 2004 sur <span style="font-style:italic">« le port de signes ou de tenues, manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics »</span>. Mais la circulaire n° 2004-084 d’application de cette loi explique aux directeurs, recteurs et inspecteurs de l’Éducation nationale que cette dernière ne s’applique qu’aux élèves et qu’<span style="font-style:italic">« elle ne modifie pas les règles applicables aux (…) parents d’élèves »)</span>.        <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>ÉLÉMENTS DU DÉBAT </b>       <br />
              <br />
       La HALDE, interpellée il y a 4 ans par plusieurs mères exclues des sorties scolaires du fait de leur foulard, rappelait dans une délibération 2007-117 du 17/05/2007 (1) que <span style="font-style:italic">« ni le principe de laïcité, ni celui de neutralité du service public ne s’opposent a priori à ce que des mères d’élèves portant le foulard collaborent, en leur qualité de parents, au service public de l’enseignement dans le cadre d’activités éducatives et de sorties scolaires, le refus de principe apparaissant susceptible de caractériser une discrimination dans l’accès à une activité bénévole fondée sur la religion »</span>.        <br />
              <br />
       Elle recommandait aux conseils d’école de revoir les règlements intérieurs applicables et/ou leur interprétation en ce sens au ministre de l’Éducation nationale de prendre toute mesure pour garantir le respect du principe de non-discrimination religieuse selon les mêmes modalités sur l’ensemble du territoire.        <br />
              <br />
       Mais, à la date du 3 mars 2011, on ne trouve plus cette délibération sur le site de la HALDE… Et le <a class="link" href="http://www.saphirnews.com/Luc-Chatel-Pas-de-mamans-voilees-pour-les-sorties-scolaires_a12290.html" target="_blank">ministre de l’Éducation nationale</a> a donné raison à une directrice d’école de Seine-Saint-Denis qui refusait à une maman voilée d’accompagner une sortie scolaire, en réponse à une lettre du syndicat de la FCPE qui estimait <span style="font-style:italic">« humiliant et discriminatoire de signifier à certains parents qu’ils ne sont pas éligibles à être de bons parents d’élèves (…) alors que ces mêmes enfants les voient aussi tels qu’ils sont, chaque jour, à la porte de l’école »</span>       <br />
              <br />
       Luc Chatel se positionne ainsi à l’opposé de son prédécesseur Xavier Darcos, qui s’était en 2008 appuyé sur la délibération des juristes de la HALDE, estimant que <span style="font-style:italic">« la décision de la directrice (…), qui est garante du bon fonctionnement du service public, apparaît aussi légitime que justifiée »</span>, car <span style="font-style:italic">« l’organisation et le fonctionnement du service public reposent sur un ensemble de valeurs et de principes, au premier rang desquels on trouve le principe de neutralité et sa déclinaison, le principe de laïcité. Les parents d’élèves qui proposent d’accompagner les sorties scolaires ne peuvent l’ignorer et, le cas échéant, le directeur d’école ou le chef d’établissement peuvent le leur rappeler »</span>.       <br />
              <br />
       Il ne s’agit encore que d’une prise de position du ministre, mais la presse relate que le ministère estime qu’<span style="font-style:italic">« il n’y aura pas besoin de nouvelle loi, nous faisons simplement une interprétation administrative de la loi de 2004 en introduisant la catégorie de collaborateurs occasionnels »</span>…        <br />
              <br />
       Il faut également savoir que Le Haut Conseil à l’Intégration, dans un avis sur l’expression des religions dans les espaces publics, rendu en août 2010, préconisait l’adoption de mesures législatives pour <span style="font-style:italic">« faire respecter le principe de laïcité à tous les collaborateurs occasionnels du service public »</span>. Rappelant que cela est déjà le cas des jurés d’assises ou des membres de jury de concours des fonctions publiques, <span style="font-style:italic">« mais pas, par exemple, des accompagnateurs scolaires des écoles, collèges et lycées publics »</span>…       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>QUE FAIRE ?</b>       <br />
              <br />
