Sur le vif

Suspension du financement à l'UNRWA : une « punition collective supplémentaire » pour les habitants de Gaza

Rédigé par Lina Farelli | Lundi 29 Janvier 2024 à 12:13



L’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) est dans la tourmente après avoir annoncé, vendredi 26 janvier, s’être séparée de plusieurs employés accusés d'être impliqués dans l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023. Dans la foulée, plusieurs pays ont décidé de suspendre leur financement dont les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Neuf pays à ce jour ont fait le choix de sanctionner l’UNRWA malgré les besoins immenses à laquelle la population gazaouie fait face.

Face à des faits d'une « exceptionnelle gravité », le Quai d’Orsay a décidé de suivre le mouvement en coupant son aide à l’agence. La France, qui a financé l’UNRWA à hauteur de quelque 60 millions d'euros en 2023, « n’a pas prévu de nouveau versement au premier trimestre 2024 et décidera le moment venu de la conduite à tenir en lien avec les Nations unies et les principaux donateurs, en s’assurant que toutes ses exigences de transparence et de sécurité de l’aide sont bien prises en compte », a-t-elle fait savoir dans un communiqué.

« Tout employé impliqué dans des actes de terrorisme devra en répondre, notamment à travers des poursuites judiciaires », avait assuré le Commissaire général de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, expliquant avoir pris sa décision « pour protéger les capacités de l'agence à fournir de l'aide humanitaire ».

Réitérant « sa condamnation dans les termes les plus fermes possibles des odieuses attaques du 7 octobre », le chef de l’agence a néanmoins estimé, dans une nouvelle déclaration qu’il est « irresponsable de sanctionner une agence et une communauté entière qu'elle sert en raison d'allégations d'actes criminels contre certaines personnes, surtout en période de guerre, de déplacement et de crises politiques dans la région ». « Les Palestiniens de Gaza n’avaient pas besoin de cette punition collective supplémentaire », a-t-il lancé, exhortant les pays qui ont décidé de suspendre leur financement « à reconsidérer leur décision avant que l’UNRWA ne soit contraint de suspendre sa réponse humanitaire. La vie des habitants de Gaza dépend de ce soutien, tout comme la stabilité régionale ».

Lire aussi :
Afrique du Sud vs Israël : saisie pour « génocide » à Gaza, la Cour internationale de justice rend son verdict
A Gaza, la famine s’aggrave sans perspective d’un cessez-le-feu humanitaire
Palestine/Israël : le plaidoyer de 300 avocats pour la justice et le respect du droit international
Depuis la France, des Palestiniens plus que jamais mobilisés « face à la barbarie génocidaire » à Gaza