Sur le vif

Le métro londonien recouvert d'affiches anti-Israël

Rédigé par La Rédaction | Mardi 23 Février 2016 à 18:11



Des millions de Londoniens ont aperçu, lundi 22 février, des affiches dénonçant la politique de l'État d'Israël contre les Palestiniens dans le métro.
Près de 150 fausses affiches publicitaires dénonçant les politiques répressives de l’État d’Israël à l'encontre des Palestiniens ont été collées dans les quatre lignes du métro londonien. C’est le résultat d’une opération du London Palestine Action qui a recouvert, dimanche 21 février, les espaces publicitaires des wagons avec diverses affiches, a-t-on appris cette semaine.

Parmi elles, la photo d'une maison détruite avec pour slogan : « Ceci n’est pas Gaza. Ceci est Jérusalem. Israël a démoli 1177 maisons palestiniennes dans la partie occupée de Jérusalem-Est en 2014. »

On retrouve, entre autres, la photo d’un brancard escorté par des soldats israéliens avec, pour en-tête, cette question « Pourquoi la BBC fait des reportages biaisés en faveur d’Israël ? », accompagnée d’une citation d’un ancien correspondant de la chaîne déclarant : « Nous sommes habitués au fait que, dans la rédaction de la BBC, une vie israélienne vaut plus que les vies d’un nombre infini de Palestiniens. » Une autre affiche dénonçant la société britannique G4S chargée d'équiper les prisons israéliennes a aussi été placardée.

Le London Palestine Action, dénonce les reportages biaisés de la BBC.
Cette opération coïncide avec le début de l’Israeli Apartheid Week, qui se veut une semaine de lutte contre la politique colonialiste d'Israël, organisée du 22 au 28 février en Grande-Bretagne.

Dans un communiqué envoyé au site The Electronic Intifada, les activistes expliquent qu’« Israël et ses soutiens utilisent les médias mainstream pour rabâcher leurs arguments. Notre action a pour but de mettre en lumière le soutien qu’Israël reçoit de la part du gouvernement britannique, de l’industrie des armes et des entreprises telles que G4S (NDLR : Compagnie de sécurité privée). Mais aussi de la part de la BBC et sa tendance maladive à produire des reportages biaisés ».

Une affiche contre G4S, qui sécurise les prisons israéliennes dans lesquelles sont détenus plus de 500 enfants palestiniens sans procès.
Dans la matinée du lundi, la Transport for London (TFL), qui gère le métro de la capitale, a annoncé avoir retiré toutes les affiches. Elles ont cependant été vues en heure de pointe par plusieurs millions d’utilisateurs du réseau puis commentées sur les réseaux sociaux. « Ce sont des actes de vandalisme qui ont pour but de miner les relations de la Grande-Bretagne avec Israël », a réagi le porte-parole de l’association London Jewish Forum dans les colonnes du Huffington Post.

La semaine précédente, le gouvernement britannique a promulgué une loi interdisant aux entreprises du secteur public de participer aux opérations de boycott des produits israéliens. Les services de santé, les municipalités et les universités ne pourront plus boycotter au risque de devoir payer des amendes.

Face à ce coup d’arrêt, le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) en Grande-Bretagne dénonce « une grave erreur, similaire à celle de Margaret Thatcher soutenant inconditionnellement l’apartheid sud-africain ».