       Du point de vue légal, jusqu’à aujourd’hui, comme vous venez de le lire, absolument rien ne permet à un directeur d’établissement de refuser un parent d’élève qui porte un signe religieux de se présenter comme délégué parent d’élève, de siéger au conseil d’école, de participer aux différentes activités de l’école comme bénévole (fête de l’école, sortie scolaire…).       <br />
              <br />
       Mais la réalité s’annonce différente, en décalage avec les balises légales et la philosophie qui les sous-tendent : la conception de la laïcité comme <span style="font-style:italic">« invisibilité de la foi »</span> est en train de s’imposer, à l’envers du système juridique de 1905 qui cherchait, au contraire, à permettre à des citoyens différents de construire ensemble une nation, quelles que soient leurs convictions et leurs consciences personnelles…       <br />
              <br />
       Dans ce climat très tendu, il peut être pertinent que les personnes concernées par cette question en appellent de nouveau à la HALDE.        <br />
       Cela obligerait au moins les autorités à prendre une position officielle, qui consisterait :       <br />
       – soit à respecter la loi ;       <br />
       – soit à changer la loi mais dans le respect des exigences du droit européen…       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Note</span>       <br />
       <b>1. Extrait de la délibération de la HALDE de 2007 : </b>       <br />
              <br />
       • La loi du 17 mars 2004 relative au port de signes religieux à l’école comme sa circulaire d’application indiquent expressément qu’elles ne concernent pas les parents d’élèves. Il n’existe pas de texte ni de jurisprudence claire sur le statut des intervenants extérieurs et leurs éventuelles obligations.       <br />
              <br />
       • Selon une jurisprudence constante, les principes de laïcité et de neutralité des services publics s’appliquent à l’ensemble des agents publics, qu’ils soient chargés de fonctions d’enseignement ou non, mais non aux usagers.       <br />
              <br />
       • Les parents d’élèves peuvent, dans certaines conditions, accompagner des élèves au cours d’activités scolaires se déroulant à l’extérieur de l’école pendant le temps scolaire ou participer à l’action éducative conformément à la circulaire n° 91-124 du 6 juin 1991.       <br />
              <br />
       • Ils peuvent être assimilés, dans ce cadre, à des collaborateurs bénévoles du service public conformément à la circulaire n° 92-196 du 3 juillet 1992 relative à la participation d’intervenants extérieurs aux activités d’enseignement dans les écoles maternelles et élémentaires. Certaines inspections d’académie considèrent que cette qualité aurait pour conséquence de placer le collaborateur dans une situation comparable à celle d’un agent public, avec les mêmes obligations notamment au regard du principe de neutralité.       <br />
              <br />
       • Or la notion de collaborateur bénévole est de nature « fonctionnelle » : sa seule vocation consiste à couvrir les dommages subis par une personne qui, sans être un agent public, participe à une mission de service public.       <br />
              <br />
       • Il ne peut donc être soutenu que la qualité de collaborateur bénévole emporterait reconnaissance du statut d’agent public, avec l’ensemble des droits et des devoirs qui y sont attachés.       <br />
              <br />
       • En outre, le Conseil d’État a eu l’occasion de préciser, dans une jurisprudence « Syndicat national pénitentiaire Force ouvrière – Direction et autre », relative au versement d’une prime de sujétions spéciales aux membres des congrégations religieuses apportant leur concours aux établissements pénitentiaires, que ni le principe de laïcité ni celui de neutralité du service public ne s’opposaient à l’intervention, exclusive de tout prosélytisme, dans les prisons, de surveillants congréganistes qui apportent leur concours au fonctionnement des établissements pénitentiaires pour l’exercice de tâches relevant non de la surveillance des détenus, mais de fonctions complémentaires de soutien (CE 27 juillet 2001 Syndicat national pénitentiaire Force ouvrière ; solution réaffirmée dans CE 29 mai 2002 Syndicat national pénitentiaire Force ouvrière). Or les parents participant aux sorties scolaires semblent être dans une situation similaire dans la mesure où ils apportent leur concours aux établissements scolaires pour des tâches qui ne relèvent pas des missions d’enseignement, au sens strict, mais uniquement à l’occasion de sorties et/ou d’activités annexes.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/Quelle-laicite-Maman-je-ne-peux-plus-etre-parent-d-eleve_a10.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Porter un burkini dans une piscine municipale, est-ce possible ?</title>
