Il faudra bien, un jour, sortir de cette étrange mécanique politique. À chaque élection présidentielle, les musulmans de France semblent convoqués à la barre. On les interroge sur leur rapport à la République, à la laïcité, au voile, au halal, à l’islamisme, à l’immigration, au communautarisme, au terrorisme, à l’identité nationale. On leur demande de rassurer, de condamner, de préciser, de se justifier. On scrute leurs mots, leurs vêtements, leurs associations, leurs pratiques, parfois même leurs silences. Comme si être musulman en France impliquait de renouveler périodiquement son certificat de citoyenneté.
Cette situation mérite d’être regardée avec davantage de hauteur. Car la question n’est pas seulement de savoir ce que les musulmans pensent de la France. La question, plus exigeante, est de savoir ce que signifie être français lorsque l’on est musulman dans la France du XXIe siècle. Et cette question ne peut pas être abandonnée aux agendas successifs des campagnes présidentielles.
La République française ne demande pas à ses citoyens de partager une croyance. Elle leur garantit au contraire la liberté de conscience. La Constitution affirme que la France est une République laïque, qu’elle assure l’égalité devant la loi sans distinction de religion et qu’elle respecte toutes les croyances. La loi de 1905 garantit, elle aussi, la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, sous les restrictions prévues dans l’intérêt de l’ordre public.
Cela signifie quelque chose de très simple et pourtant considérable : la République n’a pas vocation à fabriquer des consciences identiques. Elle a vocation à organiser la coexistence de consciences libres dans un même espace politique. C’est précisément là que commence le véritable débat.
Cette situation mérite d’être regardée avec davantage de hauteur. Car la question n’est pas seulement de savoir ce que les musulmans pensent de la France. La question, plus exigeante, est de savoir ce que signifie être français lorsque l’on est musulman dans la France du XXIe siècle. Et cette question ne peut pas être abandonnée aux agendas successifs des campagnes présidentielles.
La République française ne demande pas à ses citoyens de partager une croyance. Elle leur garantit au contraire la liberté de conscience. La Constitution affirme que la France est une République laïque, qu’elle assure l’égalité devant la loi sans distinction de religion et qu’elle respecte toutes les croyances. La loi de 1905 garantit, elle aussi, la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, sous les restrictions prévues dans l’intérêt de l’ordre public.
Cela signifie quelque chose de très simple et pourtant considérable : la République n’a pas vocation à fabriquer des consciences identiques. Elle a vocation à organiser la coexistence de consciences libres dans un même espace politique. C’est précisément là que commence le véritable débat.
Une Nation ne se résume pas à ses polémiques
À force de réduire la présence musulmane en France à quelques sujets récurrents, on finit par produire une étrange représentation du réel.
Le musulman devient tour à tour une question migratoire, une question sécuritaire, une question vestimentaire, une question alimentaire, une question scolaire, une question démographique ou une question identitaire. Mais beaucoup moins souvent une question nationale.
On parle rarement de ce que les musulmans apportent à la France, de ce qu’ils transmettent, de ce qu’ils entreprennent, de ce qu’ils inventent, de ce qu’ils enseignent, de ce qu’ils soignent, de ce qu’ils construisent, de ce qu’ils créent, de ce qu’ils donnent à la collectivité. On parle encore moins de leur rapport intime à l’histoire de France.
Pourtant, une Nation n’est pas seulement constituée de controverses médiatiques. Elle est faite d’une langue, d’une histoire, d’une école, de paysages, de institutions, de services publics, de combats politiques, de souvenirs, de blessures, de conquêtes sociales, de droits et de devoirs. Elle est faite de ceux qui la font vivre.
La question fondamentale devrait donc changer. Il ne s’agit plus seulement de demander : « Les musulmans sont-ils suffisamment français ? » Mais : « Comment les citoyens français de confession musulmane prennent-ils part au destin commun ? »
Le déplacement est immense. Dans le premier cas, les musulmans restent placés sous le regard de la Nation. Dans le second, ils deviennent pleinement sujets de la Nation.
