La Fondation de l'islam de France (FIF) traverse la plus grave crise de son existence. Un décret du mardi 11 août et publié au Journal officiel jeudi 13 août lui retire la reconnaissance d'utilité publique dont elle bénéficiait depuis dix ans, une décision qui fragilise directement son avenir.
Le texte, pris par le ministère de l'Intérieur, est d'une sobriété toute administrative. On peut y lire : « Par décret en date du 11 août 2026, est abrogé le décret du 5 décembre 2016 qui a reconnu comme établissement d'utilité publique la fondation dite "Fondation de l'islam de France". »
Cette abrogation n'est pas un simple geste symbolique. Le statut d'utilité publique permettait à la fondation de délivrer des reçus fiscaux avantageux à ses donateurs, particuliers comme entreprises, et constituait le socle juridique de son financement privé. Sa disparition intervient alors que la FIF alertait déjà, depuis plusieurs années, sur un manque chronique de mécénat et d'argent public, allant jusqu'à évoquer le risque d'une fermeture.
« Nous avons fait appel (...) à la générosité publique pour finir quelques projets et ça n’a pas été suffisant », a déclaré à l'AFP son président, Ghaleb Bencheikh, qui s’attendait, « à moins d’un miracle », au retrait du statut d’utilité publique, qui lui conférait « une dotation minimale de 1,5 million d’euros (...) et la présence de l’Etat au sein de son conseil d’administration ».
Fondée en 2016 sous l'impulsion de l'ancien ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, dans la foulée des attentats de novembre 2015, la FIF est une structure laïque, sans vocation cultuelle, chargée de soutenir des projets culturels, éducatifs et sociaux liés à l'islam, ainsi que la formation civile des imams et aumôniers. Présidée d'abord par Jean-Pierre Chevènement, elle est dirigée depuis 2018 par l'islamologue Ghaleb Bencheikh, réélu en 2021.
Lire aussi : Avec la FIF, Ghaleb Bencheikh plaide pour « que plus jamais le vocable islam ne soit synonyme d'épouvante »
Que va-t-il désormais advenir de la fondation ? Le retrait du statut d'utilité publique ouvre en principe la voie à une procédure de dissolution, sur le modèle de ce qui s'était produit pour son ancêtre, la Fondation des œuvres de l'islam de France (FOIF). Reste à savoir si un nouvel organisme pourrait, comme en 2016, recueillir l'héritage de la FIF, ou si c'est bien tout un pan de la politique publique envers l'islam de France qui se referme.
Lire aussi :
L'infrastructure avant la voix : l'impossible porte-parole de l'islam de France ?
Islam de France : une consultation nationale auprès des mosquées lancée pour bâtir une instance légitime
Ce qu'il faut savoir sur l'Institut français d'islamologie après son inauguration
Le texte, pris par le ministère de l'Intérieur, est d'une sobriété toute administrative. On peut y lire : « Par décret en date du 11 août 2026, est abrogé le décret du 5 décembre 2016 qui a reconnu comme établissement d'utilité publique la fondation dite "Fondation de l'islam de France". »
Cette abrogation n'est pas un simple geste symbolique. Le statut d'utilité publique permettait à la fondation de délivrer des reçus fiscaux avantageux à ses donateurs, particuliers comme entreprises, et constituait le socle juridique de son financement privé. Sa disparition intervient alors que la FIF alertait déjà, depuis plusieurs années, sur un manque chronique de mécénat et d'argent public, allant jusqu'à évoquer le risque d'une fermeture.
« Nous avons fait appel (...) à la générosité publique pour finir quelques projets et ça n’a pas été suffisant », a déclaré à l'AFP son président, Ghaleb Bencheikh, qui s’attendait, « à moins d’un miracle », au retrait du statut d’utilité publique, qui lui conférait « une dotation minimale de 1,5 million d’euros (...) et la présence de l’Etat au sein de son conseil d’administration ».
Fondée en 2016 sous l'impulsion de l'ancien ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, dans la foulée des attentats de novembre 2015, la FIF est une structure laïque, sans vocation cultuelle, chargée de soutenir des projets culturels, éducatifs et sociaux liés à l'islam, ainsi que la formation civile des imams et aumôniers. Présidée d'abord par Jean-Pierre Chevènement, elle est dirigée depuis 2018 par l'islamologue Ghaleb Bencheikh, réélu en 2021.
Lire aussi : Avec la FIF, Ghaleb Bencheikh plaide pour « que plus jamais le vocable islam ne soit synonyme d'épouvante »
Que va-t-il désormais advenir de la fondation ? Le retrait du statut d'utilité publique ouvre en principe la voie à une procédure de dissolution, sur le modèle de ce qui s'était produit pour son ancêtre, la Fondation des œuvres de l'islam de France (FOIF). Reste à savoir si un nouvel organisme pourrait, comme en 2016, recueillir l'héritage de la FIF, ou si c'est bien tout un pan de la politique publique envers l'islam de France qui se referme.
Lire aussi :
L'infrastructure avant la voix : l'impossible porte-parole de l'islam de France ?
Islam de France : une consultation nationale auprès des mosquées lancée pour bâtir une instance légitime
Ce qu'il faut savoir sur l'Institut français d'islamologie après son inauguration