   <updated>2011-02-24T18:31:00+01:00</updated>
   <id>https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/Porter-un-burkini-dans-une-piscine-municipale-est-ce-possible_a9.html</id>
   <category term="Mon look" />
   <photo:imgsrc>https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/photo/art/imagette/2721410-3850324.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-02-24T17:55:00+01:00</published>
   <author><name>Dounia Bouzar</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/photo/art/default/2721410-3850324.jpg?v=1302987546" alt="Porter un burkini dans une piscine municipale, est-ce possible ?" title="Porter un burkini dans une piscine municipale, est-ce possible ?" />
     </div>
     <div>
      <b>Vous avez acheté un maillot de bain couvrant une bonne partie de votre corps correspondant à votre exigence de pudeur (maillot appelé communément « burkini »), dans un tissu homologué pour la natation, avec le bonnet de bain assorti. Un maillot de bain que vous décidez de porter pour pouvoir partager les sorties à la piscine (municipale) avec vos enfants.       <br />
       À peine vous êtes entrée dans l’enceinte de la piscine, trois maîtres-nageurs vous expliquent que vous ne pouvez pas rester vêtue ainsi.</b>       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>QUE DIT LA LOI ?</b>       <br />
              <br />
       La loi ne dit rien sur les formes de maillot de bain pour nager dans des piscines municipales. Et pour les situations de conflit, aucune jurisprudence n’a encore tranché.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>MISE EN SITUATION</b>       <br />
              <br />
       En France, la première « affaire » concernant une baigneuse portant un « burkini » date du mois d’août 2009 dans une piscine municipale. Le responsable a justifié son refus de la laisser entrer par le non-respect du règlement intérieur du point de vue des règles d’hygiène.        <br />
              <br />
       La nageuse a déclaré aux journalistes son intention de porter plainte pour discrimination, car son maillot de bain était justement homologué. Une première jurisprudence devrait donc s’établir.       <br />
              <br />
       En se fondant sur le même critère du respect de l’hygiène, la ville d’Oslo (Norvège) autorise le port du « maillot de bain couvrant » du moment qu’il respecte le règlement général, qui énonce : <span style="font-style:italic">« Les nageurs qui se couvrent le corps, pour des raisons religieuses ou culturelles, doivent se laver et utiliser des vêtements de bain propres avant d’utiliser saunas et piscines</span> […].<span style="font-style:italic"> Seuls les vêtements conçus pour les baignades peuvent être utilisés dans les piscines. » </span>       <br />
              <br />
       Face à la presse, un des élus d’Oslo remarque qu’il s’agit juste d’appliquer les mêmes règles à tous : <span style="font-style:italic">« Regardez les nageurs professionnels : ils utilisent des maillots intégraux. Si le matériau peut être utilisé dans l’eau, il n’y a pas de problème. Ce n’est pas la taille du maillot qui devrait être déterminante mais sa conformité à l’hygiène. » </span>       <br />
              <br />
       Les élus norvégiens prennent aussi en compte les effets de cette revendication religieuse, en considérant qu’il est important que tous les citoyens puissent profiter ensemble des installations collectives. Ainsi, le responsable des questions sportives de la municipalité d’Oslo déclare : <span style="font-style:italic">« Certains expriment le besoin de se couvrir. Nous estimons qu’il est important que la majorité des gens qui vivent dans cette ville puissent se baigner et utiliser les piscines. » </span>       <br />
