Sur le vif

Un nouveau leader de Boko Haram annoncé par Daesh

Rédigé par Saphirnews | Mercredi 3 Aout 2016 à 12:04



Sheikh Abou Moussab al-Barnawi a été présenté, mercredi 3 août, comme le nouveau chef du groupe terroriste Boko Haram. Le magazine de l’organisation Etat islamique, qui en fait l’annonce, publie dans le même temps une interview du nouveau leader où il jurerait de ne plus s’attaquer aux mosquées et aux marchés. Dans le même temps, il a réitéré le soutien et l’allégeance de Boko Haram à l’EI et son chef Aboubakr al-Baghdadi.

Aucune information n’est cependant révélée concernant le sort d’Aboubakr Shekau, l’ex-chef de Boko Haram. En mars dernier, dans une vidéo non datée, il déclarait : « Pour moi, la fin est venue. Qu’Allah nous protège du mal (…) je remercie mon créateur. »

L’universitaire Romain Caillet déclare qu’aucun élément de l’interview « ne laisse penser qu’Aboubakr Shekau a été tué, ce qui indiquerait qu’il a probablement été limogé ». Abou Moussab al-Barnawi qualifie d’ailleurs son organisation de « province ouest-africain de l’Etat islamique ».

Cependant, selon plusieurs sources militaires, Boko Haram serait divisé. Selon un officier nigérien cité par Jeune Afrique, « il semble que Boko Haram soit traversé par des dissensions. Il n’est pas impossible qu’il y ait aujourd’hui plusieurs factions, et donc plusieurs chefs ».

Une partie de la secte serait partisane de la « logique millénariste » en accord avec le fondateur Mohammed Yusuf, décédé en 2009, et serait resté dans les fiefs historiques du groupe dans la forêt de Sambisa et les monts Mandara au Nigéria. L’autre partie serait elle, liée à la « logique terroriste » de l’Etat islamique serait établie dans les îles et sur les berges du lac Tchad, à l’intersection du Niger, du Nigéria, du Cameroun et du Tchad.

Selon Amnesty International, au moins 500 personnes ont été tuées dans 200 attentats commis par Boko Haram entre juillet 2015 et juillet 2016. En sept ans d'existence, le nombre de morts attribués aux attentats du groupe terroriste s'élève à au moins 12 000, principalement au Nigéria et au Cameroun.

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