Le musulman devient tour à tour une question migratoire, une question sécuritaire, une question vestimentaire, une question alimentaire, une question scolaire, une question démographique ou une question identitaire. Mais beaucoup moins souvent une question nationale.
On parle rarement de ce que les musulmans apportent à la France, de ce qu’ils transmettent, de ce qu’ils entreprennent, de ce qu’ils inventent, de ce qu’ils enseignent, de ce qu’ils soignent, de ce qu’ils construisent, de ce qu’ils créent, de ce qu’ils donnent à la collectivité. On parle encore moins de leur rapport intime à l’histoire de France.
Pourtant, une Nation n’est pas seulement constituée de controverses médiatiques. Elle est faite d’une langue, d’une histoire, d’une école, de paysages, de institutions, de services publics, de combats politiques, de souvenirs, de blessures, de conquêtes sociales, de droits et de devoirs. Elle est faite de ceux qui la font vivre.
La question fondamentale devrait donc changer. Il ne s’agit plus seulement de demander : « Les musulmans sont-ils suffisamment français ? » Mais : « Comment les citoyens français de confession musulmane prennent-ils part au destin commun ? »
Le déplacement est immense. Dans le premier cas, les musulmans restent placés sous le regard de la Nation. Dans le second, ils deviennent pleinement sujets de la Nation.
Il faut cesser de confondre citoyenneté et conformité culturelle
Être citoyen français ne signifie pas avoir une manière obligatoire d’être français. La République fixe des règles communes. Elle impose la loi. Elle protège les libertés. Elle organise l’espace public. Elle définit les conditions de la citoyenneté. Mais elle ne devrait pas avoir besoin d'un modèle culturel unique pour reconnaître ses citoyens.
La France peut être une et diverse sans devenir une juxtaposition de communautés. C’est précisément la force de l’universalisme républicain lorsqu’il est compris dans son sens le plus exigeant : l’individu est reconnu comme citoyen avant d’être assigné à une origine, une religion, une communauté ou une identité particulière. Cette exigence vaut pour tous. Elle vaut donc aussi pour les musulmans.
Mais elle impose une réciprocité. Les musulmans ne peuvent pas réclamer que la République leur garantisse l’égalité tout en considérant que les règles communes ne s’appliquent pas à eux. Et la République ne peut pas proclamer l’égalité tout en demandant à certains citoyens de démontrer sans cesse qu’ils méritent d’en bénéficier. L’universalisme n’est pas un droit à sens unique. C’est une exigence commune.
La France peut être une et diverse sans devenir une juxtaposition de communautés. C’est précisément la force de l’universalisme républicain lorsqu’il est compris dans son sens le plus exigeant : l’individu est reconnu comme citoyen avant d’être assigné à une origine, une religion, une communauté ou une identité particulière. Cette exigence vaut pour tous. Elle vaut donc aussi pour les musulmans.
Mais elle impose une réciprocité. Les musulmans ne peuvent pas réclamer que la République leur garantisse l’égalité tout en considérant que les règles communes ne s’appliquent pas à eux. Et la République ne peut pas proclamer l’égalité tout en demandant à certains citoyens de démontrer sans cesse qu’ils méritent d’en bénéficier. L’universalisme n’est pas un droit à sens unique. C’est une exigence commune.
La laïcité n'est pas un interrogatoire
Il existe ici un malentendu qu’il faut avoir le courage de dissiper. La laïcité n’est pas l’obligation pour le croyant de devenir invisible. Elle n’est pas davantage une invitation faite à l’État de surveiller la profondeur de la foi de ses citoyens.
Elle organise la séparation entre les cultes et l’État, protège la liberté de conscience et garantit un cadre commun. Elle protège le croyant. Elle protège celui qui ne croit pas. Elle protège celui qui change de religion. Elle protège celui qui renonce à toute religion. Et elle protège également l’État contre la tentation de devenir l’arbitre des consciences.
