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Société

Montpellier : un hôpital forcé de réagir contre l’islamophobie d'une patiente

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Vendredi 20 Décembre 2013



Montpellier : un hôpital forcé de réagir contre l’islamophobie d'une patiente
Une manifestation était organisée, jeudi 19 décembre, devant l'hôpital Saint-Eloi de Montpellier (Hérault). Entre 30 et 60 personnes sont venues apporter leur soutien à une patiente musulmane dénigrée par sa voisine de chambre sur Facebook.

Cette dernière, une certaine Erika, avait proféré des propos racistes et islamophobes à l’encontre de la femme musulmane. « Hôpital #voisine de chambre arabe #faire la prière avec la musique de moustafa #ausecoursssssss », avait-elle posté mercredi 18 décembre sur sa page Facebook avant de publier une photo de sa voisine prise à son insu. Elle avait poursuivi avec des propos insultants, la dénonçant de se lever « toutes les 4h pour faire sa prière avec sa musique de terroriste !! ».

Du jambon pour la musulmane

Certains de ses amis avaient également usé de propos islamophobes en lui proposant notamment de cacher « des bouts de jambon » dans le repas de la patiente musulmane. Mais d’autres « amis virtuels » d’Erika, outrés par de tels propos, ont choisi de les relayer, nous raconte Hakim Ouadi, un étudiant infirmier de Toulon (Var), qui a lancé la page Facebook « Pour que Erika F. soit condamnée pour ses propos racistes ». Celle-ci a déjà recueilli plus de 27 000 adhérents. Sur les réseaux sociaux, captures d’écran de son profil à l’appui, des musulmans se sont vite mobilisés.

Pris de remords, une amie d’Erika qui avait fait un commentaire raciste s’est excusée, toujours sur Facebook, indique Hakim qui ne manque pas de faire remarquer que les propos tenus par Erika à propos d'une supposée musique entendue lors de prières sont « incohérents ».
Capture d'écran du profil Facebook de la patiente islamophobe.
Capture d'écran du profil Facebook de la patiente islamophobe.

L'hôpital forcé de réagir

Un appel invitant les personnes choquées par les propos islamophobes tenus par la patiente à contacter l’hôpital avait été lancé. Il fut rapidement entendu. Pourtant, l'établissement hospitalier ne peut être rendu responsable de l'attitude xénophobe de ses patients. Mais face à l’afflux d’appels, Saint-Eloi a été forcé de réagir, faisant prendre à l'affaire une toute autre dimension : il a carrément enregistré sur son standard téléphonique un message vocal, sous forme de communiqué, disant condamner « fermement ces propos, qui ont été publiés sur une page personnelle, sans aucun lien avec l'hôpital et sous la seule responsabilité de leur auteur », constate la rédaction. « Le CHRU a demandé à la patiente de retirer ses propos de cette page » et « rappelle son attachement à l'accueil de tous les patients, sans aucune distinction », poursuit l'établissement dans ce communiqué.

En marge du rassemblement de jeudi, le personnel hospitalier à l’origine de cette initiative aurait rencontré le directeur de l’établissement qui aurait pris contact avec le procureur de la République, selon Hakim. A l’heure actuelle, on ne sait pas encore si la victime musulmane a l’intention de porter plainte. Une plainte justifiée par les propos racistes dont elle a été la victime, mais également par l'atteinte au droit à son image et à sa vie privée en étant photographiée à son insu.






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