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Monde

« Mangeur de bœuf » : un musulman assassiné, victime d'une rumeur en Inde

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Lundi 5 Octobre 2015

Le meurtre brutal d'un musulman de confession musulmane fait grand bruit en Inde depuis fin septembre. Un meurtre que les nationalistes hindous au pouvoir cautionnent.



A l'image, Mohammad Akhlaq, victime d'une rumeur le décrivant comme un consommateur de boeuf, pratique interdite chez les hindous.
A l'image, Mohammad Akhlaq, victime d'une rumeur le décrivant comme un consommateur de boeuf, pratique interdite chez les hindous.
Manger du bœuf peut valoir la mort en Inde pour des esprits étriqués. Des centaines de personnes ont lynché à mort un Indien de confession musulmane soupçonné d’avoir mangé du bœuf. Un drame née d'une rumeur lancée par un prêtre hindou local après la disparition d’une vache du village.

Cette terrifiante scène s’est déroulée à Dadri, dans l’Uttar Pradesh, Etat du nord-est du pays. Selon plusieurs témoignages, une foule en furie s’est rendue au domicile de Mohammad Akhlaq, 50 ans, d’où elles l’ont sorti de force avant de le lyncher dans la nuit du 28 septembre. Les secours sont arrivés trop tard pour lui. Le fils de la victime, âgé de 22 ans, a également été battu. Hospitalisé en soins intensifs, il est entre la vie et la mort.

Des violences cautionnées au BJP

La famille de la victime, en deuil, a affirmé n’avoir que du mouton dans leur domicile... Manger du bœuf est une pratique interdite dans l’hindouisme, religion majoritaire en Inde qui considère l’animal sacré. L’interdiction de toucher aux vaches est à l’origine de nombreuses violences à l’égard de musulmans dans des zones plus ou moins reculées d’Inde. Des violences qui ne sont pas condamnées par le BJP, le parti nationaliste hindou au pouvoir : il est même accusé de les inciter et ce, de longue date.

Selon la presse indienne, deux hommes ont été arrêtés samedi 3 octobre, dont le fils d’un leader local du BJP, accusé d’avoir incité le prêtre à faire l’annonce qui fut à l’origine du lynchage. Au total, dix personnes, dont certains ont aussi des liens avec le parti nationaliste, ont été arrêtées par la police.

Jusqu’à présent, le Premier ministre Narendra Modi n’a pas exprimé ses condoléances à l’égard de la famille tandis que le ministre de la Culture a déclaré que le meurtre de Mohammad Akhlaq était « un accident » et qu'aucun mouvement de colère n’avait été organisé. Des déclarations qui ont choqué les Akhlaq qui avait accueilli le ministre après la tragédie.

Le ministre en chef de l'État de l'Uttar Pradesh Akhilesh Yadav a annoncé, lors d’une visite auprès de la famille dimanche 4 octobre, qu’une assistance financière lui sera reversée pour lui permettre de faire face au drame. Surtout, l’homme politique, membre du Samajwadi Party (« Parti socialiste » en hindi), lui a assuré que justice lui sera faite avec le soutien de son gouvernement. C’est l’essentiel de la demande que les Akhlaq formulent, de même que les musulmans de Dadri qui vivent dans la crainte de nouvelles violences à leur égard.





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