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Monde

Pays-Bas : le député anti-islam devant les juges

L'islamophobie sous couvert de liberté d'expression au tribunal

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Vendredi 22 Janvier 2010

Après plusieurs mois d’attente, le procès de Geert Wilders a enfin commencé mercredi 20 janvier. Poursuivi par la justice de son pays pour incitation à la haine raciale, l’auteur du film « Fitna », qui ne cesse de stigmatiser les musulmans depuis ses débuts en politique, verra ses propos analysés par le parquet d’Amsterdam.



Plus de 200 sympathisants de Geert Wilders ont manifesté leur soutien au député d'extrême droite devant le tribunal d'Amsterdam.
Plus de 200 sympathisants de Geert Wilders ont manifesté leur soutien au député d'extrême droite devant le tribunal d'Amsterdam.
Geert Wilders a-t-il ou non insulté les musulmans dans leur ensemble et incité à la haine et à la discrimination contre des personnes en raison de leur religion ? La question ne se pose même pas pour des millions de musulmans mais c’est ce qu’un tribunal hollandais déterminera d’ici à quelques mois. Le procès du chef du Parti pour la liberté (PVV), parti populiste, s’est ouvert mercredi 20 janvier à Amsterdam.

En cause : son film Fitna (« discorde » en arabe), un brûlot anti-islam, diffusé sur le Net en mars 2008, dans lequel il assimilait sans état d’âme le Coran au Mein Kampf d’Hitler et l’islam au fascisme. Des comparaisons qui ont indigné les musulmans dans le monde.

Depuis, Geert Wilders n’a toujours pas changé son fusil d’épaule, aimant à attaquer les musulmans dans leur intégrité et particulièrement les Marocains, qui constituent la communauté étrangère la plus importante des Pays-Bas.

Le parquet, qui avait une première fois statué en faveur du député d’extrême droite, est revenu sur sa décision l’an dernier après que la cour d’appel a été saisie par plusieurs plaignants.

Celle-ci avait dès lors estimé que « les idées contestées de Geert Wilders, également présentées dans son film "Fitna", constituaient une infraction criminelle selon la loi néerlandaise, tant sur le fond que sur la forme. (…) Des croyants musulmans ont été insultés par des comparaisons de l'islam avec le nazisme. (...) La cour considère que cela est à un tel point insultant pour la communauté musulmane qu'il est dans l'intérêt général de poursuivre M. Wilders ».

Les limites de la liberté d’expression au centre de ce procès

Le député d’extrême droite, qui se dit victime d’un « procès politique », n’a aucun doute sur l’issue de ce procès. « Je reste combatif et suis toujours convaincu que ce procès politique ne peut mener qu'à mon acquittement », a-t-il écrit sur son site Internet. Selon ses dires, les juges prononceront sa relaxe au nom de la sacro-sainte « liberté d’expression ». La même qui a poussé les caricaturistes danois à publier des images du Prophète Muhammad qui ont offensé la communauté musulmane.

A-t-on le droit de tout dire et de tout faire au nom de ses convictions ? Il ne va pas sans dire que toute liberté à ses limites. Les jeux ne sont pas faits. Le député encourt jusqu’à 15 mois de prison ou 7 600 euros d’amende.

Cependant, aucune peine d’inéligibilité ne devrait être prononcée contre lui. Son mandat de député n’est pas remis en cause. Ce procès pourrait bien renforcer sa côte de popularité, en forte augmentation depuis les élections européennes de juin 2008. Une victoire historique pour son parti qui avait alors obtenu neuf sièges au Parlement européen.

Son discours sur les dangers de l’islamisation de l’Europe a eu un large écho dans son pays et en Europe. Plus de 200 sympathisants ont d’ailleurs fait le déplacement au tribunal mercredi pour l’acclamer. Quelques dizaines de militants du Vlaams Belang, un parti flamand d’extrême droite, ont manifesté leur soutien au député devant l’ambassade des Pays-Bas en Belgique, malgré une interdiction des autorités locales.


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