Monde

SafirLab, un dispositif français d’aide aux futurs leaders arabes

Rédigé par | Lundi 21 Novembre 2016 à 08:30

Une vingtaine de jeunes issus du monde arabe étaient à Paris du 30 octobre au 13 novembre 2016 pour la 5e édition de SafirLab. Ce programme de soutien aux projets innovants a été créé en 2012 par l’Institut français pour dénicher les leaders arabes de demain.



Les participants au dispositif SafirLab 2016 ©Vinciane Verguethen.
Les Printemps arabes de 2011 ont mis en évidence à la face du monde toute une génération de jeunes activistes innovants. Des personnalités du monde artistique, des militants, des journalistes et des blogueurs ont émergé d’un vaste mouvement populaire qui a ébranlé le Maghreb et le Moyen-Orient. Le Quai d’Orsay a souhaité, à sa manière, accompagner cet élan. C’est ainsi que le CFI, agence de coopération médias du ministère des Affaires étrangères, et l’Institut français ont créé SafirLab.

Ce programme soutient depuis 2012 des initiatives montées par des entrepreneurs et artistes arabes. Au départ, il venaient du Maroc, de la Tunisie, de la Libye, de l’Égypte, de la Jordanie et du Yémen avant que le dispositif s’élargisse à des participants issus de l’Algérie, du Liban et de la Palestine.


Ateliers collectifs et tutorats personnalisés

Séance de travail SafirLab ©Vinciane Verguethen
Pour cette 5e édition, près de 250 dossiers ont été déposés. Seuls 22 ont été retenus. Chaque année, SafirLab sélectionne des projets portant sur l’éducation, les droits des femmes, les nouveaux médias ou encore des créations artistiqueS. Marianne Vidal-Marin travaille à l’Institut français où elle est en charge du programme. « Il faut que les projets soient existants la plupart du temps. Ils doivent répondre à des critères en termes de mobilisation de bénévoles, de recherche de financements et de modèle économique. Nous ne finançons pas, nous agissons dans le renforcement des compétences », explique-t-elle à Saphirnews.

Les participants, âgés de 20 à 30 ans, sont venus à Paris du 30 octobre au 13 novembre pour suivre la formation. Au programme : des ateliers collectifs et des tutorats personnalisés sur la conduite de projets, la recherche de financements, l’utilisation des médias sociaux, le media training, l’initiation au codage informatique, la prise de parole en public et autres. Des rencontres sont organisées avec des personnalités, institutions, médias et organisations de la société civile. Les jeunes ont ainsi pu échanger avec l’économiste Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix 2006, ou Jean-Marc Borello, fondateur et président du groupe SOS. « L’échange des bonnes pratiques et le dialogue se font non pas de manière descendante mais de façon partagée. Ce qu’ils retiennent, c’est aussi comment un autre participant d’un autre pays a réussi telle démarche dans un contexte particulier », témoigne Marianne Vidal-Marin.

Depuis 2012, une centaine de projets toujours en vie

©Vinciane Verguethen
Parmi les projets innovants de cette année, on peut noter « Bibliotram Qra Twsel » de la Marocaine Nayme Farah, qui consiste à faire la promotion de la lecture « comme vecteur du développement social et culturel » par l’installation de bibliothèques offrant des supports de lectures gratuits dans les tramways de Casablanca.

Le Jordanien Zeyad Khlifat présente « Aflami », un festival de courts métrages portant sur des thématiques sociales, réalisés par des jeunes qui auront suivi au préalable une courte formation sur la création cinématographique. La réalisatrice yéménite Baghdad Abdullah Ali Al-Qadri souhaite faire un film intitulé « La femme et le changement », qui traitera de la condition féminine au Yémen. Les projections seront suivies de débats sur la marginalisation des femmes.

Une fois la formation terminée, les projets continueront d’être accompagnés par SafirLab pendant un an. D’après les organisateurs, « environ une centaine de projets (ont été soutenus) depuis 2012. Ils sont tous encore en vie. Les participants deviennent des gens avec qui nos collègues dans les réseaux culturels français travaillent à l’étranger ». Les bénéficiaires contribuent ainsi, selon la responsable du dispositif, au « dialogue entre les cultures (qui) est au cœur de la mission de l’Institut français ».