Sur le vif

Le mur des Lamentations est-il musulman ? L'Unesco en débat

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 23 Octobre 2015 à 13:48



Voilà une épineuse question à laquelle a dû s'attaquer l’organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) mercredi 21 octobre. L’organe onusienne devait se pencher sur une résolution déposée par six pays arabes dénonçant les agissements d'Israël contre les Palestiniens.

L’Algérie, l’Egypte, le Koweït, le Maroc, la Tunisie ainsi que les Emirats arabes unis ont déposé un texte prévoyant la condamnation de la politique israélienne à Jérusalem mais aussi le rattachement du mur des Lamentation à la mosquée al-Aqsa, rendant l'ensemble lieu saint musulman.

Le monument le plus vénéré des juifs se situe en contrebas de l’Esplanade des mosquées. Accolé à la mosquée Al-Aqsa, le lieu est même appelé par les musulmans la place al-Buraq.

Une proposition expurgée de la résolution

L’Unesco a donné satisfaction aux pays arabes mais sur un point. La résolution adoptée mercredi « condamne fermement les agressions israéliennes et les mesures illégales limitant la liberté de culte et l'accès des musulmans au site sacré de la mosquée Al-Aqsa ».

Elle dénonce également les « irruptions persistantes d'extrémistes de la droite israélienne sur le site » et exhorte l’Etat hébreu de « prendre les mesures nécessaires pour empêcher les agissements provocateurs qui violent son caractère sacré ».

Par contre, elle a botté en touche en ce qui concerne la question du mur des Lamentations. L’Unesco a fini par expurger ce point de la résolution. Le texte a recueilli 26 voix en sa faveur, tandis que six délégations ont voté contre (les États-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la République tchèque et l’Estonie), 25 se sont abstenues dont la France, et une dernière était absente au moment du vote, selon des sources diplomatiques.

La directrice générale de l’Unesco, la Bulgare Irina Bokova, avait elle-même fait part de son inquiétude. Elle avait déploré les initiatives susceptibles d’être « perçues comme des modifications au statut de la vieille ville de Jérusalem et de ses remparts ». Elle avait appelé le Conseil à « prendre des décisions qui n'alimentent pas davantage les tensions sur le terrain ».

Le gouvernement israélien était furieux en apprenant la requête initiale. Il avait dénoncé « une tentative honteuse et trompeuse de réécrire l’Histoire ». Un travers pourtant bien connu du Premier ministre Netanyahou.

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