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Sur le vif

Le lancement du Printemps républicain fait grincer des dents

Rédigé par La Rédaction | Mardi 22 Mars 2016



Le lancement du Printemps républicain fait grincer des dents
L’heure du « Printemps républicain » est arrivée, disent-ils. Ce mouvement, composé de personnalités de gauche souvent proches ou membres du Parti socialiste, a été lancé, dimanche 20 mars, dans une salle du 20e arrondissement de Paris. Après la polémique qui a secoué l’Observatoire de la laïcité en janvier, nombre des détracteurs de l'instance présidée par Jean-Louis Bianco sont décidés à faire une démonstration de force pour défendre une laïcité que les uns qualifient d’« offensive », d’autres d’« intransigeante » mais qui n'est pas d'une nature apaisée.

Près de 500 personnes ont fait le déplacement à la Bellevilloise pour cette initiative portée, notamment, par le politologue Laurent Bouvet, auteur de L’Insécurité culturelle. Parmi les soutiens à cette démarche, c’est sans surprise qu’on retrouve dans le lot la philosophe Elisabeth Badinter.

Avec elle, plusieurs ex-ministres comme Fadela Amara, Fleur Pellerin et Frédéric Cuvillier, appuient le Printemps républicain, à l'instar de la directrice du Huffington Post Anne Sinclair, de la journaliste à Charlie Hebdo Zineb El Rhazoui, de l’avocat de l’hebdomadaire satirique et de la crèche Baby Loup, Richard Malka, du président du Comité laïcité république Patrick Kessel et du lauréat de son prix Laïcité Samuel Mayol, mais encore le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme Gilles Clavreul ou encore l’universitaire Gilles Kepel.

Des déclarations qui font des vagues

Dans l’appel qui fustige « les faiseurs et défaiseurs identitaires de tous bords (qui) ont tenté de profiter (des attentats 2015) pour faire encore progresser leurs idéologies délétères », les signataires accusent « l’extrême droite comme l’islamisme politique » d’être « à la manœuvre pour tenter de jouer avec les peurs et les tensions qui traversent la société française ».

A leurs yeux, la laïcité est aujourd’hui « manipulée à des fins politiques par certains, attaquée à des fins religieuses par d’autres » et « elle ne semble plus défendue que par quelques-uns, dont nous sommes, bien évidemment ».

« N’ayez pas peur du mot islamophobe, car c’est nous le rempart contre les extrémistes », s’est exclamée Frédérique Calandra, la maire du 20e arrondissement, lors d’une rencontre marquée par au moins deux déclarations polémiques.

« Dans le nord de Paris, il y a une ligne où il est difficile de rentrer si on n’est pas barbu », a fait part un conducteur de bus face au public. Vraiment ? Les organisateurs ont beau précisé que l'intervenant parlait des conducteurs et non des passagers mais l'affirmation, vite remarquée sur les réseaux sociaux, fait des vagues, tout comme celle de Fatiha Boutjahlat, secrétaire nationale du Mouvement républicain et citoyen (MRC). « Interdisons la présence de mères voilées dans les sorties scolaires. Je ne veux pas que les enfants s'habituent au voile », a-t-elle déclaré.

Après ce lancement, les initiateurs assurent qu'ils ne créeront pas de parti politique mais le Printemps républicain ambitionne d'être un mouvement d’influence auprès d’organisations de gauche afin de les appeler au respect de la laïcité… ou plutôt de leur vision de la laïcité.

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