              <br />
       Dans toutes les autres villes européennes, le port du maillot de bain couvrant a été refusé.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>ÉLÉMENTS CLÉS DU DÉBAT </b>       <br />
              <br />
       Du point de vue légal, il semble que le respect des conditions d’hygiène, donc la nature du tissu du burkini, soit le seul motif légitime de débat.       <br />
              <br />
       Mais ce qui sous-tend le refus des personnels de la piscine municipale, dans le contexte français, ne relève pas d’une inquiétude hygiénique. La plupart des responsables estiment que mettre un burkini, c’est une façon de <span style="font-style:italic">« faire du prosélytisme »</span>.        <br />
              <br />
       À cela je rajouterai une question que personne ne pose mais qui me semble fondamentale : autoriser le port du burkini provoque-t-il une segmentation entre citoyens ? Est-ce qu’il permet l’inclusion de la nageuse ou son exclusion ?        <br />
              <br />
       Enfin, il y a un angle délicat qui est fondamental pour le respect de la philosophie de la laïcité : comment garantir la liberté de conscience des musulmanes (ou des juives) qui voudraient continuer à nager en maillot de bain « classique », sans qu’elles soient soumises à des pressions (psychologiques ou réelles) du fait de cette autorisation ? Ce dernier point sera développé dans « Que faire du point de vue de la réalité ? »       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Le prosélytisme</b>       <br />
              <br />
              <br />
       Porter un « maillot de bain plus couvrant » revient-il à imposer sa religion ? Répondre à cette question relève de la subjectivité. Ceux qui ont l’habitude du monokini vont trouver très ostensible le burkini, et ceux qui ont l’habitude du burkini vont trouver très ostensible le monokini. Une fois encore, le « look » du burkini semble donc important : un maillot couvrant qui rappelle celui des champions de natation (en plus large) sera plus facilement « banalisé » que celui qui a l’air d’une véritable robe…        <br />
              <br />
       Mais, de notre point de vue, la nageuse qui porte un « maillot plus couvrant » que les normes habituelles ne fait pas de prosélytisme puisqu’elle se mélange avec les autres citoyens (les autres nageurs) sans rien exiger d’eux, donc en respectant leurs propres normes. Elle n’impose donc pas sa vision du monde.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>La segmentation des citoyens</b>       <br />
              <br />
       La première affaire liée au port du « burkini » a eu lieu quelques semaines après l’ouverture de la Commission d’information sur le voile, et les arguments utilisés pour interdire la « burqa » ont été automatiquement repris pour le « burkini ».        <br />
              <br />
       Pourtant, si la burqa opère bien une séparation entre celle qui la porte et le reste du monde, le burkini s’inscrit dans une démarche inverse : il s’agit de vouloir nager « avec les autres », tout en restant en accord avec sa conscience (1).        <br />
              <br />
       De notre point de vue, autoriser le port du burkini ne provoque donc pas de segmentation des citoyens. Bien au contraire, cela permet ainsi de continuer à nager ensemble, au lieu de construire des piscines privées par religion comme ce serait le cas dans un pays multiculturaliste.       <br />
              <br />
       Tolérer une pratique qui favorise la segmentation d’une partie des citoyens irait à l’encontre des buts de citoyenneté visés par la société française, et notamment le vivre-ensemble, ce qui explique son interdiction. Ici, au contraire, accepter un « maillot plus couvrant » permet l’inclusion de la personne. Le faire revient à prendre en compte l’effet de la revendication comme critère. Ce qui est important, c’est de nager ensemble, hommes/femmes, jeunes/vieux, croyants/non-croyants, tous différents, peu importe la forme du maillot de bain…        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>QUE FAIRE DU POINT DE VUE DE LA LOI ?</b>       <br />
              <br />