La République n’a donc pas besoin de savoir si un musulman croit « suffisamment » à la France. Elle a besoin de savoir s’il respecte les lois de la République et s’il accepte le cadre démocratique commun. C’est autrement plus précis. Et autrement plus républicain.
Elle organise la séparation entre les cultes et l’État, protège la liberté de conscience et garantit un cadre commun. Elle protège le croyant. Elle protège celui qui ne croit pas. Elle protège celui qui change de religion. Elle protège celui qui renonce à toute religion. Et elle protège également l’État contre la tentation de devenir l’arbitre des consciences.
La République n’a donc pas besoin de savoir si un musulman croit « suffisamment » à la France. Elle a besoin de savoir s’il respecte les lois de la République et s’il accepte le cadre démocratique commun. C’est autrement plus précis. Et autrement plus républicain.
Les musulmans doivent aussi sortir d'une posture défensive
Cette réflexion ne peut cependant pas être à sens unique. Les musulmans de France ont également une responsabilité. Ils ne peuvent pas accepter d’être enfermés dans le rôle permanent de ceux auxquels il faudrait expliquer la République. Mais ils ne doivent pas davantage se définir exclusivement à travers le regard que la société porte sur eux.
Il existe une forme de piège dans lequel chacun finit par jouer le rôle que l’autre lui assigne. À force d’être interrogé sur son identité, on finit par ne parler que de son identité. À force d’être soupçonné de communautarisme, on finit parfois par organiser sa parole autour de la défense de sa communauté. À force d’être sommé de répondre à la question « êtes-vous français ? », on risque de laisser cette question devenir le centre de son existence civique.
Il faut sortir de cette logique. La citoyenneté musulmane ne peut pas être seulement une citoyenneté qui réclame sa reconnaissance. Elle doit être une citoyenneté qui propose, participe, assume, construit et transmet.
Cela signifie connaître l’histoire de France. Comprendre ses institutions. Participer à la vie civique. Servir l’intérêt général. S’engager dans les associations, les entreprises, les syndicats, les collectivités, l’école, la culture, la recherche, la création. Former des générations qui ne se demandent pas constamment si elles sont suffisamment françaises, mais qui se demandent plutôt quelle France elles souhaitent contribuer à bâtir.
Il existe une forme de piège dans lequel chacun finit par jouer le rôle que l’autre lui assigne. À force d’être interrogé sur son identité, on finit par ne parler que de son identité. À force d’être soupçonné de communautarisme, on finit parfois par organiser sa parole autour de la défense de sa communauté. À force d’être sommé de répondre à la question « êtes-vous français ? », on risque de laisser cette question devenir le centre de son existence civique.
Il faut sortir de cette logique. La citoyenneté musulmane ne peut pas être seulement une citoyenneté qui réclame sa reconnaissance. Elle doit être une citoyenneté qui propose, participe, assume, construit et transmet.
Cela signifie connaître l’histoire de France. Comprendre ses institutions. Participer à la vie civique. Servir l’intérêt général. S’engager dans les associations, les entreprises, les syndicats, les collectivités, l’école, la culture, la recherche, la création. Former des générations qui ne se demandent pas constamment si elles sont suffisamment françaises, mais qui se demandent plutôt quelle France elles souhaitent contribuer à bâtir.
À force de demander ce qu'ils pensent de la France...
Voilà peut-être le renversement intellectuel dont nous avons besoin. À force de demander aux musulmans ce qu’ils pensent de la France, on finit par oublier de leur demander ce qu’ils veulent faire de la France.
La première question appartient à la logique du soupçon. La seconde appartient à la logique politique. La première regarde derrière. La seconde regarde devant. La première cherche une preuve d’appartenance. La seconde cherche une capacité de contribution. Et c’est peut-être là que se trouve le véritable enjeu pour les prochaines décennies.
