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Sur le vif

Une conférence pour dénoncer l'apartheid israélien interdite à Paris 8

Rédigé par La Rédaction | Lundi 9 Mars 2015



Une conférence pour dénoncer l'apartheid israélien interdite à Paris 8
La conférence « Israel apartheid is real » devait se tenir ce lundi 9 mars à l’Université Paris 8-Saint-Denis pour dénoncer « la politique d’apartheid de l’Etat israélien ». La présidence de l'établissement en a décidé tout autrement, en annulant la veille du week-end la tenue de l’événement. Estimant la décision injustifiée, le Collectif Palestine Paris 8, organisateur de la conférence, a appelé au maintien de l’événement, et à la tenue d’un rassemblement contre la censure au sein de la faculté le jour même.*

Les motivations de la présidence de l’université pour annuler le meeting, organisé dans le cadre de l’Israeli Apartheid Week, la Semaine de l’Apartheid israélien, « n’ont jamais été claires », affirment les organisateurs. « La présidence de l'université a tantôt évoqué un manque de salle disponible, un intervenant (en la personne de Max Blumenthal, dont les textes sont pourtant publiés dans de nombreux journaux aux Etats-Unis) "controversé", une communication "non conforme", des risques de troubles à l'ordre public », dénonce le collectif dans un communiqué.

La décision de la présidence de l’université « bafoue le principe de liberté d’expression », clame le collectif, trois ans après l’interdiction d’un événement similaire en 2012. Surtout, il dénonce une liberté d’expression « à géométrie variable », alors que des affiches « Je suis Charlie » ornent toujours les murs de Paris 8.

Une liberté d'expression à géométrie variable dénoncée

« Dans le contexte actuel, interdire une telle conférence revient à s'aligner sur la politique de récupération des attentats des 7 et 9 janvier 2015, qui veut imposer définitivement une liberté d'expression à géométrie variable », font valoir les organisateurs du meeting, qui évoquent aussi des tentatives de censure « devenues systématiques » lors d’événements organisés ailleurs en France pour évoquer la politique coloniale d'Israël.

La présidence de l’université s’est défendue de toute « censure » auprès du Courrier de l’Atlas, et évoque des raisons de sécurité. Les organisateurs avaient demandé « une salle pour 50 personnes, pour un débat en interne. Le fait qu’ils aient communiqué à propos de l'événement sur les réseaux sociaux change la donne. Une telle communication de leur part nous fait penser qu’il y aura donc plus de monde que prévu et surtout des personnes extérieures à l’établissement. Il y a donc un risque à la sécurité. Je vous rappelle que nous sommes en plein Vigipirate », a expliqué la présidence.

Pour les organisateurs, l'invocation de « risques troubles à l'ordre public » n'est qu'un prétexte pour faire taire les critiques contre Israël. « Puisqu'elle préfère céder aux pressions et donner raison aux défenseurs de la politique israélienne, nous prenons de notre côté nos responsabilités », ont-ils souligné, en appelant, avec une quinzaine de collectifs, au maintien de la conférence et à un rassemblement au sein de la faculté « pour affirmer notre droit de parler de sujets "controversés", notre droit d'exprimer notre solidarité à l'égard du peuple palestinien, notre droit à l'auto-organisation et à l'indépendance du mouvement étudiant ».

« J’aurais imaginé que dans une université historiquement ancrée à gauche, on aurait le courage d’aborder de tels sujets controversés sans réflexe de censure », a fait savoir Jim Cohen, un enseignant qui a exercé à Paris 8, dans une lettre ouverte à la présidence de l'université. « Cet ordre d’annulation (…) paraît peu digne de l’héritage de Paris 8 tel que je le comprends. »

* Mise à jour lundi à 21h30 : Interdite dans un premier temps, la conférence organisée à Paris 8 dans le cadre de l'Israeli Apartheid Week a finalement été autorisée à se tenir dans l'enceinte de l'université. Près de 150 personnes ont assisté au meeting, en présence du Palestinien Bilal Afandi, de la campagne BDS en Palestine, et au journaliste américain Max Blumenthal.

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