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Sur le vif

Une requête judiciaire contre un document sur la radicalisation en milieu scolaire rejetée

Rédigé par | Mercredi 4 Janvier 2017



Une requête judiciaire contre un document sur la radicalisation en milieu scolaire rejetée
L’affaire qui remonte au mois de novembre 2014 avait fait grand bruit : l’académie de Poitiers avait distribué un document controversé sur la « prévention de la radicalisation en milieu scolaire ». Le tribunal administratif de Poitiers a rendu son verdict mardi 3 janvier, rejetant une requête déposée voilà deux ans par la Coordination contre le racisme et l’islamophobie (CRI).

L’association souhaitait l’interdiction du document car elle refusait d’accepter « la démarche infamante d’une administration de l’Etat qui stigmatise toute la communauté musulmane ». Le PowerPoint incitait les enseignants à détecter certains signes de radicalisation tels que la « perte de poids liée à des jeûnes fréquents », « une barbe longue non taillée (moustache rasée) », un « repli identitaire », une « exposition sélective aux médias » et « une rhétorique politique » sur les sujets ayant trait à la Palestine, à la Tchétchénie ou à l’Irak.

La justice a justifié le rejet de la requête par le caractère interne du document qui est « dépourvu de tout effet juridique » et ne comporte « aucune disposition impérative ». Selon le tribunal, le document « se borne à apporter des éléments d'information, pour maladroits qu'ils puissent être perçus, dont les chefs d'établissement peuvent tenir compte pour apprécier, au sein d'un faisceau d'indices, la situation individuelle d'un élève et se forger une opinion personnelle sur l'utilité d'un éventuel signalement d'un risque de radicalisation religieuse ».

La CRI ne fait pas appel

« On savait déjà que ce n’était pas un document public mais notre plainte les a amenés à en réduire la portée. Ils pensaient le généraliser mais notre réaction a tempéré leur élan », estime Abdelaziz Chaambi, président de la CRI, qui indique à Saphirnews que son association n’entend pas faire appel de la décision. « On va se contenter d'en rester là car on n'aura pas de chance d'obtenir plus vu le climat et la paranoïa entretenue », affirme-t-il, tout en dénonçant « une islamophobie institutionnelle » à travers cette affaire.

L’académie a précisé lors de la présentation du document en novembre 2014 qu’il a été conçu grâce aux contributions de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), du CNAPR (Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation) et du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI) de Dounia Bouzar. Cette dernière avait dénoncé « l’amalgame élaboré dans ce PowerPoint », ajoutant qu’« arrêter de stigmatiser, de discriminer, de considérer les citoyens de référence musulmane comme des gens "à part" est une des conditions de base pour désamorcer l’autorité des discours radicaux ».

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