       Si l’on applique le droit commun, les responsables des piscines municipales devraient vous permettre d’entrer, dans la mesure où, quelle que soit la forme de votre maillot de bain, ce dernier est soumis aux règles collectives existantes qui sont les mêmes pour tout le monde, notamment de sécurité et d’hygiène (tissu). Jusqu’à aujourd’hui, il n’existe pas de loi qui oblige à une forme de maillot plutôt qu’à une autre…        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>QUE FAIRE DU POINT DE VUE DE LA RÉALITÉ ? </b>       <br />
              <br />
       Peu de piscines acceptent le port du « maillot couvrant »…        <br />
              <br />
       Certains d’entre vous demandent des créneaux horaires « réservés aux musulmanes ». De mon point de vue, la revendication de créneaux horaires fondée sur un critère religieux va à l’encontre de l’esprit de la loi de 1905. En revanche, il peut être organisé des projets pédagogiques transversaux « entre femmes », tout comme la gymnastique féminine, rassemblant des femmes qui, pour une raison ou pour une autre, ne désirent pas se dévêtir devant des hommes.        <br />
              <br />
       Il s’agit de trouver le « plus petit dénominateur commun », afin de continuer à vivre ensemble, sans pour autant qu’une norme s’impose à tous de façon uniforme. En clair, comment combattre les effets indirects discriminatoires d’une norme unique, tout en veillant à ce que le rapport de force ne s’inverse pas, imposant (volontairement ou pas) une sorte de « norme musulmane » ?       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Pourquoi les créneaux horaires réservés sur un critère religieux iraient à l’encontre de l’esprit de la loi de 1905 ?</b>       <br />
              <br />
       • Le principal objectif poursuivi par la Constitution française et la loi de 1905 est de dépasser les différences des citoyens pour construire ensemble une nation. Des « piscines ritualisées », juives ou musulmanes, ne permettraient pas à « tous les nageurs » de rester ensemble. Or théoriquement, dans la philosophie française, il s’agit de faire en sorte que la religion ne « sépare pas » les citoyens…       <br />
              <br />
       • Organiser des créneaux « réservés aux musulmanes » revient à incorporer des normes de droit religieux de manière collective dans l’organisation d’un service public. Cela pourrait aller à l’encontre de la liberté individuelle de certaines musulmanes, qui se retrouveraient liées à une interprétation religieuse contraire à leur propre conviction, ce qui nierait leur droit personnel à la liberté religieuse… Or la liberté de conscience de ces musulmanes est aussi importante que celle des femmes qui portent un maillot couvrant…        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Pourquoi des créneaux horaires « entre femmes » n’iraient pas à l’encontre de l’esprit de la loi de 1905 ?</b>        <br />
              <br />
       • L’absence de mixité au cours d’une activité ponctuelle n’entrave pas la laïcité ! La mixité n’a d’ailleurs rien à voir avec la laïcité. D’ailleurs, alors que cette dernière date de 1905, rappelons-nous que ce n’est qu’en 1938 que la femme acquiert une réelle autonomie par l’abrogation de l’incapacité totale juridique de la femme mariée (2) instituée par le Code Napoléon, et que ce n’est qu’en 1975 qu’une loi organise l’obligation de mixité uniquement dans tous les établissements publics d’enseignement.       <br />
              <br />
       • En l’état actuel du droit, la mixité automatique n’est pas une obligation légale, c’est l’égalité entre les hommes et les femmes qui est affirmée par la Constitution. La mixité est toutefois considérée comme une valeur fondamentale, car elle favorise, au moins en partie, l’émancipation des femmes et leur libre participation à tous les aspects de la vie sociale. Mais deux heures d’absence de mixité en maillot de bain n’iraient certes pas à l’encontre des droits des femmes.       <br />
              <br />
       • Des créneaux horaires réservés aux femmes permettraient à des femmes de transcender leurs différences (croire, ne pas croire, croire en une religion différente…) pour organiser un projet commun sur des valeurs partagées. Rien de mieux que le « faire-ensemble » pour connaître « l’autre » et les références qui le fondent. Un petit moment partagé déconstruit les stéréotypes négatifs plus efficacement que n’importe quel grand discours…        <br />
