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Sur le vif

Les diplômes n'effacent pas les discriminations à l'emploi des Maghrébins

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 11 Avril 2014



L’édition de la revue Économie et Statistique de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) parue jeudi 10 avril est consacrée aux discriminations dans le secteur de l’emploi. L’un des volets de l’étude, qui en rappelle d'autres, se focalise sur les discriminations dont sont victimes les jeunes issus de l'immigration.

Une qualification plus élevée peut-elle effacer ces discriminations ? C'est à cette question que ce point d’étude, intitulé « Discrimination à l’embauche des jeunes en Île‑de‑France : un diplôme plus élevé compense‑t‑il une origine maghrébine ? », répondu sur la base d'un testing. Trois profils de demandeurs d’emploi ont été créés : deux jeunes hommes d’origine maghrébine - Zahid Messai et Nassim Belahdeb – et un homme « d’origine française » - un Blanc - Sylvain Bernardet.

« Nous avons délibérément renforcé les caractéristiques productives d’un des deux candidats d’origine maghrébine par rapport aux autres candidats. Ainsi, l’un de ces deux candidats d’origine maghrébine affiche un niveau de formation plus élevé que les autres candidats. Il détient un diplôme de niveau BTS alors que les autres détiennent un diplôme de niveau Bac », est-il précisé. Tous sollicitent un emploi pour le poste de technicien de maintenance, un « métier pour lequel on note des difficultés de recrutement ».

Au total, 441 candidatures ont été envoyées pour les besoins de l’étude. Résultats : le candidat « d’origine française » détenteur du Bac a reçu 35 réponses positives, contre 21 réponses positives pour le candidat d’origine maghrébine ayant le même niveau de diplôme. Le candidat d’origine maghrébine ayant un niveau Bac +2 a reçu quant à lui 28 réponses positives, « un score intermédiaire entre l’autre candidat d’origine maghrébine et le candidat d’origine française moins diplômé que lui », constate-t-on. Même plus diplômé, ce dernier n’obtient pas plus de réponses positives que le candidat d’origine française qui « n’a besoin que de son appartenance pour combler son manque de qualification par rapport » à lui. Cela fait dire aux chercheurs que « le diplôme ne compense qu’une partie de l’origine ».

« Le candidat d’origine française reçoit une invitation d’entretien à l’embauche pour 4 CV envoyés en moyenne, contre 7 CV pour un candidat d’origine maghrébine ayant les mêmes caractéristiques productives. Le candidat d’origine maghrébine ayant une formation supérieure aux autres, doit envoyer 5 candidatures pour obtenir une invitation d’entretien à l’embauche », peut-on encore lire.

Enfin, c'est souvent l'homme « d’origine française » qui est appelé en premier. Avoir un nom maghrébin continue bel et bien d'être source de discriminations en France.

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