La France n’a pas seulement besoin de musulmans « intégrés », selon une définition qui changerait au gré des campagnes électorales. Elle a besoin de citoyens. De citoyens qui prennent leur part aux débats, qui contestent lorsqu’ils le jugent nécessaire, qui entreprennent, qui enseignent, qui soignent, qui créent, qui votent, qui se présentent aux élections, qui servent l’État, qui participent à la vie de leurs quartiers et de leurs communes, qui transmettent à leurs enfants non pas une obsession de la différence, mais une conscience de leur responsabilité.
La première question appartient à la logique du soupçon. La seconde appartient à la logique politique. La première regarde derrière. La seconde regarde devant. La première cherche une preuve d’appartenance. La seconde cherche une capacité de contribution. Et c’est peut-être là que se trouve le véritable enjeu pour les prochaines décennies.
La France n’a pas seulement besoin de musulmans « intégrés », selon une définition qui changerait au gré des campagnes électorales. Elle a besoin de citoyens. De citoyens qui prennent leur part aux débats, qui contestent lorsqu’ils le jugent nécessaire, qui entreprennent, qui enseignent, qui soignent, qui créent, qui votent, qui se présentent aux élections, qui servent l’État, qui participent à la vie de leurs quartiers et de leurs communes, qui transmettent à leurs enfants non pas une obsession de la différence, mais une conscience de leur responsabilité.
Ne pas remplacer une assignation par une autre
Il faut également se méfier d’une autre tentation. Sortir de l’assignation au soupçon ne signifie pas fabriquer une nouvelle assignation identitaire. Les musulmans de France ne sont pas davantage une communauté homogène qu'ils ne sont une population étrangère à la Nation. Ils sont traversés par les mêmes différences sociales, générationnelles, philosophiques, politiques et culturelles que le reste de la population.
Il y a des musulmans conservateurs et progressistes, pratiquants et peu pratiquants, engagés et éloignés de la politique, populaires et bourgeois, urbains et ruraux, descendants de familles présentes en France depuis plusieurs générations ou arrivés plus récemment.
Il n’existe donc pas une seule manière musulmane d’être français. Et c’est très bien ainsi. Car la République n’a pas besoin d’une « identité musulmane française » parfaitement définie. Elle a besoin de citoyens libres.
Il y a des musulmans conservateurs et progressistes, pratiquants et peu pratiquants, engagés et éloignés de la politique, populaires et bourgeois, urbains et ruraux, descendants de familles présentes en France depuis plusieurs générations ou arrivés plus récemment.
Il n’existe donc pas une seule manière musulmane d’être français. Et c’est très bien ainsi. Car la République n’a pas besoin d’une « identité musulmane française » parfaitement définie. Elle a besoin de citoyens libres.
La présidentielle ne doit pas écrire leur histoire à leur place
C’est pourquoi les musulmans de France devraient se méfier des injonctions successives des campagnes présidentielles. Une campagne électorale cherche naturellement à produire des clivages, des catégories, des priorités et des électorats. Mais une Nation ne se construit pas en cinq ans, et encore moins au rythme des polémiques électorales.
Ce qui est présenté aujourd’hui comme « la question musulmane » sera peut-être demain remplacé par une autre obsession. Entre-temps, des générations auront grandi. Elles auront étudié dans les mêmes écoles. Travaillé dans les mêmes entreprises. Payé les mêmes impôts. Pris les mêmes transports. Servi dans les mêmes hôpitaux. Vécu les mêmes crises. Aimé les mêmes chansons. Supporté les mêmes équipes. Enterré leurs morts dans les mêmes cimetières. Et rêvé, comme tous les autres, d’un avenir meilleur pour leurs enfants. Voilà la Nation réelle. Elle est beaucoup plus complexe que le récit électoral qu’on tente périodiquement d’en faire.
