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Société

Ramadan 2012 : les JO de Londres, un défi pour les athlètes musulmans

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mardi 3 Juillet 2012

Hasard du calendrier, les jeux Olympiques d’été de Londres se tiendront cette année du 27 juillet au 12 août, en plein mois du Ramadan. Les milliers d’athlètes de confession musulmane qualifiés pour participer à la compétition et qui ont pour habitude d’effectuer leur mois de jeûne devront faire preuve de courage s’ils veulent concilier activité sportive et spiritualité. Ramadan ou pas, tous les sportifs seront logés à la même enseigne. Le comité d’organisation des JO en appelle à la vigilance des délégations pour éviter tout accident, en prenant le soin de mettre en place les services nécessaires afin que la pratique religieuse de l’islam – à l’instar des autres confessions – puisse se faire sans accrocs.



Ramadan 2012 : les JO de Londres, un défi pour les athlètes musulmans
Quelque 3 000 athlètes de confession musulmane sont attendus lors des jeux Olympiques de Londres le 27 juillet. Et une question devrait leur tarauder l’esprit : faudra-t-il manger ou jeûner durant la journée ? Car les JO se tiendront en plein mois du Ramadan, qui constitue pour les pratiquants l’un des cinq piliers de leur religion.

Tout le long du 9e mois du calendrier islamique, qui devrait débuter le 20 juillet, les musulmans sont appelés à ne pas manger ni boire – eau comprise – du lever au coucher du soleil. Pour les sportifs de haut niveau, se priver de nourriture en pleine compétition pendant la saison estivale peut affecter leurs performances, les désavantager sérieusement face à leurs concurrents, voire être dangereux pour leur santé.

Les musulmans ne cherchent pas de traitement spécial

Ce n’est pas la première fois que le mois du Ramadan coïncide avec les JO. « Ce n'est pas une question nouvelle. Pékin a tenu les jeux Paralympiques de 2008 pendant le Ramadan. Cette année, à la même période, le Royaume-Uni accueillera le Grand Prix Aviva de Londres (un meeting international d'athlétisme qui a lieu une fois par an dans la capitale britannique, ndlr) ainsi que les 3e et 4e tests-matchs Npower de cricket contre le Pakistan dans les terrains de Brit Oval et Lord’s », nous indique le service de communication du comité d'organisation des jeux Olympiques et paralympiques de Londres (LOCOG).

« Le LOCOG va aborder les dispositions pour le Ramadan d’une manière inclusive, en prenant en compte la présence de diverses croyances et pas uniquement l'islam. Tout au long du processus que nous avons entrepris jusqu'ici, nos collègues musulmans ont clairement fait savoir qu'ils ne cherchent pas un traitement particulier et qu’ils appuient cette approche. Nous sommes conscients que le Ramadan est un événement clé dont nous devons être au courant et que nous devons prendre en compte de façon positive mais nous ne voulons pas risquer l'isolement des autres groupes. (…) Le LOCOG doit adopter une approche multiconfessionnelle. C’est pourquoi il a mis en place un comité (consultatif, ndlr) de responsables religieux (Faith Reference Group) chargé de travailler sur de telles questions et fournir des conseils d'experts », dont fait partie le Conseil des musulmans de Grande-Bretagne (MCB), principale organisation musulmane du pays, explique-t-on.

Toutes les religions sur le même plan

Les jeux Olympiques antiques avaient lieu dans le cadre d'une fête religieuse en l'honneur de Zeus, le père des dieux et déesses grecs. Les athlètes offraient alors leurs prouesses sportives à leurs dieux. Depuis, les JO se sont modernisés et il convient maintenant aux organisateurs de gérer beaucoup plus qu’une religion dans un monde en perpétuelle connexion.

Preuve de son implication auprès de toutes les croyances, un centre multiconfessionnel regroupant les neuf grandes religions (christianisme, islam, judaïsme, bouddhisme, sikhisme, hindouisme, zoroastrisme, jainisme and bahaïsme) ainsi qu’un service d'aumônerie sera en place au sein du village olympique pour répondre aux attentes des quelque 17 000 athlètes et représentants officiels, 200 000 employés et bénévoles ainsi que les 20 000 journalistes mais aussi pour faire face aux éventuelles urgences (maladie, mort). A cet effet, 193 aumôniers ont été recrutés.

Quant à la pratique du Ramadan, le LOCOG laisse ainsi le soin à « chaque comité olympique national de conseiller leurs athlètes sur ce qu'ils peuvent faire ou pas en fonction de leurs demandes individuelles » mais il est préparé à l'arrivée de ce mois. Des packs de repas pour la rupture de jeûne seront disponibles pour les sportifs qui jeûneront, sans que le comité sache toutefois combien ils seront puisque « la phase des qualifications continue jusqu'à environ trois semaines avant l'ouverture des Jeux ». Les services de restauration au village des athlètes sera également ouvert 24 heures sur 24 afin que les jeûneurs soient en mesure de manger avant l'aube.

Les JO, motif suffisant pour ne pas jeûner ?

Rien ne nous dit que tous les sportifs musulmans vont jeûner. Si les athlètes de certaines délégations où le conservatisme religieux fait loi telles l’Iran, l’Arabie Saoudite et d’autres pays du Golfe seront tenus de jeûner, d’autres ont décidé de s’affranchir de cette obligation, aidés en cela par des avis religieux (fatwas) assimilant les athlètes participant aux JO à des voyageurs, qui sont dispensés d’observer le Ramadan et qui pourront rattraper les jours manqués au cours de l'année.

Toutefois, d'autres savants estiment en revanche que la rupture du jeûne pour cause de JO est volontaire, auquel cas l’athlète devrait se « racheter » en faisant acte d’expiation par trois solutions : pour chaque jour non jeûné, il devra jeûner 60 jours, nourrir 60 pauvres ou bien donner l’équivalent de la nourriture en argent. Si l’athlète ne jeûne pas durant les 30 jours, il devra alors – tenons-nous bien – jeûner 1 800 jours (soit près de cinq ans) ou bien nourrir au moins 1 800 pauvres. C’est le choix qu’a fait le rameur d’aviron britannique Moe Shibi, premier musulman impliqué dans cette discipline. Il a décidé d’offrir la nourriture à 1 800 démunis au Maroc pour un coût d’environ 1 250 €.

Libre aux athlètes désormais de choisir l'avis religieux qui correspond à leurs affinités.



Hanan Ben Rhouma


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