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Monde

Racisme : les Pays-Bas se lèvent contre Geert Wilders, l'anti-Marocain

Des centaines de plaintes contre le député islamophobe

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mardi 25 Mars 2014

Le député anti-islam Geert Wilders est dans la tourmente. Ses récents propos contre les Marocains ont suscité la colère de l'opinion publique, qui s'est décidée à agir massivement contre le chef de file du Parti pour la Liberté (PVV).



Des centaines de personnes se sont rendues, mardi 25 mars, au poste de police de Nimègue afin de porter plainte contre Geert Wilders. © Antoin Peeters/RTL Nieuws
Des centaines de personnes se sont rendues, mardi 25 mars, au poste de police de Nimègue afin de porter plainte contre Geert Wilders. © Antoin Peeters/RTL Nieuws
L'image du jour nous vient des Pays-Bas. Des centaines de personnes se sont rendues, mardi 25 mars, au poste de police de Nimègue (ouest) à l’appel de la municipalité et de son maire, Hubert Bruls, afin de porter plainte contre Geert Wilders pour discrimination, après ses propos outrageants contre les Marocains tenus le 19 mars.

Le leader du Parti pour la Liberté (PVV) avait demandé à ses électeurs s’ils voulaient « plus ou moins de Marocains dans leur ville » afin de réduire les « problèmes ». Ces déclarations ont été lancées devant ses partisans à l’annonce des résultats des élections municipales qui ont placé le PVV en seconde position à La Haye. « Moins, moins, moins ! », ont chanté ses électeurs. « Nous allons nous en charger », avait alors répondu Geert Wilders, avec le sourire et l'appui de l'assistance.

Les médias prennent position

Une vague de protestation s’est alors emparée du pays tout entier. Les plaintes des habitants de Nimègue cette semaine s'ajoutent à des centaines d'autres plaintes enregistrées les jours précédents aux Pays-Bas. Plusieurs centaines de personnes sont descendues dans les rues, samedi 22 mars, à Amsterdam, contre le racisme. Sur les réseaux sociaux, la protestation est très marquée. En quelques jours, la page « Je porte plainte contre Wilders » a engendré près de 100 000 likes.

Fait très rare, les médias ont pris fait et cause contre Geert Wilders. La télévision privée néerlandaise RTL Nieuws a pris publiquement position pour la première fois en 25 ans. Dans une lettre ouverte, son rédacteur en chef adjoint, Pieter Klein, a estimé que l’homme politique a « vraiment dépassé les bornes » tandis que le rédacteur en chef de la radio BNR, Sjors Fröelich, a indiqué comprendre maintenant les comparaisons entre Adolf Hitler et Geert Wilders. « Wilders manipule ses électeurs au détriment de tout un groupe de citoyens néerlandais aux origines marocaines. Il met effectivement à l'écart tous les Marocains du pays », a également concédé le journal populiste De Telegraaf, le plus lu du pays.

Geert Wilders assume son racisme

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a estimé que toute coopération politique de son parti avec le PVV est impossible tant que Geert Wilders maintient ses propos, qui ont par ailleurs fait réagir le Maroc. Le ministre chargé des Marocains résidents à l’étranger (MRE), Anis Birou, cité par Yabiladi, a fermement condamné les déclarations.

Plus fort encore, plusieurs députés et cadres du PVV ont quitté les rangs pour marquer leur indignation. Le départ le plus commenté est celui de Laurence Stassen, chef de file du parti au Parlement européen. Mais Geert Wilders persiste et signe : il ne regrette pas ses propos et ne s’excusera pas pour avoir « dit la vérité ». Sa position teintée de racisme et de xénophobie n'a rien de surprenant mais aura au moins eu le mérite de créer une opposition franche contre un homme qui, depuis plusieurs années, n’est pas avare en propos haineux, notamment contre les musulmans. Il n’a jusque là jamais été condamné pour ses sorties islamophobes. En s'attaquent aux Marocains, forte communauté aux Pays-Bas, Geert Wilders a perdu de son aura médiatique.






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