Religions

Moines de Tibhirine : musulmans et chrétiens main dans la main pour saluer leur mémoire

Rédigé par | Vendredi 16 Septembre 2016 à 19:00

Vingt ans après le tragique assassinat de sept moines catholiques à Tibhirine pendant la guerre civile algérienne, catholiques et musulmans se retrouvent samedi 17 septembre à Lyon pour « célébrer la fraternité ». Un événement qui prend un sens tout particulier, deux mois après la mort du père Jacques Hamel, tué dans son église à Saint-Etienne-du-Rouvray.



« C’est une initiative pour le rapprochement des cœurs », répond Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon, lorsque Saphirnews lui demande de définir l’événement qu’il prépare. Samedi 17 septembre, alors que s’ouvriront les Journées du Patrimoine, la mosquée lyonnaise proposera une prière œcuménique à 14h30, ouverte à toutes et à tous en l’honneur des sept moines de Tibhirine. Ces hommes de foi, enlevés, assassinés puis décapités, sont un des symboles de la violence de la guerre civile qui a marqué l’Algérie des années 1990.

Pour Kamel Kabtane, cette manifestation n’est pas seulement en l’honneur des moines mais de toutes les victimes algériennes car « les moines de Tibhirine font partie du peuple algérien au même titre que les 250 imams tués par le terrorisme ». « J’aimerais que ceux qui parlent de violence se rendent compte qu’elle n’a pas de religion », conclut cependant Kamel Kabtane.


La basilique de Fourvière sera, à partir de 17h30, le théâtre de la suite de l’hommage. Une messe solennelle en l’honneur des martyrs d’Algérie sera présidée par le cardinal Philippe Barbarin. Cette cérémonie religieuse se fera en présence du frère Thomas Georgeon qui défend le procès en béatification des moines de Tibhirine auprès du Vatican. Monseigneur Desfarges, administrateur apostolique d’Alger et évêque de Constantine, ainsi que Monseigneur Vesco, évêque d’Oran honoreront également la procession de leur présence.

Dans les jardins de l’archevêché, un banquet intitulé « Le lien de la Paix, Ribat Essalam » viendra conclure une journée qui promet d’être riche en émotion. Au menu : un couscous pour 400 personnes, pour la plupart acteurs du dialogue interreligieux dans la région lyonnaise. Sept statues de l'artiste Anne Deltour, symbolisant les moines assassinés il y a 20 ans, y trône depuis juin 2016.

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