              <br />
       • Cela n’imposerait pas une vision du monde comme supérieure, et personne ne pourrait reprocher (directement ou indirectement) à des musulmanes souhaitant porter un maillot classique d’être de « moins bonnes croyantes »…        <br />
              <br />
       *  *  *       <br />
       Si vraiment, malgré les arguments exposés de cette rubrique, vous tenez malgré tout à rester <span style="font-style:italic">« entre musulmans »</span>, sachez tout de même que la loi autorise une association à louer une structure municipale pour y faire ce qu’elle veut, comme cela a été longuement expliqué dans l’article « <a class="link" href="http://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/Accusee-d-entrave-a-la-laicite-une-association-est-interdite-de-salle-municipale_a7.html" target="_blank">Une association est interdite de salle municipale</a> » : <span style="font-style:italic">« Quant à la location payante et privative d’une salle communale par une association (de loi 1901 ou 1905), le maire ne peut refuser l’usage d’une salle municipale que pour nécessités objectives de l’administration communale ou trouble réel à l’ordre public . »</span> (3)        <br />
       Dès qu’il y a échange d’argent, une association est libre de ses activités.        <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Notes : </span>       <br />
              <br />
       <b>1.</b> C’est pour cette raison que nous trouvons dommage que le mot <span style="font-style:italic">« burkini »</span> soit issu du mot <span style="font-style:italic">« burka »</span>, alors que son effet est inverse.        <br />
              <br />
       <b>2.</b> En 1804, le Code Napoléon affirme l’incapacité juridique totale de la femme mariée :       <br />
       – Interdiction d’accès aux lycées et aux Universités       <br />
       – Interdiction de signer un contrat, de gérer ses biens       <br />
       – Exclusion totale des droits politiques       <br />
       – Interdiction de travailler sans l’autorisation du mari       <br />
       – Interdiction de toucher elle-même son salaire       <br />
       – Contrôle du mari sur la correspondance et les relations       <br />
       – Interdiction de voyager à l’étranger sans autorisation       <br />
       – Répression très dure de l’adultère pour les femmes       <br />
       – Les filles-mères et les enfants naturels n’ont aucun droit       <br />
       Napoléon définit sans ambiguïté la place de la citoyenne dans la société à l’article 1124 du Code civil : « Les personnes privées de droits juridiques sont les mineurs, les femmes mariées, les criminels et les débiles mentaux. »       <br />
              <br />
       <b>3. </b>Note du 30 mars 2007, n° 304053, du Conseil d’État        <br />
       Dans sa note du 30 mars 2007, le Conseil d’État a statué sur la décision de refuser la location d’une salle municipale à une association cultuelle, tenue par des témoins de Jéhovah : <span style="font-style:italic">« Le refus opposé à une association cultuelle de lui accorder la location d’une salle municipale</span> […] <span style="font-style:italic">porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de réunion, qui est une liberté fondamentale, dès lors que la commune ne fait état d’aucune menace à l’ordre public, mais seulement de considérations générales relatives au caractère sectaire de l’association. » </span>       <br />
       Par ailleurs, le juge a précisé que <span style="font-style:italic">« la crainte, purement éventuelle, que les salles municipales soient l’objet de sollicitations répétées pour des manifestations à but religieux ne saurait davantage justifier légalement le refus de la ville »</span>.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/Porter-un-burkini-dans-une-piscine-municipale-est-ce-possible_a9.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Un Noël pour tous</title>
   <updated>2010-12-20T12:34:00+01:00</updated>
   <id>https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/Un-Noel-pour-tous_a6.html</id>
   <category term="Mon boss" />
