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Religions

Malek Chebel : des hommages en nombre pour saluer sa mémoire

Rédigé par Samba Doucouré | Mardi 15 Novembre 2016



L’anthropologue des religions a été emporté par un cancer à l’âge de 63 ans dans la nuit du vendredi 11 au samedi 12 novembre. Reconnu pour son discours favorisant une vision libérale de l’islam, Malek Chebel a reçu les hommages jusqu'au plus haut sommet de l'Etat par le biais du Premier ministre Manuel Valls : « Malek Chebel, c’était l’islam des Lumières et la modernité. Son œuvre dit quel doit être notre ouvrage : bâtir l’islam de notre temps. » La Grande Mosquée de Paris est allée dans le même sens en saluant « un défenseur d’un "islam des Lumières" qui incarnait une vision ouverte et moderne d’un islam respectueux de la laïcité ».

De son côté, Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman, estime que la disparition de Malek Chebel est « une grosse perte pour l’ensemble des musulmans de France » car il proposait « une démarche innovante, une lecture contextualisée des préceptes de l’islam, de la conception, de la relation de l’homme au plaisir d’une manière générale ». En effet, le Franco-Algérien s’est distingué par une littérature abondante sur les questions de l’amour, du désir et de la sexualité en islam. Il a ainsi publié en 2006 Le Kama-Sutra arabe, un manuel d’éducation sexuelle.

La ministre de la Culture Audrey Azoulay parle de lui comme d'un « anthropologue infatigable » qui « s’attachait à une plus grande compréhension et à une meilleure connaissance de l’islam ». Malek Chebel est l’auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation. L’islam pour les nuls et Le Coran pour les nuls s’étaient arrachés dans les librairies en France à la suite des attentats contre Charlie Hebdo et l’HyperCasher. Il est aussi à l’origine de plusieurs livres de la collection des Dictionnaires amoureux tels que ceux sur l’Algérie ou les Mille et Une Nuits.

Un apport incontestable

Le président de l’Institut du monde arabe (IMA) Jack Lang le définit comme « un homme d’une immense érudition, d’une grande autorité morale ». Il ajoute que, « en cette période où les préjugés se multiplient, la parole solide, humaniste d’un homme comme lui manquera beaucoup ».

L’humoriste Yassine Belattar déplore la disparition d’un « grand frère » et « un progressiste qui s’est battu pour remettre du savoir au milieu de l’hystérie ». « Je me souviens qu’un jour où je lui parlais au téléphone, je lui ai dit : "Malek, j’ai du mal à écrire." " Change de stylo !" Sa réponse m’a fait rire car elle était limpide », a-t-il témoigné sur les réseaux sociaux.

L'islamologue Rachid Benzine, auteur de « Nour, pourquoi n’ai-je rien vu ? », a salué « une plume amie qui, à sa manière, essayait de nous sauver ».

L'Algérie qui a vu naître l’intellectuel accueillera son corps mardi 15 novembre, pour être enterré dans le carré familial des Chebel, à Menzel El Moudjahid, près de sa ville natale de Skikda.






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