Sur le vif

Le CFCM vent debout contre les propos du recteur de la Grande Mosquée de Paris sur le voile

Rédigé par Lina Farelli | Mercredi 9 Septembre 2026



Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a vivement critiqué, lundi 8 septembre, les récentes déclarations de Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, sur la question du voile. Ses propos interviennent dans un contexte tendu, marqué par une proposition polémique du Rassemblement national (RN) visant à interdire le voile dans l'espace public.

C'est justement sur ce sujet que le recteur s'est exprimé dimanche 7 septembre sur France Inter, lors d'un échange avec le député RN Jean-Philippe Tanguy. S'il a rappelé son opposition à toute interdiction du voile dans l'espace public, Chems-Eddine Hafiz a toutefois interpellé son interlocuteur en ces termes : « Quand vous parlez de la lutte contre l'idéologie islamiste, pourquoi ne s'attaque-t-on pas à l'origine ? Pourquoi s'attaque-t-on à l'une des conséquences ? » Il s'est également dit prêt à « travailler ensemble » avec le RN pour lutter contre cette idéologie.

C'est précisément ce lien établi entre le port du voile et « l'idéologie islamiste » qui a fait bondir le CFCM. L'organisation estime que de tels propos, « pour le moins troublants », risquent de « contribuer à accréditer l'amalgame au cœur de la polémique portée par le Rassemblement national », celui qui présente le voile comme « un marqueur de l'islamisme » ou « la manifestation d’une idéologie extrémiste » pour en justifier l'interdiction.

Le CFCM rappelle également des déclarations antérieures du recteur, notamment en avril 2025, lorsqu'il avait affirmé, après les propos anti-voile tenus par Bruno Retailleau, lui avoir « dit déjà que le voile ne devait pas exister en France aujourd'hui ».

Face à « la multiplication des discours et des actes de stigmatisation visant les musulmans de France, et particulièrement les femmes musulmanes », le CFCM appelle les autorités religieuses à ne pas « servir de caution aux amalgames » et rappelle son attachement à la liberté de culte et au principe de laïcité, « fondements essentiels de notre société ».

Une autorité « aussi symbolique » que la GMP « doit défendre la liberté de conscience et la liberté religieuse avec constance, et refuser clairement toute confusion entre une pratique religieuse et une idéologie extrémiste que nous devons tous combattre ». « Imposer le port du voile par la contrainte ou vouloir contraindre une femme à le retirer constituent les deux faces d’une même logique. (…) Les femmes qui font librement le choix de porter le voile au quotidien, malgré les difficultés et les préjugés auxquels elles peuvent être confrontées, doivent pouvoir bénéficier de la pleine solidarité et protection de la République », signifie le CFCM, qui appelle les responsables politiques et religieux « à faire preuve de clarté, de responsabilité et de mesure ».

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