Sur le vif

Marine Le Pen relaxée pour injure publique envers une femme musulmane

Rédigé par Lina Farelli (avec AFP) | Mercredi 21 Janvier 2026



Marine Le Pen a échappé, mardi 20 janvier, à une condamnation pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion » envers une jeune femme musulmane qu’elle avait associée à « l’islam radical » en 2019. La cheffe de file du Rassemblement national (RN), actuellement en plein procès en appel sur l’affaire des assistants parlementaires pour laquelle elle risque une peine d’inéligibilité, a été relaxée par le tribunal correctionnel de Paris, suivant les réquisitions du procureur en novembre pour qui les propos employés par Marine Le Pen s’inséraient dans « un débat d'idées ».

Retour sur l’affaire qui remontant à mars 2019. « L'Union européenne assume ses choix. (...) Pour nous, la promotion de l'islam radical c'est NON !! », avait écrit sur X la députée d'extrême droite avant les élections européennes, en relayant la photo d'une ancienne étudiante de l'Institut d'études politiques (IEP) de Bordeaux. Yasmine Ouirhrane, aujourd'hui âgée de 30 ans, avait alors été désignée « Jeune européenne de l'année 2019 » par la fondation allemande Schwarzkopf en récompense de son engagement pour l'égalité hommes-femmes et l'inclusion.

Pour le tribunal correctionnel, les termes choisis par la fille de Jean-Marie Le Pen « ne renvoient pas de manière évidente et objective au jihadisme, au terrorisme ou à des idéologies mortifères, mais uniquement à une pratique rigoriste de cette religion ». « Si une telle pratique fait l'objet de débats dans notre société, associer une personne à la pratique rigoriste d'une religion ne revêt (...) pas un caractère injurieux », a statué le tribunal lors du délibéré.

La plaignante n’en a évidemment pas la même interprétation. Le tweet de Marine Le Pen avait déclenché un flot de commentaires haineux, des insultes et de menaces de mort à son encontre, non sans laisser de profondes séquelles psychologiques sur Yasmine Ouirhrane. La vague de haine a été telle que la jeune femme, ne se sentant plus en sécurité, a choisi de ne plus porter le voile depuis quelques années, sans renier ses choix et engagements passés. Elle peut faire appel de la décision.

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