   <photo:imgsrc>https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/photo/art/imagette/2561073-3612226.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2010-12-20T11:57:00+01:00</published>
   <author><name>Dounia Bouzar</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/photo/art/default/2561073-3612226.jpg?v=1302987546" alt="Un Noël pour tous" title="Un Noël pour tous" />
     </div>
     <div>
      <b>Vous êtes animateur au sein d’une maison des jeunes, chargé de l’organisation du buffet de la fête de Noël pour tous les habitants du quartier.       <br />
              <br />
       L’objectif est de renforcer la cohésion sociale du quartier, en faisant en sorte que tous les habitants se rencontrent autour de ce repas de fête. Pour n’exclure personne, vous innovez en rajoutant du foie gras halal et casher à votre commande habituelle.       <br />
              <br />
       Cependant, les problèmes commencent : plusieurs adolescents, très impliqués dans la vie du quartier, déclarent qu’ils ne participeront plus à la fête de Noël tant qu’un repas n’est pas organisé pour l’Aïd : égalité des cultes oblige ! Max, également très actif dans le quartier, veut obtenir la garantie qu’aucune viande halal ne lui sera servie : il exige que sa liberté de conscience de non-croyant soit respectée.</b>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>QUE DIT LA LOI ?</b>       <br />
              <br />
       Pour sortir de la longue histoire des persécutions religieuses, pour abolir le temps où « les sujets du roi » devaient embrasser « la religion du roi », l’article 1 de la loi du 9 décembre 1905 énonce que la République <span style="font-style:italic">« assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes »</span>, sauf entrave à l’ordre public.        <br />
              <br />
       Assurer la liberté de conscience, c’est permettre aux citoyens de croire, de ne pas croire, de croire en ce qu’ils veulent. La laïcité est un système juridique instauré pour que les Français puissent tous ensemble avoir un destin commun, avec leurs identités multiples, variées, qui peuvent d’ailleurs évoluer. La laïcité est instituée aussi pour qu’il n’y ait plus jamais de morale unique.        <br />
              <br />
       On peut donc être croyant et laïc, si on n’impose pas sa vision du monde aux autres. Mais on peut également être athée et non laïc, si on estime que l’athéisme est la seule façon d’être « évolué ».       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>MISE EN SITUATION</b>       <br />
              <br />
       Rien n’interdit à une maison de jeunes ou à un centre social d’organiser une fête dont la racine est religieuse. Le fait d’être « laïc » ne signifie pas d’être « antireligieux », d’autant que l’on peut en profiter pour en parler de manière historique et non pas sur le registre des croyances, afin de construire une culture partagée.        <br />
              <br />
       Noël ou l’Aïd peuvent être l’occasion d’une fête au centre social, à condition de créer un moment d’échanges collectifs autour de valeurs communes.        <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>ÉLÉMENTS DU DÉBAT</b>       <br />
              <br />
       Ce type de festivité doit suivre quelques principes fondamentaux :        <br />
       – aucune segmentation ne doit être pratiquée : tous les habitants sont invités à y participer, quelles que soient leurs croyances ou leurs non-croyances ;       <br />
       – aucun prosélytisme n’est déployé : la crèche n’est pas reproduite, il n’y a ni chants religieux, ni cérémonies religieuses, ni discours religieux ;       <br />
       – les professionnels doivent maintenir une posture neutre, sans afficher leur croyance personnelle.       <br />
              <br />
       Sur la question de l’alimentation, il s’agit donc d’appliquer la philosophie de la loi de 1905 et de montrer qu’aucune vision du monde n’est supérieure à une autre. Dans la gestion de la nourriture, cela peut se traduire ainsi : la liberté de conscience de l’un s’arrête où commence celle de l’autre et ne doit pas le séparer de l’autre. Ce qui revient à proscrire le « tout-halal » le « tout-casher » ou le « tout-porc ».       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>QUE FAIRE ?</b>       <br />
              <br />
