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Société

Saint-Valentin : les célibataires oubliés ? Le Web à leur secours

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Jeudi 14 Février 2013

Fêter ou pas la Saint-Valentin ? A cette question, les musulmans sont très nombreux à répondre par la négative : cette fête est une innovation (bid'a). Dans certains pays musulmans, le pouvoir religieux va même jusqu’à leur rappeler de ne pas fêter la Saint-Valentin. Cependant, avant de se poser la question de célébrer ou non cette fête de l’amour, encore faut-il trouver l’âme sœur.



Saint-Valentin : les célibataires oubliés ? Le Web à leur secours
A l’origine, la Saint-Valentin, en référence, dans la religion chrétienne, au saint patron des couples, est une coutume païenne romaine où des couples tirés au sort étaient invités à rester ensemble une année. Aujourd’hui, durant cette fête de l’amour fixée au 14 février, les amoureux sont invités à s’offrir des cadeaux pour se témoigner leur amour réciproque.

Donner de l’amour et de la tendresse à son ou sa bien-aimé(e) devrait surtout être un acte quotidien. Mais dans une société de plus en plus impersonnelle, il n'est pas chose aisée de faire LA rencontre qui changera sa vie. Pour preuve, le nombre de célibataires, estimé entre 16 et 18 millions de personnes, est en constante augmentation en France.

Les sites de rencontres séduisent les musulmans

Les musulmans ne sont pas épargnés par le fléau du célibat. Ce sont les femmes musulmanes qui « éprouvent plus de difficultés pour trouver un partenaire », constate l’Ifop à la suite d’un sondage réalisé pour Inchallah.com, un site de rencontres pour musulmans.

L’enquête, publiée en janvier 2011 et réalisée auprès d’un échantillon de 503 personnes, révèle que les musulmans font plus confiance aux sites de rencontres qui les ciblent que les modes de rencontres amoureuses traditionnelles pour trouver l’âme sœur. « Les sites de rencontre leur apparaissent plus appropriés pour trouver une personne de la même religion », notait l’Ifop. Ainsi, ils sont presque deux fois plus nombreux (39 %) à trouver les sites de rencontres approprié comparé aux bars et boîtes de nuit (20 %).

« Face à des modes de rencontres traditionnels jugés désuets ou inappropriés, les sites de rencontres communautaires leur apparaissent appropriés, notamment parce qu'ils leurs permettent d'élargir leur choix de partenaires potentiels, tout en leur garantissant un total anonymat », analyse l’institut de sondage.

Le succès est là. Ainsi, Mektoube.fr, site de rencontres destiné à la « communauté maghrébine et aux amoureux du Maghreb » revendique le million d’inscrits.

L'amour qui rime avec marketing

Les personnes pratiquantes ou de culture musulmane ne sont pas les seules à miser sur les sites de rencontres pour trouver l’amour. Un tiers des célibataires seraient ainsi inscrits sur un ou plusieurs sites de rencontres.

Depuis Meetic, lancé en 2002, les sites de rencontres ont envahi le Web. On en recense aujourd’hui 2 000. Le marché rapporte gros pour ses acteurs, avec un chiffre d'affaires annuel total de 122 millions d'euros, fin 2012. Le leader Meetic est même coté en Bourse. Et l’avenir de ces portails semble radieux. Le site Adopte un Mec, qui mise sur l’humour, table sur un chiffre d'affaires de 15 millions d'euros pour 2013, contre 9,4 millions d'euros en 2011, rapporte Challenges.

« Les sites spécialisés sont aujourd’hui des incontournables de la rencontre. Une myriade d’acteurs s’est d’ailleurs lancée sur le créneau, afin de capter une part de ce marché promis à un bel avenir », commente dans ce sens le cabinet d’expertise économique Xerfi. « Après la vague des sites généralistes, l’heure est à la segmentation, voire à l’hypersegmentation », ajoute-t-il, comme c’est le cas des sites de rencontres pour musulmans.

Ce marché du célibat est bien tentant pour les entreprises, qui proposent aussi d'autres services adaptés, tels des séjours faits sur mesure pour les célibataires. Mais une fois l’amour trouvé - Inchallah.com revendique 29 331 unions -, le business n'est pas fini pour autant. C’est le cas, lors de la Saint-Valentin, une journée mémorable pour les fleuristes.

La Française des Jeux (FDJ), elle aussi, surfe sur l’événement, en proposant une cagnotte de 7 millions d’euros pour son tirage de la Saint-Valentin, mercredi 13 février. Elle espère une augmentation des mises de 15 %. Un tirage à laquelle les musulmans sont aussi nombreux à refuser d'y participer, les jeux de hasard étant interdits en islam.

Seuls ou en couple, tout est fait par les chargés de marketing pour satisfaire leurs cibles et, surtout, créer des besoins pour les consommateurs.






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