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Société

Paris 8 : le juge des référés a tranché, le colloque sur Israël maintenu, l'université ferme

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Samedi 25 Février 2012

Le Collectif Palestine Paris 8, qui a décidé de contester devant le tribunal administratif la décision de la présidence de l'université de Saint-Denis, n'a finalement pas obtenu gain de cause, vendredi 24 février. Cependant, l'association compte organiser son colloque* dans les meilleures conditions possibles et va prochainement saisir le tribunal au fond.



Paris 8 : le juge des référés a tranché, le colloque sur Israël maintenu, l'université ferme
Le Collectif Palestine Paris 8 a souhaité voir la décision de la présidence de l'université de Saint-Denis cassée. Il n'a finalement pas obtenu gain de cause, vendredi 24 février, devant le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil.

Celui-ci a estimé que l'interdiction du colloque universitaire « Israël : un Etat d’apartheid ? » ne constituait pas une atteinte « grave » et « manifeste » des libertés d'expression et de réunion du fait de la mise à disposition d’une salle municipale afin de permettre la tenue des deux journées d'études.

L'association étudiante, qui estime ne pas avoir à « délocaliser » ses activités dans des locaux extérieurs, a refusé cette proposition. Bien qu'elle ait déclaré avoir « pris acte de la décision du juge des référés », elle a décidé de maintenir le colloque à Paris 8* lundi 27 et mardi 28 février, ajoutant que l’objectif des tables rondes est « d’entretenir et de développer les débats au sein de notre université ».

Un débat sur le fond attendu

« Le rejet du référé traite de l’urgence, mais laisse entier le débat sur le fond. Aucune loi et aucune décision de justice n’interdisent aujourd’hui à des étudiant-e-s d’inviter dans une université des chercheurs et des spécialistes du conflit opposant Israël aux Palestiniens pour y présenter leurs travaux et leurs opinions », a fait savoir le Collectif.

Dans son nouveau communiqué paru samedi, ce dernier annonce également qu'il attaque devant le tribunal administratif la décision du président de l’université « pour excès de pouvoir ». Une requête en ce sens devrait être déposée dès lundi.

Un grand meeting contre la censure en préparation

Reste à savoir quelle sera la réaction de la direction,* qui a pointé du doigt des « risques de trouble public », mis en exergue peu avant l'interdiction du colloque, par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNCVA). Un argument rejeté par le Collectif et ses nombreux soutiens. Celui-ci, qui existe depuis quatre ans et qui a déjà par le passé organisé des réunions publiques sur la Palestine à la faculté sans problèmes, estime que Paris 8 a cédé aux pressions de ces organisations pro-israéliennes.

Quelle que soit l'issue de ce colloque, un grand rassemblement contre la censure et pour la liberté d'expression se tiendra mercredi 29 février à la Bourse du travail de Paris en présence de Stéphane Hessel, d'Omar Barghouti, membre fondateur de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) et d'Ivar Ekeland, président honoraire du conseil scientifique de l’ENS et de l’Université Paris-Dauphine. Un meeting qui entend dénoncer les interdictions de conférences et autres événements traitant de la question palestinienne dans les universités françaises, dont ont fait l'objet Paris 8, l'ENS ou encore l'EHESS.







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