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Monde

Norvège : un projet de mosquée au Pôle Nord échoue

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mardi 9 Novembre 2010

La Norvège a fait échouer un projet de mosquée à Tromsoe, une ville située au dessus du Cercle polaire, en refusant de donner son aval à ses modalités de financement qui prévoyaient une contribution saoudienne, a annoncé lundi 8 novembre le gouvernement norvégien, arguant sur le non-respect de la liberté religieuse en Arabie saoudite.



La mosquée de Tromsoe, au nord de la Norvège, devait voir le jour grâce à des capitaux saoudiens. Le gouvernement en a décidé autrement, invoquant les restrictions de la liberté de culte en Arabie Saoudite.
La mosquée de Tromsoe, au nord de la Norvège, devait voir le jour grâce à des capitaux saoudiens. Le gouvernement en a décidé autrement, invoquant les restrictions de la liberté de culte en Arabie Saoudite.

« Ce serait paradoxal et peu naturel d'approuver le financement émanant d'un pays où la liberté religieuse n'existe pas », a déclaré la porte-parole du ministère norvégien des Affaires étrangères, Ragnhild Imerslund, à l'AFP, à l’issue de l’annonce faite ce lundi d’interdire le financement saoudien à destination d’une future mosquée dans le nord du pays.

Contrairement à la France, la Norvège, qui compte sur son sol près de 100 000 musulmans sur les 4,7 millions d’habitants, autorise le financement des lieux de culte par des pays étrangers. Cependant, le débat autour de la situation des chrétiens d’Orient a refait surface ces derniers jours dans le pays.

La liberté de culte est restreinte dans le royaume saoudien. L’islam est la seule religion qui peut être publiquement pratiquée. Le pays interdit la venue de chefs religieux autres que musulmans, à l’instar des prêtres, empêchant les quelque 1,3 million de chrétiens, des travailleurs philippins pour la plupart, d’assister aux services religieux ou de recevoir des sacrements (baptêmes, communions, mariages…).

La construction d’églises ou de temples y est formellement interdite tout comme l’envoi de Bibles et autres livres religieux sous peine d’être accusé de prosélytisme. La présence de non-musulmans à La Mecque et à Médine est aussi proscrite.

Des relations diplomatiques au beau fixe

Selon les médias norvégiens, la mosquée de Tromsoe devait être financée à hauteur de 20 millions de couronnes (2,5 millions d'euros) par un riche homme d'affaires saoudien, Hamad al-Gamas. Toutefois, « le donateur a posé comme condition que les autorités norvégiennes approuvent le projet par écrit », a expliqué une responsable de la fondation religieuse Alnor Faith Society, Sandra Maryam Moe. « En l'absence d'une telle approbation, il était naturel de suspendre le projet », a-t-elle ajouté.

Les autorités norvégiennes ont aussi refusé en octobre d'apporter leur aval à un autre projet de mosquée, à Oslo, pour les mêmes raisons. « Nous avons la liberté de religion. Il s'agit de questionner les lois dans le pays d'où vient l'argent », avait alors déclaré le ministre norvégien des Affaires étrangères Jonas Gahr Store, qui se disait prêt à porter le débat au Conseil de l’Europe.

La Norvège aurait officiellement expliqué sa démarche au gouvernement saoudien lors d'une visite du vice-ministre des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, dans ce pays en octobre. Selon Mme Imersuld, les autorités saoudiennes en « ont pris note » et la coopération entre les deux pays reste malgré tout « extrêmement bonne. »

A en croire le site de l'ambassade norvégienne à Riyad, M. Eide a souligné, pendant sa rencontre, « le grand potentiel des entreprises norvégiennes en Arabie Saoudite, en particulier dans le secteur pétrolier, mais aussi pour les industries travaillant dans les énergies renouvelables. » Pour l'occasion, rien de paradoxal n'avait été signalé.

Le lieu de culte aurait été la mosquée la plus septentrionale au monde. Plus encore que la mosquée d’Inuvik, dans les territoires du Grand Nord canadien, en place depuis le 22 septembre dernier. Celle-ci sera inaugurée en grande pompe mercredi 9 novembre, nous a appris Hussain Guisti, directeur général de la Fondation Zubaidah Tallab, à l'origine du projet.







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