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Cinéma, DVD

Noé : pleins feux sur la création de l'humanité

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Mercredi 9 Avril 2014



Crédit photo : Niko Tavernise   © MMXIII Paramount Pictures Corporation and Regency Engtertainment (USA), Inc. All Rights Reserved.
Crédit photo : Niko Tavernise © MMXIII Paramount Pictures Corporation and Regency Engtertainment (USA), Inc. All Rights Reserved.
Au cinéma, vous aimez bien vous en prendre plein les yeux, tout en étant sensible à des personnages proches de la complexité psychologique de chacun. Le film Noé, qui sort dans les salles mercredi 9 avril, pourrait en cela vous plaire. Réalisé par Darren Aronofsky, il met en scène l’histoire mondialement connue du prophète Noé.

Cette superproduction hollywoodienne n’en reste pas moins une adaptation libre. Il ne faut donc pas espérer retrouver l’authenticité des récits biblique et coranique, qui, d’ailleurs, restent assez vagues sur l’œuvre de Noé. Aux Etats-Unis, des croyants chrétiens et juifs qui ont visionné le film en avant-première ont dénoncé un tel choix et plusieurs pays musulmans ont interdit sa projection en raison de la représentation d’un prophète. Toutefois, Darren Aronofsky peut se targuer d’offrir du spectacle, sans faire l’impasse sur la puissance émotive de personnages complexes.

Le réalisateur, qui a fait le choix de tourner en Islande, n'a pas lésiné sur les effets spéciaux – attendus et bienvenus – pour représenter des paysages dévastés ou magnifiés et, bien entendu, le déluge. Ce chaos est annoncé par Dieu à Noé. En colère contre les hommes qui ont perverti la Terre, le Créateur va ravager par les eaux (averse de pluies et eau sortant de terre) la planète et toute la population humaine qui y vit. Darren Aronofsky, qui s’est appuyé sur le texte de la Genèse, dépeint un châtiment qui touche l’humanité entière – contrairement à la tradition musulmane, qui relate le déluge comme étant une punition divine ne concernant que le peuple auprès duquel Noé transmettait le message de Dieu.

Dans le film, point de prêche. Mais Noé a toujours pour mission de construire une arche pour sauver un couple d’animaux de chaque espèce. L'entrée des animaux dans l’immense bateau offre des scènes à couper le souffle autant que l'apparition des anges déchus, créatures géantes qui apportent leur aide à Noé pour bâtir l'arche. Parmi les hommes, seule la famille de Noé, composée de sa femme, de leurs trois fils Sem, Cham et Japhet ainsi que de la jeune Ila, qu’ils ont recueillie enfant, doit y prendre place.

Sur le papier, le rôle de Noé offert à Russel Crowe, héros de Gladiator, pour lequel il reçu un Oscar, fonctionne. Sur l’écran aussi. Il incarne à merveille la force et le charisme d’un personnage qui a tout de même besoin de sa femme, jouée par Jennifer Connelly, pour ne pas sombrer et mieux comprendre le message que lui envoie Dieu. Les tourments psychologiques de Noé permettent de montrer que, malgré la mission prophétique qu"il se voit confier, il n’en reste pas moins un homme.

Son fils cadet Cham est, quant à lui, tout autant tourmenté. Comment être apaisé lorsqu’on est destiné à de ne pas pouvoir connaître l’amour et fonder une famille, tout en voyant son frère aîné en couple avec Ila (Emma Watson) ? L’adolescent rebelle, incarné par Logan Lerman, marque l’épopée. Son itinéraire entre le bien et le mal l’amène à aider le grand méchant de l’histoire, Tubal-Caïn. Celui-ci n’est autre que le descendant de Caïn, fils d’Adam et Eve, devenu le premier auteur d’un crime dans l’humanité en assassinant son frère Abel, d’après la tradition des trois religions monothéistes.

Des retours vers le passé et le tout début de la Création humaine ponctuent le film. Ces références sont posées comme un message pour l’humanité tout entière reliée par Dieu, que Noé ne veut pas trahir. Notons la présence d’Anthony Hopkins dans le rôle de Mathusalem, le grand-père de Noé. Il incarne la figure du vieux sage, dont nos sociétés individualistes auraient tort de se priver.

La noirceur du film comme son étiquette commerciale peuvent susciter des critiques chez certains ; mais les combats ultratestotéronés, les scènes quasi apocalyptiques rendues par les effets spéciaux et la teneur psychologique des personnages font de Noé, de Darren Aronofsky, un film grand spectacle et familial réussi. Pour ceux qui voient dans l'industrie du divertissement des occasions de s'interroger sur les questions existentielles, ce film peut avoir pour mérite de nous inviter à des réflexions sur le bien et le mal et sur notre place et notre rôle sur Terre.





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