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Culture & Médias

Les arts de l’islam magnifiés par les enluminures

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Samedi 16 Juillet 2011

Quelque 90 manuscrits enluminés arabes, persans et turcs sont exposés à la Bibliothèque nationale de France (BnF), du 7 juillet au 25 septembre 2011. Souvent associés à un art dénué d’images, les arts de l’islam fait cependant de la place à l’image figurative dans de nombreux textes littéraires et scientifiques. La BnF apporte un témoignage fort de l’épopée musulmane. Une exposition qui vaut bien le détour.



Les arts de l’islam magnifiés par les enluminures
On se souvient de la belle exposition « Arts de l’islam » présentée en 2010 par l’Institut du monde arabe (IMA). Cette fois, c’est au tour de la Bibliothèque nationale de France (BnF) d’inviter les visiteurs à faire un retour dans la civilisation islamique à travers plus de 80 manuscrits enluminés, issues principalement de la collection de la BnF.

L’exposition « Enluminures en terre d’Islam, entre abstraction et figuration », ouverte du 7 juillet au 25 septembre prochain, est abritée dans le site Richelieu de la BnF, dans le deuxième arrondissement parisien.

Les pièces présentées dans l’exposition font partie d’un programme de numérisation intégrale de plus de trois cents manuscrits arabes, persans et turcs, et seront accessibles à terme dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF, nous indique l’institution.

Le paradoxe de l’image en terre d’islam

Les arts en terre d’islam sont souvent associés à un art aniconique (sans images). Les représentations imagées a priori bannies de la tradition islamique bien que ne faisant pas l’objet d’un interdit explicite dans le Coran, la calligraphie et l’arabesque ont été des substituts de choix pour les scribes musulmans. L’écriture du Livre saint et des textes à caractère sacré, qui exclut la reproduction d’images mais qui fait l’objet de soins tout particuliers, a très longtemps servi dans l’élaboration de l'art calligraphique, où la quête du détail force l’admiration.

Cependant, l’art figuratif islamique a bel et bien existé et s’est développé dans les manuscrits profanes. De nombreux textes littéraires et scientifiques regorgent de dessins. D’abord à fonction didactique dans les livres de pharmacologie, de médecine ou encore d’astronomie, les images font leur apparition pour orner les textes poétiques et historiques.

L’exposition, divisée en deux parties, illustre bien le paradoxe de l’image en terre d’islam. L’exposition, qui comporte cinq livres audiovisuels à feuilleter, s’ouvre sur un Coran andalou du XIVe siècle et se clôt sur un manuscrit relatant de façon imagée le voyage nocturne effectué par le Prophète Muhammad au Paradis.

La richesse de la civilisation musulmane

Alors que l’art figuratif reste limité dans le monde arabe, Perses et Turcs ont un autre rapport à l’image. Le « Livre des Rois » (Shâhnâmeh), grande épopée nationale iranienne composée au début du Xe siècle par Firdawsi, en est le plus bel exemple.

La pluralité des arts de l’islam reflète celle des musulmans de l'Empire. En à peine un siècle, l’islam s'est étendu à partir de l’Arabie vers l’Espagne catholique à l’ouest et la Chine et l’Inde à l’est, brassant sur son passage des contrées aux cultures et aux peuples divers.

L’initiative de la BnF charme les amoureux des arts de l’islam, trop peu mis en avant en France. Une exposition envoutante qui invite les visiteurs à voyager à travers la brillante civilisation islamique.






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