Ujjain vit sous haute tension. Depuis lundi 28 septembre, une partie de la Shahi Masjid, une mosquée historique située dans le quartier de Chhatri Chowk, est en cours de démolition. L'objectif est d'élargir la chaussée en vue du Simhastha Kumbh Mela, un grand pèlerinage hindou qui se tient tous les douze ans et doit réunir des millions de fidèles en 2028. Selon l'imam de la mosquée, cité par The Wire, l'édifice daterait de 1390, ce qui en ferait l'un des plus anciens lieux de culte de la région.
Le projet dépasse largement la mosquée. D'après The Week, 272 bâtiments ont été désignés pour démolition afin d'élargir une artère de 730 mètres reliant Khajur Wali Masjid à Ganesh Chowk. La salle de prière, un minaret et plusieurs annexes de la Shahi Masjid figuraient parmi les parties visées.
L'affaire remonte au mois d'août. Selon la presse indienne, la municipalité d'Ujjain a adressé le 14 août une première notice aux responsables de la mosquée, suivie de plusieurs autres. Ces notices affirmaient qu'une partie de l'édifice gênait le chantier routier. Un premier recours devant la Haute Cour a été rejeté, les juges estimant que le pèlerinage exigeait davantage d'espace pour gérer l'afflux de visiteurs. Après des négociations avec l'administration du district, les responsables de la mosquée ont obtenu que seuls environ trois pieds, soit près d'un mètre, soient retirés, contre plus de sept pieds exigés initialement.
Ll'arrivée de bulldozers dans la nuit du 27 au 28 septembre a provoqué un rassemblement de plusieurs milliers de personnes. Les autorités attribuent cette mobilisation à des publications générées par l’intelligence artificielle, qui auraient fait croire à une destruction imminente. La police a dispersé, dans la matinée du lundi, la foule à l'aide de gaz lacrymogène. Les manifestants auraient lancé des pierres, et les charges policières qui ont suivi auraient fait au moins une douzaine de blessés. Plusieurs interpellations ont eu lieu.
Le même jour, le préfet du district, Roshan Kumar Singh, a annoncé un accord conclu dans la nuit avec des représentants de la communauté musulmane : les fidèles démoliraient eux-mêmes la partie concernée. Un habitant a confié à Al Jazeera la douleur d'avoir à démolir de ses propres mains une partie de sa mosquée. Les travaux se poursuivaient, mardi 29 septembre, sous étroite surveillance policière. Le chantier s'interrompt pendant les cinq prières quotidiennes. Le quartier a été bouclé pour éviter une résurgence des tensions.
Une manifestation organisée à New Delhi mardi 29 septembre a réuni plusieurs parlementaires et dignitaires musulmans. Le président de la Jamaat-e-Islami Hind a estimé que l'enjeu dépassait une seule mosquée et posait la question de l'État de droit. Le Madhya Pradesh est gouverné par le BJP, le parti nationaliste hindou du Premier ministre Narendra Modi. Son parti est accusé de mener une campagne contre les lieux de culte musulmans, et plusieurs États qu'il dirige ont démoli de nombreux sites musulmans ces dernières années.
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Le projet dépasse largement la mosquée. D'après The Week, 272 bâtiments ont été désignés pour démolition afin d'élargir une artère de 730 mètres reliant Khajur Wali Masjid à Ganesh Chowk. La salle de prière, un minaret et plusieurs annexes de la Shahi Masjid figuraient parmi les parties visées.
L'affaire remonte au mois d'août. Selon la presse indienne, la municipalité d'Ujjain a adressé le 14 août une première notice aux responsables de la mosquée, suivie de plusieurs autres. Ces notices affirmaient qu'une partie de l'édifice gênait le chantier routier. Un premier recours devant la Haute Cour a été rejeté, les juges estimant que le pèlerinage exigeait davantage d'espace pour gérer l'afflux de visiteurs. Après des négociations avec l'administration du district, les responsables de la mosquée ont obtenu que seuls environ trois pieds, soit près d'un mètre, soient retirés, contre plus de sept pieds exigés initialement.
Ll'arrivée de bulldozers dans la nuit du 27 au 28 septembre a provoqué un rassemblement de plusieurs milliers de personnes. Les autorités attribuent cette mobilisation à des publications générées par l’intelligence artificielle, qui auraient fait croire à une destruction imminente. La police a dispersé, dans la matinée du lundi, la foule à l'aide de gaz lacrymogène. Les manifestants auraient lancé des pierres, et les charges policières qui ont suivi auraient fait au moins une douzaine de blessés. Plusieurs interpellations ont eu lieu.
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Une manifestation organisée à New Delhi mardi 29 septembre a réuni plusieurs parlementaires et dignitaires musulmans. Le président de la Jamaat-e-Islami Hind a estimé que l'enjeu dépassait une seule mosquée et posait la question de l'État de droit. Le Madhya Pradesh est gouverné par le BJP, le parti nationaliste hindou du Premier ministre Narendra Modi. Son parti est accusé de mener une campagne contre les lieux de culte musulmans, et plusieurs États qu'il dirige ont démoli de nombreux sites musulmans ces dernières années.
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