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Sur le vif

Les Frères musulmans jugés « terroristes » pour renforcer la répression

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 26 Décembre 2013



Rien ne va plus en Egypte. Les Frères musulmans sont officiellement considérés comme une « organisation terroriste » depuis mercredi 25 décembre. Cette décision du nouveau pouvoir égyptien est intervenue au lendemain d'un attentat contre le quartier général la police à Mansoura, dans le nord du pays, qui a fait quinze morts.

Pourtant, la confrérie, interdite de toute activité par la justice égyptienne depuis novembre, a tôt fait de condamner l’attaque. Celle-ci a été revendiquée par Ansar Beit al-Maqdis, un groupe jihadiste basé dans le Sinaï qui dit s’inspirer d’Al-Qaïda.

Mais les nouvelles autorités, sous la houlette du chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, ne l’entendent pas cette oreille. L’attaque à Mansoura est une des plus sanglantes commises contre la police depuis la destitution par l’armée de Mohamed Morsi en juillet. Celui-ci, jugé pour « incitation à la violence », a vu son procès ajourné au 8 janvier 2014..

La répression continue de s’abattre sur les partisans des Frères musulmans, qui comptent de trop nombreux morts dans leurs rangs depuis juillet. Des centaines d'entre eux, dont les leaders du mouvement, ont également été arrêtés et jetés en prison ces derniers mois.

Dernièrement, c’est Hicham Qandil, l'ancien Premier ministre du gouvernement sous l’ère Morsi qui a été arrêté. Selon les autorités, l’homme, condamné fin septembre à un an de prison ferme pour n'avoir pas fait exécuter un jugement qui annulait la privatisation d'une compagnie publique dans les années 1990, a été arrêté alors qu’il tentait de fuir vers le Soudan.

Après l'attentat de mardi, les partisans de la confrérie sont désormais interdits de manifester sous peine de tomber sous le coup d’une loi anti-terroriste promulguée en 1992 sous Hosni Moubarak. Ils peuvent risquer jusqu'à la peine de mort. Depuis juillet, la politique de lutte contre le « terrorisme » est instrumentalisée par le nouveau pouvoir pour légitimer la répression des Frères musulmans, condamnés à revenir dans la clandestinité.

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