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Sur le vif

Tunisie : l’enseignement à la mosquée Zitouna reprend non sans polémiques

Rédigé par La Rédaction | Lundi 14 Mai 2012



Après une interruption forcée de 62 ans, la prestigieuse mosquée Zitouna (littéralement la mosquée de l’Olivier), située au cœur de la médina de Tunis, a relancé son enseignement.

Fondée au VIIe siècle, la mosquée a longtemps abrité une université islamique de très grande renommée dans le monde musulman au même titre que l’université d’Al-Azhar au Caire, fondée deux siècles après celle de Tunis, et ce jusqu’à l’arrivée au pouvoir du président Habib Bourguiba, qui a ordonné la fermeture de l’université dans le lieu de culte après l'indépendance de 1956.

L'enseignement, qui sera dispensé gratuitement aux élèves, est désormais ouvert aux élèves ayant validé leur scolarité primaire et comporte deux cursus sanctionnés, un sanctionné au bout de 4 ans par un brevet et l'autre au bout de 3 ans par un baccalauréat ouvrant la voie à des études supérieures de théologie à la Zitouna. La séparation de sexes sera de rigueur.

La cérémonie d’inauguration s’est déroulée dans l'enceinte du lieu de culte samedi 12 mai en présence de plusieurs personnalités, dont Rached Ghannouchi, leader d’Ennahdha, ainsi que les ministres de l'Enseignement supérieur, de l’Éducation et des Affaires religieuses.

La mosquée Zitouna « rayonnera à nouveau sur toute l’Afrique comme dans le passé », a déclaré Moncef Ben Salem, ministre de l’Enseignement supérieur. Noureddine Khademi, ministre des Affaires religieuses, a tenu à préciser que l'enseignement qui y sera dispensé n'est pas une alternative à l'éducation civile mais cherchera à la compléter.

Si la relance de l’enseignement dans la prestigieuse mosquée est accueillie avec bienveillance par les Tunisiens, une première polémique a déjà éclaté lors de l’inauguration. L’imam de la mosquée, Houcine al-Abidi, avant de céder la parole à M. Ghannouchi, s’est adressé à lui en utilisant la formule « Radia Allahou anhou » (« qu’Allah soit satisfait de lui »), une formule habituellement réservé aux compagnons du Prophète Muhammad.

L’emploi de cette expression n’est pas passé auprès d’une partie de l’assistance, qui a quitté la cérémonie, quelque peu perturbé auparavant par un groupe de salafistes qui ont tenté d'empêcher des membres de la presse d'entrer à la mosquée.


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