Sur le vif

Le ministre israélien Itamar Ben Gvir interdit du territoire français

Rédigé par Lina Farelli | Dimanche 24 Mai 2026



Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé samedi 23 mai l'interdiction du territoire français au ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, en raison de ses « agissements inqualifiables » à l'égard des passagers de la flottille pour Gaza.

La décision intervient quatre jours après la diffusion par le ministre d'extrême droite israélien d'une vidéo montrant les militants de la flottille Global Sumud agenouillés, mains liées, sur le pont d'un navire de la marine israélienne. « Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous », lançait Ben Gvir face à des dizaines de militants prostrés au sol, dans des images publiées sur les réseaux sociaux du ministre, avec l'hymne national israélien en fond sonore.

Peu après la publication de la vidéo et le tollé qu'elle a provoquée, Jean-Noël Barrot avait convoqué l'ambassadeur d'Israël à Paris pour « exprimer (son) indignation et obtenir des explications », qualifiant ces agissements d'« inadmissibles ». Paris durcit aujourd'hui sa réponse en passant des protestations diplomatiques à une mesure individuelle de portée concrète.

Par cette décision, la France rejoint le camp des pays européens ayant pris des sanctions personnelles contre le ministre israélien. La Slovénie a été en juillet dernier le premier pays de l'Union européenne à déclarer Itamar Ben Gvir et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, persona non grata, suivie par les Pays-Bas et l'Espagne. Le Royaume-Uni, l'Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande et la Norvège avaient déjà pris des mesures similaires en raison de ses incitations répétées à la violence.

Ce n'est pas le premier recours de Paris à ce type d'instrument : en février 2024, la France avait déjà interdit l'accès à son territoire à 28 colons israéliens « extrémistes » impliqués dans des violences en Cisjordanie occupée. Inculpé plus de 50 fois en Israël pour incitation à la haine et condamné en 2007 pour soutien à une organisation terroriste et incitation au racisme, Itamar Ben Gvir, leader du parti Force juive, est devenu en décembre 2022 ministre de la Sécurité nationale dans le gouvernement Netanyahou. Sa mise en scène de la détention des militants pro-Gaza a suscité une condamnation rare, jusqu'au sein de son propre gouvernement.

Notons toutefois que la France est frileuse à ce jour d'appliquer le mandat d'arrêt délivré en novembre 2024 par la Cour pénale internationale (CPI) contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, si ce dernier se rendait en France, ce à quoi les ONG et les associations de défense des droits des Palestiniens appellent fermement face aux agissements criminels d'Israël contre Gaza.

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