       Vous tenez à atteindre votre objectif pédagogique de ce repas de fin d’année, qui consiste à rassembler les habitants pour « faire du lien ». Il s’agit de « manger ensemble », quelles que soient les convictions des uns et des autres.       <br />
              <br />
       Quelques mois auparavant, le groupe d’adolescents (qui refuse de venir au dîner) avait demandé aux animateurs l’autorisation d’organiser une fête à l’occasion de la fin du ramadan pour tous les musulmans et la réponse avait été négative. Ils réclamaient le droit de fêter l’Aïd entre musulmans comme les chrétiens fêtent Noël.        <br />
       Il y a eu un conflit d’équipe : une partie de vos collègues considéraient qu’on ne peut comparer Noël et l’Aïd, du fait que, pour eux, Noël n’est plus une fête religieuse mais est une simple tradition française… Ils ont estimé que le sapin était non pas un signe religieux, mais une tradition païenne. Ils ont donc refusé de fêter l’Aïd, qu’ils considéraient comme exclusivement religieux…       <br />
              <br />
       Vous pouvez donc aider ces jeunes à faire la « bonne demande » : au lieu d’organiser un « Aïd pour les musulmans », ils peuvent proposer un « Aïd ouvert à tous », de façon à ce que celui-ci puisse être investi comme une fête culturelle. Ainsi, l’« Aïd pour tous » (1) deviendra une fête culturelle partagée, comme le « Noël pour tous ».        <br />
              <br />
       En revanche, un Yom Kippour réservé aux juifs, un Aïd réservé aux musulmans ou un Noël réservé aux chrétiens relèveraient d’une gestion communautariste, incompatible avec les valeurs de la maison de jeunes et, notamment, avec son objectif pédagogique de mélange et du vivre-ensemble.        <br />
              <br />
       Ensuite, pour préparer ce fameux repas de Noël, vous maintenez votre décision et décidez de mettre à disposition des habitants une réelle diversité alimentaire sur les mêmes tables : foie gras habituel, foie gras halal et casher le cas échéant, porc, jus de fruit, alcools…, et vous commandez des « plats communs », réalisés à partir de poisson ou d’œufs, qui peuvent être partagés par tous.        <br />
              <br />
       Cela revient à garantir une diversité alimentaire de façon que ceux qui mangent de la viande halal se mélangent avec ceux qui préfèrent du porc et inversement. Cela transmet également le principe selon lequel aucune vision du monde ne s’impose comme supérieure, puisque toutes les références sont respectées, mais chacun doit accepter celle de l’autre.       <br />
              <br />
       Enfin et surtout, vous demandez à vos animateurs de réagir fortement si :        <br />
       – Alain traite Karim ou David de <span style="font-style:italic">« pas civilisé »</span> parce qu’il pratique sa religion et que <span style="font-style:italic">« quand même, il devrait en finir avec tout ça »</span>… ;       <br />
       –  si Karim traite Alain de <span style="font-style:italic">« gros cochon »</span> parce qu’il mange du porc… ;       <br />
       –  si Pierre veut absolument faire boire Ahmed pour <span style="font-style:italic">« montrer qu’il est un homme »</span>… ;       <br />
       –  si Ahmed traite Kader de <span style="font-style:italic">« mécréant »</span> lorsqu’il se gave de charcuterie corse dont il raffole… ;       <br />
       –  si Alain traite Noémie d’<span style="font-style:italic">« endoctrinée »</span> parce qu’elle déclare s’être convertie… ;       <br />
       – si Noémie traite l’assiette d’Alain d’<span style="font-style:italic">« impure »</span>…       <br />
              <br />
       Bonnes fêtes à tous !       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Note</span>       <br />
       (1) Cela se passe ainsi à Marseille, où tous les Marseillais fêtent l’Aïd, quelles que soient leurs convictions, de manière cultuelle pour les uns et de manière culturelle pour les autres. « <a class="link" href="http://www.saphirnews.com/L-Aid-dans-la-cite-celebre-la-diversite-marseillaise_a11948.html" target="_blank">L’Aïd dans la cité</a> » est ainsi organisé depuis de nombreuses années par l’Union des familles musulmanes (UFM).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/Un-Noel-pour-tous_a6.html" />
  </entry>
</feed>
