Connectez-vous S'inscrire






Ramadan

Ramadan : avec l'iftar box, permettre aux nécessiteux d’avoir un repas

Rédigé par Imane Youssfi | Lundi 12 Juin 2017

L’iftar box a été lancé par l’Association cultuelle des musulmans de Courbevoie (ACMC) pour la première fois cette année. Ce sont chaque jour près d’une centaine de repas qui sont distribués à des jeûneurs dans le besoin grâce aux dons des fidèles. L’opération, lancée dès le début du mois de Ramadan, remporte déjà un franc succès.



Près de 1 500 iftar box sont distribués chaque semaine par la mosquée de Courbevoie pendant le mois du Ramadan. © ACMC
Près de 1 500 iftar box sont distribués chaque semaine par la mosquée de Courbevoie pendant le mois du Ramadan. © ACMC
Ramadan rime avec solidarité. A Courbevoie (Hauts-de-Seine), les musulmans ont trouvé une nouvelle façon de faire acte de charité envers les nécessiteux.

L'Association cultuelle des musulmans de Courbevoie (ACMC) s’est ainsi lancée dans la confection des iftar box pour le repas de rupture du jeûne. « Nous avons appelé au début du Ramadan la communauté à participer, à cotiser à cette initiative. C’est un budget qui est déterminé par l’association mais qui est financé par des dons comme des dons alimentaires », explique Norouda Benali, secrétaire générale de l’ACMC.

« L’idée, c’était d’avoir un iftar box qui contienne l’équivalent d’un repas qui tourne autour de 5 euros aujourd’hui », poursuit la jeune femme. Cette somme correspond à l’argent qui doit être versé quotidiennement par les personnes dans l’incapacité de jeûner, pour des raisons de santé notamment, afin de combler les jours du Ramadan non effectués.

Iftar solidaire à Courbevoie © ACMC
Iftar solidaire à Courbevoie © ACMC

Près de 700 box distribués par semaine

Pour que le projet puisse être une réussite, les responsables du lieu de culte ont misé sur la transparence du nouveau système, au travers d'une petite campagne d'information : « On a communiqué sur le sujet, on a expliqué pourquoi on préférait le faire de cette façon et pas comme les années précédentes. Les gens ont très bien pris le concept. »

Celui-ci a été soigneusement réfléchi : l’emballage, sous forme de sac en papier recyclable, permet à son utilisateur de pouvoir le réutiliser. Une bonne idée pour ce mois sacré qui préconise entre autres d’éviter tout gaspillage.

L’association prépare en amont un menu de base composé d’une bouteille d’eau et d’une bouteille de lait de chacune 50 cl, d'une bouteille de jus d’orange entre 20 et 25 cl (selon les arrivages), d’une petite boîte en plastique avec l’équivalent de 7 dattes, une pâtisserie orientale et un fromage. La box est ensuite complétée à la mosquée par un petit pain frais, réalisé par un boulanger du coin, un œuf dur, une crêpe feuilletée (msemen) ou une crêpe mille trous (baghrir) et un fruit. Le tout sans oublier la fameuse soupe chaude servie dans un contenant spécialisé. « On ne garde rien, tout ce qui arrive est redistribué », assure Norouda.

Des non-musulmans en profitent aussi

Les bénéficiaires ont deux possibilités : manger sur place avec d'autres jeûneurs ou emporter leur repas. Peu importe la religion, l’ACMC ne distingue pas la confession des personnes qui viennent chercher leur repas. « Certains nous ont posé la question en nous disant qu’ils n’étaient pas musulmans, on leur dit : "Ce n’est pas grave, venez prendre votre repas". (…) Nous, on distribue, on ne pose pas de questions. Les gens ont faim, on ne cherche pas à savoir si ce sont des gens qui font partie ou pas de la mosquée », nous explique la secrétaire générale de l’ACMC.

L’iftar box rencontre un franc succès. L’association peut se vanter d’en distribuer « en moyenne 95 et 100 box par jour » et « 700 par semaine ». D’autres responsables de mosquées, intéressés par le concept, sont venus rendre visite à l'ACMC pour voir de leurs propres yeux le fonctionnement de l’initiative, pour probablement l'importer.

Le concept est très récent mais n'est cependant pas nouveau. L’institut Ibn Badis à Nanterre (Hauts-de-Seine), avait distribué des iftar box lors des mois de Ramadan dès 2013. La collecte avait permis de financer leur mosquée et leur école privée.






Loading











Recevez le meilleur de l'actu