Sur le vif

Après ses propos anti-islam, Mila présente ses excuses et porte plainte

Rédigé par Benjamin Andria | Jeudi 23 Janvier 2020 à 13:08



Une adolescente de 16 ans, originaire de l’Isère, est inondée d’insultes et de menaces de morts depuis la publication d’une vidéo dans laquelle elle lance des propos insultants envers l’islam.

Tout est partie, selon les déclarations de Mila, de l’attitude d’un abonné, qu’elle présume de confession musulmane, à son égard. Voulant la draguer, elle, qui est lesbienne, l’éconduit. Elle reçoit alors un florilège d’insultes, revêtant souvent un caractère homophobe, dont certaines invoquent « Allah ».

C’est alors qu’elle fait une vidéo sur Instagram, samedi 18 janvier, dans laquelle elle déclare sa détestation du Coran. « Il n'y a que de la haine là-dedans. L'islam, c'est de la merde, c'est ce que je pense », affirme-t-elle, avant d’ajouter : « Je ne suis pas raciste, pas du tout. On ne peut pas être raciste envers une religion. Votre religion, c'est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du c**, merci, au revoir. » « Je dis ce que je pense, j'ai totalement le droit et je regrette pas du tout », dit-elle également dans la vidéo que Saphirnews choisit de ne pas partager, au même titre que la photo de l'adolescente.

Une fois partagée sur Twitter par un internaute, la vidéo a circulé à grande échelle sur les réseaux sociaux, provoquant un torrent d’insultes et de messages menaçant envers Mila. Reconnue par des internautes, elle voit le nom de son lycée dévoilée, l’empêchant alors de revenir dans son établissement par peur d’être violentée.

« Je ne peux plus mettre un pied dans mon lycée », a-t-elle déclaré au site Bellica. Ce média n’est toutefois pas un webzine comme les autres, comme l'indique le magazine Têtu C'est un site d'extrême droite, fondé par Solveig Mineo, une figure du féminisme identitaire qui se revendique ouvertement « féministe blanche occidentaliste » avec un discours consistant principalement à tenter de démontrer que le sexisme et l’homophobie en France s’expliqueraient par l’immigration.

Mila le sait-elle ? Toujours est-il que ses propos ont, sans surprise, été exploités par l’extrême droite pour nourrir leur haine de l'islam et des musulmans.

Mila présente ses excuses et déplore la récupération de ses propos par l'extrême droite

Après avoir un temps « assumé » ses propos, Mila a choisi, jeudi 23 janvier, de présenter ses excuses. « J’ai parlé sous le coup de l’énervement, je sais que je suis une grande fille qui doit prendre ses responsabilités mais je reste un être humain qui se laisse dépasser par ses émotions », dit-elle dans un post sur Instagram. « Je m’excuse envers mes compatriotes musulmans et n’importe quel autre croyant. Je prends conscience de la stupidité de mes propos », ajoute-t-elle.

« En revanche, je crache sur l’extrême droite homophobe qui essaie de prendre ma défense alors que nous ne partageons rien. Vous n’êtes qu’un condensé de haine », conclut Mila, qui a déposé plainte. Une enquête pour « menaces de mort » a été ouverte par le procureur de Vienne qui l'a confié, selon France Bleu Isère, à la section des Recherches de la gendarmerie, compétente en matière de cybercriminalité.

Mise à jour : Le Conseil français du culte musulman (CFCM), nouvellement dirigée par Mohammed Moussaoui, s'est exprimé, jeudi 23 janvier, sur cette affaire. Ce que l'instance en dit.