Ce qui est présenté aujourd’hui comme « la question musulmane » sera peut-être demain remplacé par une autre obsession. Entre-temps, des générations auront grandi. Elles auront étudié dans les mêmes écoles. Travaillé dans les mêmes entreprises. Payé les mêmes impôts. Pris les mêmes transports. Servi dans les mêmes hôpitaux. Vécu les mêmes crises. Aimé les mêmes chansons. Supporté les mêmes équipes. Enterré leurs morts dans les mêmes cimetières. Et rêvé, comme tous les autres, d’un avenir meilleur pour leurs enfants. Voilà la Nation réelle. Elle est beaucoup plus complexe que le récit électoral qu’on tente périodiquement d’en faire.
La vraie question est ailleurs
La question musulmane en France ne devrait donc pas être : « Comment rendre les musulmans compatibles avec la République ? » Elle devrait être : « Comment faire vivre ensemble des citoyens différents dans une République qui demeure juridiquement et politiquement la même pour tous ? »
Cette question est plus difficile. Parce qu’elle ne permet pas de désigner éternellement un « problème ». Elle oblige chacun à regarder sa propre responsabilité.
Aux musulmans de prendre toute leur place dans la communauté nationale sans renoncer à leur liberté de conscience. À la République de garantir réellement l’égalité qu’elle proclame. Aux responsables politiques de ne pas transformer une partie des citoyens en sujet permanent de campagne. Et à tous les citoyens de comprendre qu’une Nation vivante n’est pas une Nation où tout le monde se ressemble.
C’est une Nation où des individus différents acceptent de partager suffisamment de choses essentielles pour construire un avenir commun. La France n’a pas besoin que les musulmans choisissent entre leur foi et leur patrie. Elle n’a pas non plus besoin que les musulmans soient assignés à leur religion. Elle a besoin qu’ils puissent être, simplement et pleinement, des citoyens français qui sont musulmans.
La foi relève de la conscience. La République relève du droit. La Nation relève de l’histoire et de la volonté de vivre ensemble. Et l’avenir relève de ce que nous déciderons d’en faire collectivement.
La véritable question n’est donc peut-être plus : « Les musulmans sont-ils français ? » Mais une question infiniment plus exigeante : « Nous, citoyens français, que voulons-nous construire ensemble ? » C’est à cette question qu’une Nation adulte devrait enfin accepter de répondre.
*****
Youssouf Omarjee est membre fondateur du collectif Musulmans engagés pour le respect et la concorde par l'inclusion dans l'île de La Réunion (Merci 974).
Lire aussi :
Pour une France intelligente qui fait de la fraternité l'une des armes les plus nobles de la République
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Aux musulmans de prendre toute leur place dans la communauté nationale sans renoncer à leur liberté de conscience. À la République de garantir réellement l’égalité qu’elle proclame. Aux responsables politiques de ne pas transformer une partie des citoyens en sujet permanent de campagne. Et à tous les citoyens de comprendre qu’une Nation vivante n’est pas une Nation où tout le monde se ressemble.
C’est une Nation où des individus différents acceptent de partager suffisamment de choses essentielles pour construire un avenir commun. La France n’a pas besoin que les musulmans choisissent entre leur foi et leur patrie. Elle n’a pas non plus besoin que les musulmans soient assignés à leur religion. Elle a besoin qu’ils puissent être, simplement et pleinement, des citoyens français qui sont musulmans.
La foi relève de la conscience. La République relève du droit. La Nation relève de l’histoire et de la volonté de vivre ensemble. Et l’avenir relève de ce que nous déciderons d’en faire collectivement.
La véritable question n’est donc peut-être plus : « Les musulmans sont-ils français ? » Mais une question infiniment plus exigeante : « Nous, citoyens français, que voulons-nous construire ensemble ? » C’est à cette question qu’une Nation adulte devrait enfin accepter de répondre.
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Youssouf Omarjee est membre fondateur du collectif Musulmans engagés pour le respect et la concorde par l'inclusion dans l'île de La Réunion (Merci 974).
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