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Société

Une Mosaïc d’idées dans un colloque

Rédigé par Sonia Carrère | Mercredi 4 Novembre 2009

« Ensemble, changeons la donne ! » Ce slogan n’est pas celui d’un homme politique en campagne, mais il a été le sujet de nombreux débats. Il s’agit du premier colloque national de la fédération Mosaïc, où, entre autres, sénateurs, recteurs de mosquée, philosophes se sont réunis le samedi 31 octobre, à Nice, pour parler de la citoyenneté et des Français de « sensibilité musulmane ». Retour sur ce grand jour pour Mosaïc.



Plus de 400 personnes ont assisté aux tables rondes organisées par Mosaïc, le 31 octobre, à Nice. Ici, la table ronde « Français et musulman »*.
Plus de 400 personnes ont assisté aux tables rondes organisées par Mosaïc, le 31 octobre, à Nice. Ici, la table ronde « Français et musulman »*.
Christian Estrosi, maire de Nice et ministre chargé de l’Industrie, foule le tapis rouge du Centre universitaire méditerranéen et se dirige vers le grand amphithéâtre. C’est son discours qui ouvre le premier colloque national de Mosaïc, la Fédération laïque des citoyens de sensibilité musulmane.

Après l’avoir décrite comme ayant « un enjeu historique », Christian Estrosi parle du « refus de certains musulmans à n’être que musulmans, alors qu’il leur faut être aussi Français ». Et durant toute la journée, il sera beaucoup question de cela.

Le public est au rendez-vous, et est même plus nombreux que prévu. Quand on jette un œil dans l’assemblée, on trouve un véritable melting-pot. Ici, on laisse ses préjugés à la porte, et on cherche à faire avancer les choses, « faire évoluer les idées », comme le dit Marouane Bouloudhnine, le président de Mosaïc. « Il suffit que tous, nous nous mettions au travail. »

Pour ce faire, des intervenants spécialisés dans l’islam et la citoyenneté débattent, autour de quatre tables rondes. Et on peut dire que les sujets sont sensibles, importants, mais difficiles à traiter. On parle de « Français et musulmans », de « Cohésion sociale », de « culture et laïcité » ou encore d’être « Tous responsables ». Lors de chaque table ronde, trois ou quatre personnalités exposent leur discours, une par une, puis répondent aux questions d’un public réactif, qui n’hésite pas à montrer son approbation en applaudissant les spécialistes.

« Nous voulons construire la France, dans le respect des lois de la République »

Parmi ceux qui reçoivent une véritable standing ovation, on retient Ghaleb Bencheikh, président de la Conférence mondiale des religions pour la paix. Peut-être est-ce dû au fait que M. Bencheikh est habitué à capter l’attention, puisqu’il est aussi le présentateur de l’émission « Islam » sur France 2, mais son charisme sait tenir le public en haleine, du début à la fin, lorsqu’il parle de l’islam dans la République.

Aziz Senni, président-fondateur du fond d’investissement Business Angels des Cités, connaît lui aussi un franc succès auprès de l’auditoire. Alors qu’il traite le sujet des banlieues, « une chance pour l’économie française », son naturel et sa simplicité touchent le public, friand de ses jeux de mots et de ses jolies comparaisons : « Une identité, c’est comme un oignon. Ça peut avoir plusieurs couches, et ça peut faire pleurer. »

Côté féminin, Bariza Khiari, sénatrice, fait fureur avec son slogan « La loi doit protéger la foi, la foi ne doit pas dicter la loi ». Fadila Mehal, présidente des Mariannes de la diversité, est aussi présente pour parler notamment de « la question de la femme en islam, très importante car elle est symbole d’intégration. En banlieue, il n’y a pas que des femmes voilées ou excisées. Elles évoluent avec leur spiritualité. Pour nous, la religion est une fenêtre sur l’univers [...]. La laïcité est une chance pour l’égalité des chances ».

Faire avancer le débat de la laïcité est aussi le but d’Abdel Aïssou, président du Conseil national des entreprises pour la banlieue et directeur général délégué de Randstad Verdiorbis. Pour « coexister ensemble », il s’agit, selon M. Aïssou, de « renvoyer à l’espace privé tout ce qui va dans la différenciation, c’est cela la laïcité ». Lors de la même table ronde, Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, met en avant un « islam de modération, pas un islam radical », et explique : « Nous ne voulons pas nous réfugier dans le communautarisme, le citoyen musulman est un citoyen comme un autre. »

Pour finir, c’est Éric de Montgolfier, procureur de la République, qui prend la parole avec son discours : « Celui qui sait est responsable de celui qui ne sait pas. »

Marouane Bouloudhnine établit sa conclusion de la journée, en considérant ce premier colloque national de Mosaïc comme étant « un point de départ, même s’il est décentralisé à Nice ». « Demain, ajoute-t-il, nous voulons construire la France, dans le respect des lois de la République. »



* Photo : (de g. à dr.) Robert Djellal, conseiller auprès du ministre de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale ; Bariza Khiari, sénatrice ; Christian Estrosi, ministre chargé de l’Industrie, maire de Nice, président de Nice-Côte d’Azur ; Marouane Bouloudhnine, président de Mosaïc ; Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris ; Mohamed Abdi, conseiller spécial de Fadela Amara ; Fayçal Douhane, président de l’association La France est en nous, directeur général adjoint de l’AMIF (Association des maires d'Île-de-France).



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